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    Guerre commerciale: USA-Chine: L’UE grande gagnante…

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5448 Le 07/02/2019 | Partager
    Ses exportations sont celles susceptibles d'augmenter le plus
    Le Japon, le Mexique et le Canada devraient en bénéficier aussi
    Des répercussions indirectes sur le Maroc
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    Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping se sont donnés jusqu'au 1er mars 2019 pour tenter de nouer un accord commercial (voir aussi notre édition N°5446 du mardi 5 février 2019).

    Comme tous les conflits, il y aura certainement des perdants et gagnants. «Les pays qui devraient bénéficier le plus des tensions entre les Etats-Unis et la Chine sont ceux qui sont les plus compétitifs et qui ont la capacité économique de supplanter les entreprises américaines et chinoises», indique la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) dans son rapport sur les «principales statistiques et tendances en matière de politique commerciale en 2018».

    Il en ressort que les exportations de l'Union européenne sont celles susceptibles d'augmenter le plus, avec environ 70 milliards de dollars d'échanges bilatéraux entre les Etats-Unis et la Chine (50 milliards de dollars d'exportations chinoises vers les Etats-Unis et 20 milliards de dollars d'exportations américaines en Chine). Le Japon, le Mexique et le Canada devraient bénéficier de plus de 20 milliards de dollars chacun d’exportations supplémentaires.

    Bien que ces chiffres ne représentent pas une part importante du commerce mondial (qui s’élevait à environ 17.000 milliards de dollars en 2017) pour de nombreux pays, ils représentent une part substantielle de leurs exportations. Par exemple, les quelque 27 milliards de dollars d'échanges commerciaux entre les Etats-Unis et la Chine qui seraient captés par le Mexique représentent une part non négligeable des exportations totales du Mexique, soit environ 6%.

    Des effets substantiels sur le niveau de leurs exportations sont également attendus pour l'Australie, le Brésil, l'Inde, les Philippines, le Pakistan et le Vietnam. «En raison de la taille de leurs économies, les taxes douanières imposées par les Etats-Unis et la Chine auront inévitablement des répercussions importantes sur le commerce international», a indiqué Pamela Coke-Hamilton, qui dirige la division du commerce international de la Cnuced.

    «L’impact des tarifs douaniers entre les deux grandes puissances serait principalement disruptif. Le commerce bilatéral entre les parties diminuera et sera remplacé par des échanges en provenance d'autres pays», précise la responsable.

    Dans cette guerre commerciale, chaque partie essaie de gagner du temps et propose des solutions alternatives. Ainsi, les experts de l’institution préconisent «une solution qui, tout en évitant une nouvelle escalade, permettrait également de résoudre les problèmes liés aux mesures non tarifaires (par exemple, les subventions et les droits de propriété intellectuelle)».

    Plusieurs secteurs seraient touchés directement ou indirectement comme les produits chimiques, les métaux, les machines, l'électronique et les véhicules à moteur... Indirectement, l’effet serait également répercuté aux entrées intermédiaires (semi-conducteurs, pièces automobiles, par exemple).

    L'étude souligne également que même pour les pays dont les exportations sont appelées à augmenter dans ce cadre de bataille commerciale, les résultats ne seront pas tous positifs. Le marché du soja en est un bon exemple.

    Dans un contexte de hausse des tarifs douaniers, les échanges commerciaux sont détournés. Qui devrait en bénéficier? Les pays qui en profiteraient le plus «sont ceux où les entreprises peuvent concurrencer les entreprises américaines et chinoises». Cela signifie avoir une capacité de production et s'appuyer sur des infrastructures logistiques pour être compétitif. A cet égard, les pays développés et les grands pays en développement sont ceux qui bénéficieront le plus.

                                                                                      

    ■ Perturbations sur les marchés financiers: Si certains pays connaîtront une forte hausse de leurs exportations, les effets négatifs à l'échelle mondiale sont susceptibles de dominer. Une préoccupation commune renvoie à l'impact inévitable que les différends commerciaux auront sur l'économie mondiale encore fragile. Un ralentissement économique s'accompagne souvent de perturbations des prix sur les marchés des produits de base et sur les marchés financiers et monétaires. Elles auront toutes d'importantes répercussions sur les pays en développement.

    ■ Et sur les devises: L'une des principales préoccupations demeure le risque que les tensions commerciales ne dégénèrent en guerres sur le marché des devises, rendant plus difficile le service de la dette libellée en dollars. Car, les pays peuvent juger approprié de laisser leur monnaie se déprécier pour gagner en compétitivité (ou se trouver dans l'incapacité de défendre leur monnaie contre des attaques spéculatives). C’est ce qui s’est passé pour certaines monnaies pendant la crise économique de 2008-2009, et cela pourrait se reproduire si l’économie mondiale ralentissait considérablement. Les pays les plus endettés s’ils ne peuvent pas défendre leur monnaie seront les plus vulnérables.

    ■ L'effet domino: Dans une économie mondiale interconnectée, l'effet domino créé par les géants du commerce est susceptible d'aller au-delà des pays et des secteurs ciblés. Les hausses tarifaires pénalisent non seulement l'assembleur d'un produit, mais aussi les fournisseurs tout au long de la chaîne de production. Par exemple, le volume élevé des exportations chinoises frappées par les droits de douane américains est susceptible de toucher le plus durement les chaînes de valeur de l'Asie de l'Est. La Cnuced estimant qu'elles pourraient ainsi chuter d'environ 160 milliards de dollars.

    ■ Impact sur l’économie marocaine: Le principal partenaire commercial du Maroc étant l’Union européenne, les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis auront un impact direct limité. Cependant, le Maroc, comme beaucoup de pays en développement, souffrira indirectement des répercussions négatives sur l’économie mondiale.

    Fatim-Zahra TOHRY

     

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