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    Enquête L’Economiste-Sunergia: Les hommes se sentent plus en sécurité que les femmes

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5448 Le 07/02/2019 | Partager
    Portrait-robot de ces Marocains rassurés dans l’espace public
    Agés, de condition financière modeste et vivant en zone rurale
    Il y a plus de crimes et délits dans les villes, selon la DGSN
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    Les classes socioprofessionnelles les plus modestes se considèrent plus en sécurité dans l’espace public

    Cela pourrait surprendre: 66% des Marocains se sentent en sécurité dans les lieux publics, selon l’enquête L’Economiste-Sunergia. Même si le sentiment d’insécurité des citoyens domine dans les grandes villes comme Casablanca. 

    Il ne faut pas pour autant confondre insécurité et sentiment d’insécurité. La peur légitime d’être agressé ne signifie pas forcément que l’insécurité règne. L’enquête L’Economiste-Sunergia dresse le profil-type de ces concitoyens qui n’ont pas froid dans le dos.

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    La gent féminine se sent moins en sécurité que les hommes. C’est le cas surtout pour les femmes jeunes, instruites et actives  

    Ce sont des hommes âgés de plus de 35 ans appartenant à une classe financièrement modeste. Ils résident dans 73% des cas en milieu rural, principalement au sud du Maroc. Quel constat en tirer? Globalement, la présence du sexe masculin domine l’espace public.

    A ce titre, la dernière enquête nationale du Haut commissariat au plan (HCP) sur la violence à l’égard des femmes livre un indice significatif. Elles sont 3,1 millions de femmes à se déclarer victimes de violences morale et physique en 2011, uniquement à Casablanca (cf. L’Economiste n°3802 du 11 juin 2012)!

    Le sondage de L’Economiste-Sunergia démontre pour sa part que le sentiment de sécurité se manifeste beaucoup plus chez les hommes que les femmes. N’en demeure pas moins que la gent féminine se sent généralement en sécurité. Les moins confiantes sont majoritairement âgées de 15 à 34 ans. Elles habitent en ville et sont diplômées et actives. Il semblerait que les femmes qui se sentent le plus menacées ont un pouvoir d’achat plus élevé que la moyenne.  

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    Les personnes âgées de plus de 35 ans se sentent plus en sécurité dans l’espace public

    A part le sexe, l’âge détermine aussi la relation de chaque citoyen avec l’espace public. Plus la personne est âgée, plus son sentiment de sécurité s’affirme. Les Marocains ayant 65 ans et plus sont en tête, suivis par les 35-54 ans. Culturellement, un adulte ayant un âge avancé bénéficie d’une certaine «vénérabilité» au regard de ses concitoyens. Le respect des anciens s’avère une caractéristique sociologique des communautés fortement traditionnalistes.

    Sur le plan géographique, le ressenti vis-à-vis de la sécurité des personnes et des biens est largement dominant au sud du Royaume. Cette région est l’une des moins denses démographiquement. Le recensement de 2014 démontre que 11,3 millions d’habitants sur 34 se concentrent dans l’axe Casablanca-Kénitra.

    Plus exactement au centre-ouest du territoire national. Les urbains sont passés ainsi de 10% en 1926 à 60% en 2014. La criminalité est-elle plus répandue dans les villes que dans les campagnes? Les trois quarts des crimes et délits recensés entre janvier et août 2018 ont été commis en zone urbaine, selon la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN). Ce sont les dernières statistiques fournies, le 7 novembre 2018 au Parlement, par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit.

    Fiche technique

    L’enquête L’Economiste-Sunergia Etudes a été réalisée par téléphone du 10 au 15 octobre 2018 ( 1). Elle porte sur six thématiques, à savoir «l’évolution du Maroc, vivre à l’étranger, acheter des marques marocaines, la darija dans les manuels scolaires, les changements d’heure en été et Ramadan puis finalement la sécurité dans l’espace public». L’échantillon retenu compte 1.000 personnes sur les 5.342 contactées par téléphone. Le profil des sondés est fidèle à la structure de la population marocaine recensée en 2014 par le Haut commissariat au plan. Les enquêtés sont 49% des hommes et 51% des femmes. Il compte 40% de ruraux contre 60% de citadins. Toutes les grandes régions sont pratiquement représentées: nord, est (30%), centre (41%) et sud (29%).

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    (1) Appels téléphoniques aléatoires sur système CATI.

                                                                                    

    Une criminalité «émergente»: Chaghab, drogue dure, hold-up...

    Le sondage de L’Economiste-Sunergia interpelle indirectement sur l’urgence de certains dossiers sécuritaires. Le premier étant la création de l’Observatoire national de la criminalité. Ce projet a été annoncé dans le discours royal du 20 août 2009 sur la réforme de la justice.

    Dix ans après, l’Observatoire devant compiler les statistiques disparates des crimes et délits n’a pas encore vu le jour. Or son rôle est capital dans l’élaboration de la politique pénale et ses priorités. Car l’Observatoire national de la criminalité est à lui seul un mini-gouvernement: ministères de la Justice, Finances, Intérieur, Santé, la Jeunesse et Sports, la Communication... (cf. L’Economiste n°3847 du 15 août 2012 et n°5094 du 28 août 2017). Pour l’heure, le projet de loi élaboré par le ministère de la Justice n’a pas été encore adopté par le Parlement.    

    La gestion de la criminalité interpelle sur un second dossier. Cela concerne le profil-type des délinquants des années 2000. C’est un jeune homme, très faiblement scolarisé, condamné à une peine de prison de moins de 2 ans… De 2013 à 2017, la majorité des infractions concerne des agressions contre les biens et les personnes ainsi que la consommation et le trafic de drogue. Voilà le type d’information qui vaudra son pesant d’or pour le futur Observatoire de la criminalité.

    Un 3e dossier tout aussi urgent que les premiers doit être pris très au sérieux. Cela fait bientôt 7 ans que L’Economiste a tiré la sonnette d’alarme sur cette criminalité qui change de visage (cf. L’Economiste n° 3768 du 23 avril 2012). Chaghab  ou le «hooliganisme» version marocaine en est l’un des signes annonciateurs. Les supporters de foot ne sont pas pour autant tous des délinquants. Leur comportement est notamment le symptôme d’une politique éducative et urbaine ratée. 

    A cet indice relatif à la violence dans les stades, s’ajoutent braquages de banque; criminalité informatique ou transfrontalière; banalisation du trafic et de la consommation des drogues dures qui ont détrôné ainsi le vieux bon cannabis… Ceux-là mêmes qui sont qualifiés en 2009 «d’infractions émergentes» par la Sûreté nationale (DGSN). La société change et sa criminalité avec.

    Faiçal FAQUIHI

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