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    Analyse

    Vol et escroquerie en tête des atteintes contre les biens

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5545 Le 28/06/2019 | Partager
    Ils représentent plus de 68% de ce type d’affaires
    Agressions récurrentes contre la propriété immobilière
    Grosse alerte sécuritaire sur «les infractions émergentes»
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    Les atteintes aux biens comptent plusieurs crimes et délits: vol, escroquerie, abus de confiance, recel de choses, inexécution d’un contrat, dégradation, mise à feu d’un logement, entrave à la circulation... Près de 82.000 affaires ont été recensées en 2018  

    Sommes-nous un peuple de voleurs et d’arnaqueurs? La question pourrait certes indigner. Mais les statistiques judiciaires de 2018 sont là. Le vol, l’escroquerie et l’abus de confiance ainsi que l’atteinte à la propriété immobilière représentent environ 92,5%  des 81.930 affaires portant atteinte aux biens. Ces délits ont donné lieu à la poursuite de 85.477 personnes sur un total d’environ 93.100. 
    Ses statistiques récentes n’émeuvent pas l’avocat pénaliste Rachid Diouri: vol, escroquerie et abus de confiance ont toujours été en tête du podium.
    «Les vols s’accaparent en 2018 à peu près 67% des délits portant atteinte aux biens. Ces derniers sont punis par les articles 505 à 607 bis du code pénal. Les atteinte aux biens comportent un grand nombre de délits et de crimes», précise le ministère public. La liste est effectivement assez longue: extorsions, émission de chèque sans provision, banqueroute, atteinte à la propriété littéraire et artistique, destructions, dommages...  
    Relativiser l’interprétation des chiffres qui recensent le vol, l’escroquerie et l’abus de confiance ainsi que l’atteinte à la propriété immobilière est de rigueur. Le but est d’avoir une perception plus nuancée sur ce type de criminalité. En premier lieu, seul 0,2% des justiciables sont en délicatesse avec la loi sur 35,5 millions de citoyens. En second lieu, faire l’objet de poursuites judiciaires n’induit pas forcément une condamnation. Un mis en cause peut en effet être acquitté. Il est d’ailleurs souhaitable d’intégrer une telle donnée pour affiner l’analyse. En troisième lieu, les statistiques relatives aux délits et crimes visant les biens enregistrent en 2018 une baisse significative par rapport à 2017. Même s’il est vrai aussi que les 82.000 cas recensés l’année dernière sont comparables à ceux de 2012.   
    Le Parquet tient toutefois à sévir contre ces actes criminels qui «ciblent principalement les biens des personnes. La lutte contre ces crimes et délits est une nécessité dictée par la protection de l’ordre public économique», est-il souligné dans le rapport d’activité 2018 de la présidence du ministère public. Il en va de la raison d’être de la justice en tant que service public garant de la paix sociale et de la sécurité des biens et des personnes. 
    Par ailleurs, les statistiques judiciaires reviennent aussi sur d’autres affaires portant atteinte aux biens. C’est le cas du recel de choses, de l’inexécution d’un contrat, de la dégradation de biens, de mise à feu d’un logement, d’entrave à la circulation, de gestion avec mauvaise foi d’une succession ou de biens communs... Ce genre d’affaires est largement en-dessous des chiffres relatifs aux vols, à l’escroquerie et l’abus de confiance ou l’atteinte à la propriété immobilière.

    Le nouveau visage de la  criminalité

    La vigilance reste par ailleurs de mise. Et pour cause, L’Economiste a annoncé il y a 7 ans déjà l’émergence du «nouveau visage de la criminalité». Braquage de banques, Chaghab qui est la version marocaine du hooliganisme, banalisation des drogues dures sont parmi les indicateurs alarmants (cf. édition n°3768 du 23 avril 2012). La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) les qualifie depuis une décennie «d’infractions émergentes».  
    A cela s’ajoute une délinquance principalement juvénile et urbaine insistante. Les données de la Délégation générale à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion le démontrent. Jeune homme, très faiblement scolarisé, condamné pour une peine ne dépassant pas 2 ans… Tel est le portrait-robot du détenu marocain. Dans plus de 50% des cas, il a commis une agression portant sur les biens, les personnes, la famille et la moralité (cf. L’Economiste n°3860 du 5 septembre 2012). Face au foisonnement des données, le ministère public  déclare être  conscient d’une transition de la criminalité. Son président, M’hamed Abdenabaoui, n’a pas manqué de le dire publiquement lors de la présentation de son premier rapport d’activité durant le mois de ramadan 2018. Au point d’inviter les chercheurs en sciences sociales à s’intéresser aux statistiques judiciaires qui recèlent une mine d’informations sociologiques.   
    L’urbanisme galopant, avec ses barres de bétons qui poussent dans des zones de plus en plus périphériques aux centres des grandes villes, n’annonce rien de bon. Tel que conçu actuellement, le logement économique participe à une forme de désocialisation inquiétante à moyen terme. Ces nouveaux quartiers sont une vraie bombe à retardement. 
     

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