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    Edition spéciale 8 Mars

    Faouzia Bouzzitoun, une épaule pour les toxicos

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5469 Le 08/03/2019 | Partager
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    Pour Faouzia Bouzzitoun, même en ce qui concerne les addictions, la femme est toujours mal lotie (Ph. Adam)

    Faouzia Bouzzitoun est une des chevilles ouvrières de la lutte contre l’addiction aux drogues à Tanger. Elle dirige le centre de formation Hasnouna qui s’applique dans la réduction des risques liés à l’usage de drogues, une responsabilité que cette rifaine, issue de la ville d’Al Hoceïma, n’avait imaginé prendre un jour.

    «Je me voyais comme professeur universitaire et non comme acteur associatif, même si j’ai eu dès mon jeune âge la fibre associative», raconte Bouzzitoun. Licence en histoire-géo en poche, Faouzia décroche un travail dans une société textile en tant qu’attachée administrative, afin de subvenir à ses besoins.

    En 2000, elle saute le pas et intègre en tant que salariée une association qui s’intéresse aux femmes en situation de détresse. Elle a dû faire face à un phénomène délicat avec des femmes mariées sans acte, subissant souvent des violences conjugales alors qu’elles sont celles qui mettent le pain sur la table.

    «L’effort était titanesque, certaines de ces femmes vivaient dans le déni car elles trouvaient normal d’être battues et de devoir donner leur paye chaque mois au mari qui passe sa journée attablée à la terrasse d’un café», martèle cette dernière.

    Après un passage par la Maison communautaire des femmes de l’Association Darna, Faouzia rentre au sein de l’Association Hasnouna de soutien aux usagers de drogues (AHSUD) ou elle lance le premier programme d’échange de seringues du Maroc.

    Là, c’est un autre monde encore plus cru qui se présente face à elle avec des personnes qui souffrent de leur addiction aux drogues, des maladies et des dangers qu’elle leur fait subir et surtout du regard de la société qui les traite comme des pestiférés. L’addiction ne vient jamais seule, elle est souvent accompagnée par le sida, la tuberculose ou même l’hépatite C. «Mais encore une fois, ce sont les femmes les plus mal loties», déplore-t-elle.

    En effet, même si elles ne constituent que 10% de la population souffrant de problèmes d’addiction, ce sont elles qui en souffrent le plus. Les addictions obligent souvent les femmes à la prostitution avec, à son tour, un ensemble de retombées comme la grossesse et des enfants à charge.

    Et ce sont ces mêmes enfants qui rendent difficile la prise en charge de ces femmes, les centres que gère l’association n'étant pas équipés pour les accueillir. Et même en cas de décrochage réussi des drogues (cas rarissime, même si elles sont prioritaires dans les accès aux aides et à l’accompagnement), elles ne peuvent reprendre une vie normale à cause du regard de leurs familles et de la société et qui refuse, très souvent, de les réintégrer.

    Ali ABJIOU

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