×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossier Spécial

    Une campagne céréalière moyenne se confirme

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5496 Le 16/04/2019 | Partager
    150 projets agro-industriels en cours de réalisation
    Un plan éventuel de sauvetage de l’élevage à l’étude
    aziz_akhenouch_096.jpg

    Les investissements publics et privés ont permis une production globale de l’ordre de 38 millions de tonnes par an, soit une hausse de 44% par rapport à 2008. De même les mesures du contrat-programme des industries  agroalimentaires (2017-2021) ont d’ores et déjà créé une dynamique de développement de la valorisation. Depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté relatif aux aides de l’Etat, plus de 150 projets sont en chantier (Ph. L'Economiste)

    Le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, se veut rassurant. L’actuelle campagne céréalière devrait déboucher sur une moisson moyenne de 70 millions de quintaux. Hors céréales menées dans le bour, les autres composantes de la campagne agricole évoluent «normalement».

    - L’Economiste: On s’oriente vers une campagne céréalière moyenne à faible. Quelles mesures envisagez-vous pour en réduire l’impact sur le monde rural?  
    - Aziz Akhannouch:
    Nous nous orientons vers une campagne céréalière plutôt moyenne que faible. La campagne agricole 2018-2019 a été caractérisée par des précipitations précoces importantes, contrairement à la saison précédente. Ces pluies se sont poursuivies régulièrement pendant les mois d'octobre et novembre 2018, favorisant les semis précoces pour la betterave à sucre, les céréales et les autres cultures d'automne. Cette pluviométrie de début de campagne a eu un impact très positif sur l’arboriculture fruitière, particulièrement les agrumes et l’olivier. Cependant, à partir de janvier, l’année a été marquée par l’absence de précipitations pendant près de trois mois, et la pluie n’est revenue qu’à partir de début mars. Le cumul pluviométrique moyen national au 12 avril courant est de 273 mm, soit une baisse de 13% par rapport à la moyenne.
    L’activité agricole irriguée est normale. Les cultures céréalières restent cependant tributaires de l’évolution des conditions climatiques de ce mois d’avril qui coïncide avec les phases de formation des épis et de remplissage des grains. A ce stade, les parcours, les rosacés, l’arboriculture et le cheptel se portent bien.
    S’agissant des mesures d’atténuation des effets du déficit pluviométrique dans certaines zones, il y a lieu de souligner qu’en cas de difficultés le gouvernement met en place un programme d’intervention dont l’objectif est d’en atténuer les effets négatifs sur l’activité agricole, l’élevage et les revenus des éleveurs.

    - Quelle appréciation faites-vous du concept d’agrégation?
    - Depuis le lancement du plan Maroc Vert, l’Etat a veillé à créer les cadres juridiques et les mesures incitatives pour le développement des projets d'agrégation agricole. Ceux-ci bénéficient de deux types de subventions dans le cadre du Fonds de développement agricole. Il s’agit, d'une part, de la subvention forfaitaire octroyée à l’agrégateur en contrepartie des efforts qu’il déploie pour aider et accompagner les agriculteurs agrégés, et d'autre part, d’une subvention préférentielle octroyée aux agrégés pour l’équipement en irrigation localisée ou de complément et pour l’acquisition du matériel agricole.
    Ces différentes mesures ont permis la mise en place d'une soixantaine de projets d'agrégation agricole pour un investissement global de 13,6 milliards de DH et au profit de 52.000 agrégés. 80% d’entre eux ont moins de 5 ha pour les filières végétales et 65% ont moins de 5 têtes pour les filières animales.

    - Excepté le sucre et le lait, toutes les autres filières sont déconnectées de l’aval. Quels sont les obstacles à ce chantier?
    - Le plan Maroc Vert a mis au cœur de son équation une meilleure intégration entre l'amont agricole et l'aval industriel et commercial des filières de production. Ce choix a été matérialisé par la conclusion de 19 contrats-programmes entre l’Etat et les interprofessions. Ils se basent sur l’engagement des deux parties à développer ces filières et assurer une meilleure intégration des différents maillons, de l’amont agricole à l’aval industriel et commercial. Le ministère a également mis en œuvre un système d’agrégation et un réseau de 7 agropoles au niveau des principaux bassins de production agricole de Meknès, Berkane, Tadla, Souss, Gharb, Loukkos et Haouz.
    A ce jour, le bilan fait ressortir des impacts très significatifs. Les investissements  publics et privés ont permis d'atteindre une capacité globale de valorisation des produits agricoles qui dépassent 38 millions de tonnes par an.
    Par ailleurs, les mesures du contrat-programme pour le développement des industries agroalimentaires (2017-2021) ont créé une dynamique en matière de création des unités de valorisation. Depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté sur les  aides de l’Etat, plus de 150 projets ont été lancés. Il faut savoir qu’en plus des agrégations au niveau de l’amont, de grandes agrégations exportatrices opèrent dans les secteurs des agrumes et les cultures maraîchères. Elles fonctionnent toute l’année et enregistrent d’excellentes performances.
    Aussi, les filières agricoles ne sont pas déconnectées de l’aval et une importante dynamique s’installe à ce niveau. Le ministère est conscient des besoins et dirige ses efforts vers des mesures à même de résoudre les difficultés.

    - Comment expliquez-vous l’évolution à deux vitesses du secteur agrumicole : une production en hausse soutenue et l’export qui stagne, voire recule?
    - Des réalisations importantes ont été enregistrées en termes d’extension des superficies, de production et d’export. Et ce, grâce aux efforts consentis par l’Etat et les professionnels. La mise en œuvre du contrat-programme a permis quasiment le doublement de la production entre 2008 et 2018. L’export des agrumes continue d’évoluer avec. Au 9 avril 2019, une hausse de 14% par rapport à la même période de la campagne précédente a été enregistrée.
    Les ventes au niveau des marchés de gros ou de détail constituent un chantier à améliorer. Nos efforts sont orientés dans ce sens et la mise en œuvre du contrat-programme de développement des industries agroalimentaires 2017-2021 permettra sans nul doute de booster la transformation des produits agrumicoles. Par ailleurs, nous travaillons avec les professionnels pour examiner les mesures spécifiques afin de surmonter les difficultés qu’a connues la commercialisation des agrumes cette campagne.

    - Le constat est également valable pour le maraîchage et l’arboriculture. Pourquoi la valorisation et la distribution ne suivent pas l’amont agricole?   
    - Les efforts de développement sont maintenus aussi bien au niveau de l’amont que de l’aval. Afin d’inciter à la création et la mise à niveau des unités de valorisation des produits agricoles (valorisation, transformation, entreposage frigorifique, etc.), le contrat-programme pour le développement des industries agroalimentaires prévoit l’octroi de subventions allant de 10 à 30% du coût d’investissement pour des plafonds allant jusqu’à 21 millions de DH.  
    Par ailleurs, grâce aux différentes mesures entreprises, les exportations des produits maraîchers ont connu une croissance de 63% par rapport à 2009. Les exportations de tomates ont ainsi enregistré en 2018 une augmentation de 38% par rapport à 2009, tandis que celles des fruits rouges ont explosé de 148% sur la même période. Idem pour les exportations de pastèques qui ont enregistré une croissance exponentielle avec un volume multiplié par 22 par rapport à 2009. Concernant les productions arboricoles, leurs exportations ont quant à elles connu une augmentation de 11%.

    - Aujourd’hui, l’ambition est de stimuler l’émergence d’une classe moyenne agricole. Le ministère est-il prêt pour lancer et piloter ce projet?  
    - En application des directives royales, le ministère de l’Agriculture travaille à une réflexion stratégique globale et ambitieuse avec des objectifs renouvelés.  Nous avons parfaitement saisi les enjeux et nous prenons en compte tous les outils et leviers à même d’élargir le champ de l’investissement aux jeunes et améliorer les revenus dans le monde rural. Cette future feuille de route sera ainsi la démonstration des capacités de l’agriculture et de ses acteurs à s’ériger comme véritable levier de croissance.

    Le plan Maroc Vert, victime de sa réussite

    Nous nous réjouissons de toutes les avancées réalisées au niveau de l’amont. Elles sont nécessaires à la performance du secteur agricole. Grâce aux efforts consentis, des réalisations importantes ont été enregistrées entre 2008 et 2018. En termes de production, ces réalisations ont concerné la majorité des filières : 83% pour les agrumes, 93% pour les céréales et les cultures arboricoles, 136% pour les olives, 34% pour le maraîchage de primeurs, 62% pour les dattes, 214% pour les semences de céréales, 53% pour les viandes rouges, 41% pour les viandes avicoles, et 44% pour le lait, etc.
    Aussi, le PMV a-t-il toujours mis au cœur de son équation l’investissement. Les efforts en ce sens ont concerné l’amélioration de la production. Aujourd’hui, cet investissement est également dirigé vers l’aval et il le sera encore davantage à l’avenir.
    En effet, malgré une conjoncture économique mondiale difficile, la valeur des exportations agricoles s’est améliorée de 117% entre 2008 et 2017. En outre, et après une période de stagnation, le secteur agricole a connu grâce au PMV une importante croissance économique et une grande modernisation. Son taux de croissance moyen annuel a atteint 7%, contre 3,8% pour les autres secteurs économiques. Et il a contribué à hauteur de 17,3% à la croissance économique nationale, contre 7% durant la période 1998-2008.
    Ces résultats positifs sont le fruit d’une stratégie raisonnée et réfléchie, accompagnée par les efforts des professionnels et des partenariats entre les secteurs public et privé.
    Toutefois, il reste encore des handicaps à surmonter. Certains chantiers sont donc prometteurs, notamment pour valoriser les acquis de la production. Il s’agit principalement de l’appui à la valorisation et la transformation des produits par la mise en œuvre des dispositions du contrat-programme de développement des industries à l’horizon 2021.

    Propos recueillis par Abdelaziz GHOUIBI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc