Competences & rh

Entrepreneuriat: Les incubateurs gagneraient à travailler en synergie

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
L’Etat devrait décliner une vision stratégique claire
De gros écarts entre l’intention et la création effective d’une entreprise
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 En 2017, les intentions entrepreneuriales des Marocains étaient de 30,7%. En revanche, seuls 4,2% arrivent au stade de la création d’entreprise

Un peu plus des trois quarts des Marocains estiment que l’entrepreneuriat est un choix de carrière valorisant. En revanche, très peu suivent cette trajectoire. Selon l’étude internationale sur la dynamique entrepreneuriale au Maroc, réalisée dans le cadre de l’enquête internationale de la GEM (Global Entrepreneur Monitor), 2017 a enregistré 30,7% d’intentions entrepreneuriales sur les trois prochaines années, face à seulement 4,2% de création de start-up. Même s’il reste très petit, ce taux a néanmoins triplé en l’espace d’une année (1,3% en 2016). 

Ce petit taux de création d’entreprises est dû à la défaillance du dispositif d’accompagnement, ainsi que la crainte de l’échec. En effet, plus de la moitié des Marocains estiment que la peur du risque est l’un des facteurs qui les dissuadent de se lancer. S’ajoute à cela le faible développement de l’enseignement de l’entrepreneuriat. Le pays est classé 53e/54 pays pour la formation à l’entrepreneuriat aux niveaux primaire et secondaire.

Par ailleurs, les incubateurs, qui se font de plus en plus nombreux aujourd’hui, seraient plus efficaces s’ils travaillent en synergie. Une manière de consolider leurs acquis et expériences et d’être plus productifs. «La pérennité des incubateurs est tributaire d’une action stratégique publique qui fait défaut actuellement.

En l’absence d’une vision claire de l’Etat, ces structures resteront fragiles et seront incapables de lever des fonds», appuie, pour sa part, Khalid El Ouazzani, team leader GEM Maroc, et directeur du laboratoire de recherche Entrepreneuriat & Management des organisations.

«Aujourd’hui, seuls 12% des entrepreneurs font appel à des structures d’accompagnement», a-t-il indiqué lors de la conférence sous le thème «Incubateurs: et si c’était la solution pour redynamiser l’entrepreneuriat au Maroc?», organisée jeudi dernier par la Fondation Attijariwafa bank en partenariat avec le Centre des jeunes dirigeants d’entreprises du Maroc (CJD).

Egalement présent à l’événement, Mehdi Alaoui, féru d’entrepreneuriat et fondateur de l’incubateur Lafactory. En un an, sa pépinière a réussi à sensibiliser environ  60.000 collaborateurs en entreprise. Il a également accompagné 80 startup dont le tiers a déjà des commandes en cours. «La prise de risque est indispensable si l’on veut pérenniser les incubateurs», précise-t-il.

Toutefois, Alaoui insiste sur la déclinaison d’un bon business model afin de ne plus être dépendant des politiques RSE des grandes entreprises. De son côté, Sarah Diouri, directrice de l’incubateur social green tech, Bidaya, souligne l’importance de mettre en place une culture de Small Business Act. «Cela va permettre aux startup de croître et pérenniser leur activité. N’oublions pas que les bons de commande sont le nerf de la guerre, tout comme le règlement des factures», affirme-t-elle. 

T.E.G.

 

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