International

Trump livre son discours sur l'état de l'Union

Par L'Economiste | Edition N°:5448 Le 07/02/2019 | Partager
Il a multiplié les appels à l’unité et attend toujours son mur à la frontière
De bons chiffres économiques et un marché du travail dynamique

Tensions politiques à Washington, immigration, politique étrangère…ont marqué le traditionnel discours sur l'état de l'Union prononcé, le mardi 5 février 2019, par Donald Trump. Face au Congrès réuni au grand complet, le président américain a multiplié les appels au compromis dans une allocution à la tonalité plutôt sobre.

«Le programme que je vais présenter ce soir n'est ni républicain, ni démocrate. C'est celui du peuple américain», a-t-il déclaré.  «Ensemble, nous pouvons mettre fin à des décennies de blocage politique, guérir les blessures anciennes, construire de nouvelles coalitions», a-t-il ajouté, s'en tenant assez fidèlement au texte défilant sur les téléprompteurs. Mais ces appels ont peu de chance d'être entendus par ses adversaires politiques. D'autant que le texte comportait peu d'initiatives nouvelles.

«On dirait que, tous les ans, le président se réveille le jour du discours sur l'état de l'Union avec une soudaine envie d'unité. Les 364 autres jours de l'année, le président passe son temps à nous diviser», avait ironisé, avant même le discours, Chuck Schumer, ténor démocrate du Sénat.

L'élue démocrate de San Francisco, vent debout contre son projet de mur à la frontière avec le Mexique, vient d’infliger une défaite politique au locataire de la Maison-Blanche. Après des semaines de négociations, Donald Trump a cédé face à ses adversaires politiques et a mis fin le 25 janvier au blocage des services fédéraux sans avoir obtenu le moindre dollar pour son projet emblématique de lutte contre l'immigration clandestine.

A 21 mois de la prochaine élection présidentielle, où il entend briguer un second mandat, le républicain a dénoncé les enquêtes judiciaires.

Sur un terrain moins miné, le président américain a fait valoir de très bons chiffres économiques et un marché du travail dynamique. S'il a une nouvelle fois affirmé que le mur à la frontière avec le Mexique serait construit, Trump n'a finalement pas déclaré une urgence nationale. Une procédure exceptionnelle qui lui permettrait de contourner le Congrès.

Evoquant rapidement les questions sanitaires, l’actuel locataire de la Maison-Blanche a fixé comme objectif aux élus du Congrès de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l'épidémie de VIH aux Etats-Unis d'ici dix ans. Le chapitre consacré à la politique étrangère lui a valu des applaudissements inégaux dans son camp, tant certaines de ses décisions suscitent le malaise.

«Les grandes nations ne se combattent pas dans des guerres sans fin», a affirmé Trump pour défendre le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie, mais aussi d'Afghanistan. Dans un cruel rappel à l'ordre, le Sénat avait approuvé la veille, à une très large majorité, un amendement critiquant sa décision de retirer les troupes américaines de ces deux pays.

Sommet Trump-Kim au Vietnam

Le président américain a aussi profité de ce rendez-vous pour annoncer le pays et la date de son prochain sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un: les 27 et 28 février au Vietnam. Le prochain combat budgétaire, avec une échéance fixée au 15 février, pourrait cependant marquer la reprise d'un affrontement politique sans merci jusqu'à l'élection présidentielle de novembre 2020.

F. Z. T. avec AFP

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