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    Stérilisation hospitalière: Le ministère prend enfin le dossier en main

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5492 Le 10/04/2019 | Partager
    Trois directions préparent des textes réglementaires et normes
    Un système d’information pour assurer la traçabilité des opérations en réflexion
    Tout dépendra du rythme de travail pour concrétiser ces projets!
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    Hicham Nejmi, secrétaire général du ministère de la Santé: «Nous menons des expériences pilotes pour la centralisation de la stérilisation hospitalière dans le public. Il faudra aussi amener le privé à adhérer à cette approche. En parallèle, nous procédons à la révision des textes législatifs, en termes d’arrêtés ou de décrets, afin de mieux réglementer et accompagner le secteur, avec le souci majeur de garantir la qualité et la sécurité des soins» (Ph. H.N)

    L’héritage du secteur de la stérilisation hospitalière au Maroc est lourd. A croire qu’il ne représentait guère une priorité pour la tutelle, qui a pris un sérieux retard sur ce chantier. Mais l’équipe en place au ministère se dit mobilisée pour changer la donne.

    Trois directions: de la Réglementation et du contentieux, des Hôpitaux et des soins ambulatoires et celle des Equipements et de la maintenance travaillent actuellement sur des projets de textes réglementaires, normes et référentiels dédiés, selon le secrétaire général du ministère, Hicham Nejmi, nommé à ce poste il y a tout juste un an.

    Les textes concernent à la fois les constructions et installations, la démarche qualité, la traçabilité… «Il faut améliorer et enrichir la législation dans le domaine, et renforcer les outils de contrôle et de suivi. Il est aussi important de revoir la formation des profils œuvrant dans le secteur, et pourquoi pas, créer des filières de formation spécialisées pour les auxiliaires en santé et infirmiers, puisque c’est tout un métier», insiste Nejmi.

    Le SG du ministère annonce, par ailleurs, deux projets pilotes de centralisation de la stérilisation au niveau de deux hôpitaux publics, sans toutefois préciser les structures concernées. Le ministère ambitionne, également, de monter un système d’information spécifique à la stérilisation, permettant d’assurer la traçabilité des process.

    «Avec l’entrée en vigueur de la loi relative aux dispositifs médicaux en février 2017, le ministère a lancé un grand chantier de mise à niveau des structures hospitalières publiques, avec des projets de rénovation, mais aussi de construction de nouveaux hôpitaux répondant aux normes», relève Abdelilah Boutaleb, à la tête de la Direction des hôpitaux et des soins ambulatoires (DHSA) depuis à peine six mois, auparavant chef de division à l’inspection générale du ministère de la Santé.

    Les nouveaux hôpitaux intègrent désormais en amont des circuits de stérilisation centralisés. C’est le cas de ceux d’El Jadida, de Khénifra et de Salé, conçus avec l’appui de la Banque européenne d’investissement (BEI), ainsi que des nouveaux CHU, comme ceux de Fès, Marrakech, Oujda, et celui de Tanger, qui sera livré à la fin de cette année. 

    Le plan 2025 du ministère englobe la gestion des risques hospitaliers. Une feuille de route a donc été mise en place pour l’introduction de nouvelles solutions. Trois aspects ont été identifiés, dont le renforcement de l’arsenal législatif et réglementaire lié à la stérilisation en milieu hospitalier.

    «Cela comprend l’adoption de bonnes pratiques de stérilisation et l’élaboration d’un référentiel technique harmonisé des structures de stérilisation hospitalière», explique Boutaleb. Le deuxième volet concerne l’amélioration des compétences des professionnels de la santé, et la modernisation de la formation, initiale et continue, des pharmaciens et infirmiers.

    Tandis que le troisième s’intéresse à l’instauration d’un «système de contrôle harmonisé des coûts, basé sur un modèle de management de l’assurance qualité». «Vu la rareté des ressources humaines, je crois que nous serons amenés à envisager l’externalisation de la stérilisation dans certains hôpitaux», précise Boutaleb. 

    De 2014, date de réalisation de l’audit choc des établissements publics (voir article page III), à aujourd’hui, peu d’avancées ont été réalisées. Le ministère se dit, toutefois, engagé dans le processus de réforme. Tout dépendra, néanmoins, de son rythme de travail pour concrétiser les projets énoncés. En attendant, des milliers de patients encourent le risque de contracter des infections graves dans les hôpitaux.

    Des initiatives tardives

    Avant l’audit de 2014, quelques mesures, plutôt espacées dans le temps, avaient été prises. En 2010, par exemple, le ministère avait publié un arrêté portant règlement intérieur des hôpitaux, et impliquant davantage le pharmacien hospitalier dans l’encadrement du personnel en charge de la stérilisation (article 34). C’est d’ailleurs l’approche adoptée en France, où la stérilisation relève de la responsabilité du pharmacien hospitalier. En juillet 2008, une circulaire avait institué l’obligation pour les hôpitaux de disposer d’un Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN). Ce comité a  pour mission d’élaborer et de mettre en œuvre un plan d’action annuel pour l’identification précoce des infections en milieu hospitalier, et la mise en place de mesures préventives et correctives. Et jusqu’à aujourd’hui, il n’existe aucun texte énonçant les obligations des structures de soin en matière de stérilisation.

    Ahlam NAZIH

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