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    Argentine: Les gestes pour éviter la crise

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5577 Le 23/08/2019 | Partager
    Hausse du salaire minimum, primes ponctuelles, réduction d'impôts...
    Donner un coup de pouce au pouvoir d'achat des Argentins
    Le Sommet du G7 et le symposium à Jackson Hole en discuteront
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    Après son revers électoral aux primaires, le président argentin Mauricio Macri a annoncé une série de mesures. Objectif: donner un coup de pouce au pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires et tenter de combler son retard avant le scrutin présidentiel du 27 octobre.

    Le cas de l’Argentine mais aussi les craintes d’une récession mondiale aux Etats-Unis et en Allemagne ne manque­ront pas d’être évoqués lors du sympo­sium prévu du 22 au 24 août à Jackson Hole aux Etats-Unis (cf. notre édition N° 5576 du 22/08/2019) mais aussi le Sommet du G7 (24-26 août) à Biarritz en France (cf. notre édition N° 5575 du 16/08/2019).

    Le nouveau ministre argentin des Fi­nances, Hernan Lacunza, a fait de la stabi­lisation du peso sa priorité et s'est engagé à respecter les objectifs budgétaires fixés dans le cadre de l'accord conclu en 2018 avec le FMI. Celui-ci surveille de près la situation monétaire et financière et va en­voyer bientôt une mission à Buenos Aires.

    En juillet, le Fonds monétaire internatio­nal a débloqué 5,4 milliards de dollars, portant à 38,9 milliards l'aide apportée jusqu'ici à l'Argentine pour faire face à deux crises monétaires en 2018. De leur côté, les agences Fitch et S&P ont abais­sé la note de la dette souveraine du pays. Ces rétrogradations (de B à CCC pour la première et de B à B- pour la seconde) reflètent les incertitudes qui entourent les réformes économiques mises en place par le président Mauricio Macri.

    Parmi les mesures qu’il propose figure notamment une hausse du salaire minimum, dont l'ampleur n'a pas été pré­cisée. Actuellement, il se situe à 12.500 pesos (190 euros). Une prime extraordi­naire de 2.000 pesos (30 euros) sera ver­sée aux employés et une autre de 5.000 pesos (76 euros) aux fonctionnaires et aux forces de sécurité.

    Une réduction d'impôts sur le revenu est également mise en place pour les salariés. Les petites et moyennes entreprises pourront étaler sur 10 ans le remboursement de leur dette auprès des impôts et le prix de l'essence sera gelé du­rant 90 jours. D'un coût de 40 milliards de pesos (environ 600 millions d'euros), ces annonces concernent 17 millions de tra­vailleurs et leurs familles ainsi que toutes les petites et moyennes entreprises.

    Les nouveaux dispositifs visent à compenser les effets de la dépréciation du peso. Le spectre d'un défaut de paie­ment, comme en 2001, a aussi refait sur­face en Argentine, alors que les premiers remboursements au FMI sont prévus en 2021. Le recours au Fonds en 2018 in­tervenait 12 ans après le remboursement anticipé de 10 milliards de dollars, en 2006, quand l'ex-président Nestor Kirch­ner avait décidé de rompre avec le Fonds. A cette époque, les prix du soja et des matières premières agricoles qu'exporte l'Argentine flambaient sur les marchés internationaux.

    La crise de confiance se reflétait aussi dans la forte hausse du risque pays de l'Argentine mesuré par JP Morgan. Cet indice évalue la possibilité que le pays soit mauvais payeur, en se basant sur dif­férents indicateurs économiques.

    La tâche ne sera pas facile

    Le président Mauricio Macri a fait face à une forte tempête en 2018. Les vents contraires liés à une conjoncture mondiale plus difficile ayant commencé à souffler sur le pays. Alors que le plan de réforme économique vise à protéger les plus vulnérables (en élargissant la portée des allocations familiales universelles de l'Etat et de la couverture santé pour les plus faibles revenus), cet épisode n'est pas resté sans conséquences sur sa popularité, indique Coface dans son appréciation du risque. A la mi-novembre 2018, le gouvernement est parvenu à faire adopter le budget 2019 par le Congrès, qui vise un équilibre primaire pour l'année. Cette adoption a également montré aux investisseurs et au FMI que le gouvernement était déterminé à réduire considérablement ses dépenses. Macri se représentera aux élections de 2019, au cours desquelles un tiers du Sénat et la moitié de la Chambre basse seront également renouvelés. La tâche du parti au pouvoir ne sera cependant pas facile dans la mesure où l'activité va encore diminuer. Toutefois, à l'avantage du président actuel, aucun chef de l'opposition n'a jusqu'à présent été en mesure de tirer parti de cette situation difficile.

    F. Z. T.

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