×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossier Spécial

    Phytosanitaires: L’informel règne sur au moins 20% du marchés

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5496 Le 16/04/2019 | Partager
    Alimentée de l’Espagne, la contrebande gagne du terrain chaque année
    Les cultures destinées à l’export sont les plus «vertueuses»
    La profession estime la demande à 1,4 milliard de DH par an
    phytosanitaires-096.jpg

    Une exploitation de tomates dans le Souss. Ce sont les cultures maraîchères qui consomment le plus de produits phytosanitaires avec 35%, suivies de l’arboriculture avec 30%. Les cultures céréalières ne consomment, quant à elles, que 25% (Ph. archives)

    Un peu plus de 70 entreprises opèrent sur le marché des produits phytosanitaires destinés à l’agriculture. Filiales de multinationales et PME à capitaux marocains, elles assurent l’approvisionnement en fongicides, herbicides et en pesticides. Les majors mondiales sont directement ou indirectement représentées au Maroc.

    Le marché est estimé à près de 22.000 tonnes par an. En valeur, cela représente 1,4 milliard de DH. 95% des produits sont importés prêt à l’emploi, le reste est formulé à base de pré-mix ou de concentré. Une partie des produits (autour de 45% selon la profession) sont reconditionnés en des formats adaptés aux usages de petits agriculteurs.

    Une grosse partie de l’offre (jusqu’à 20% selon des estimations fiables -probablement bien au delà-) provient d’un circuit informel nourri par un florissant réseau de contrebande (alimenté depuis l’Espagne) et une économie souterraine qui se moque de normes de sécurité, d’agréments et de la procédure d’autorisation de mise sur le marché que l’Onssa applique pourtant avec beaucoup de zèle aux multinationales.

    Sur le papier la réglementation pose des verrous encadrant le commerce de ces produits très sensibles pour la santé publique: «L’importation, la fabrication, la vente ou la distribution même à titre gratuit, des produits pesticides à usage agricole est soumise à un agrément», et d’une «attestation d’homologation ou, à défaut, d’une autorisation de vente» délivrée par l’Onssa. La procédure d’homologation à l’import vise à garantir l’efficacité, la sélectivité et l’innocuité du produit mis sur le marché.

    «La consommation des produits phytopharmaceutiques varie, d’une année à l’autre, en fonction de la situation de la pluviométrie, de la pression des maladies et des insectes ravageurs, mais aussi des régions, des modes de conduites culturales et des spéculations», indique un ingénieur de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).

    pesticides_096.jpg

    Un formateur en campagne de sensibilisation sur l’usage des pesticides dans la région du Sous (Ph. L’Economiste)

    Les importations augmentent en moyenne de 15% par an en valeur et 4,5% en volume. Mais, en 2008, ces importations ont été, en valeur, à peine au niveau de celles enregistrées en 2004. C’est ce qui fait dire à un chercheur de l’INRA de Settat, que «le Maroc commence à privilégier les produits phytopharmaceutiques, aussi efficaces et plus respectueux de l’environnement et qui s’utilisent à des doses de plus en plus faibles».

    La demande porte pour 40 à 55% sur les insecticides. Les fongicides (de 35% à 45%) et les herbicides (entre 10% et 15%) complètent ce tableau. Ce sont les cultures maraîchères qui consomment le plus de produits phytosanitaires avec 35%, suivies de l’arboriculture avec 30%.

    Les cultures céréalières ne consomment, quant à elles, que 25%, alors que celles industrielles enregistrent seulement 10%. Les cultures intensives, particulièrement celles destinées à l’export sont les premiers débouchés de produits phytosanitaires.

    L’Etat, à travers ses services compétents, mène-t-il suffisamment d’actions pour vulgariser les bonnes pratiques en matière d’utilisation des phytosanitaires? «Pas assez», répondent en choeur et sans aucune hésitation, les agronomes qui militent pour la promotion d’une agriculture durable. Ils invoquent, à cet effet, «le peu de moyens dont disposent les services compétents du département de tutelle tant au niveau central que régional».

    Cependant, ils reconnaissent, quand même, que le département en charge de l’Agriculture a fait de la qualité des produits phytosanitaires une de ses priorités. Une approche entamée dès la campagne agricole de l’année… 1997. En effet, «un plan de surveillance avait été mis en place. Depuis, il est reconduit à chaque campagne agricole et cible toutes les étapes de production, du conditionnement, de distribution ainsi que l’importation.

    Deux associations concurrentes

    Deux associations interviennent sur le marché des phytosanitaires. La plus importante est CropLife Maroc. Celle-ci est constituée de sociétés essentiellement des filiales des multinationales, et qui commercialisent près de 90% des produits utilisés par le secteur agricole. Les distributeurs et les revendeurs disposent de leur propre association. Cela, dans le but de «faire face aux problèmes et difficultés qui entravent la bonne marche de leur activité et de tout le secteur». Il s’agit principalement de la contrebande et de la contrefaçon. Celles-ci interviennent à hauteur de 10% à 15% sur le marché des phytosanitaires. Et, à juste titre, sont un fléau pour l’économie nationale et présentent des risques pour les utilisateurs, les consommateurs et pour l’environnement.

    Jamal Eddine HERRADI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc