Economie

L’OCP, locomotive des IDE marocains en Afrique

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5408 Le 10/12/2018 | Partager
60% des flux restent dans le continent
Le retour sur investissement jugé très élevé
Les risques sécuritaires et de défaut de paiement sont aussi présents
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La dynamique  des IDE marocains est appelée à se consolider. Plusieurs projets y sont en cours de lancement.  Ils portent sur la production d’engrais (Gabon, Rwanda, Éthiopie et Nigéria), le ciment (Côte d’Ivoire, Ghana et Mali), l’industrie pharmaceutique (Côte d’Ivoire, Rwanda), le montage de camions (Sénégal) et l’industrie agroalimentaire (Guinée, Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mauritanie et Tanzanie)

60% des flux d’IDE sortant du Maroc restent en Afrique. A fin 2017, leur cumul s’était établi à 37 milliards de DH. Ces investissements sont présents dans une trentaine de pays mais avec une forte concentration (55%) en Afrique de l’Ouest et le Nord du continent (25%). L’Egypte et la Côte d’Ivoire arrivent en tête avec en moyenne 20% chacune sur la période 2003-2017. Après la finance, les télécoms et l’immobilier, l’industrie émerge. Et c’est l’OCP qui prend la tête du peloton. 

Dans sa première partie, la dernière livraison de la direction des Etudes du ministère des finances, réalisée en collaboration avec l’Agence française de développement,  dresse un panorama de la présence des multinationales dans le continent, notamment françaises, américaines, chinoises et sud-africaines. La seconde se base quant à elle sur une enquête de terrain menée auprès de 20 entreprises marocaines: 16 au Maroc et 4 au Sénégal. 

D’emblée, les entreprises sondées tirent un bilan globalement positif de leur présence. Néanmoins, elles soulèvent certaines entraves liées notamment aux risques sécuritaires, au défaut de paiement ou encore de difficultés de réalisation de projets, voire leur échec.

Mais le retour sur investissement est jugé élevé. De plus, le Maroc a su tisser des relations de partenariat avec la majorité des pays africains. Il compte au total un millier d’accords sur les divers aspects de protection de l’investissement. 

Dans ce panorama, l’autofinancement  reste très largement majoritaire, à l’exception  des grands groupes porteurs de gros investissements. En termes de gestion des ressources humaines, la plupart des entreprises font le choix d’un management marocain dans un premier temps lorsqu’elles se développent par création de structures.

En revanche, celles qui optent pour l’acquisition de structures déjà établies conservent le management de la cible. Du moins dans une première phase, pour  bénéficier de la connaissance du marché local.

Bien qu’en recul depuis plusieurs années, les risques sécuritaires et politiques restent une réalité dans certains pays. Les risques administratifs, juridiques et fiscaux impactent également le calendrier et la rentabilité des projets. Pour maîtriser quel que soit l’impact, le  recours à des partenaires locaux reste l’approche privilégiée. Surtout dans les pays d’Afrique subsaharienne où le risque de retard ou de défaut de paiement est élevé.

Face à la concurrence, les entreprises marocaines se démarquent par une plus grande capacité d’adaptation et dans certains cas par un rapport qualité-prix avantageux avec un positionnement parfois intermédiaire en termes de prix et de qualité. Et pour beaucoup d’opérateurs, les années de prospérité sont à venir.

Divers facteurs sous-tendent le développement des entreprises marocaines en Afrique. Parmi les raisons évoquées par les entreprises se dégagent trois facteurs communs. Il s’agit de la forte croissance économique et les opportunités qui en découlent, le plus faible niveau de concurrence se traduisant par des marges bénéficiaires élevées et de la recherche de relais de croissance pour les entreprises ayant atteint un certain niveau de maturité sur le marché marocain.

Par ailleurs, dans des cas rares, les entreprises marocaines se développant en Afrique sont motivées par la recherche de ressources naturelles ou par l’optimisation de structures de coûts.

Quoi qu’il en soit, le continent reste un débouché où il est plus aisé de se développer que sur le marché national. C’est la motivation mise en avant par des entreprises marocaines relevant de plusieurs secteurs. Elles considèrent que «la compétition y est moins féroce qu’au Maroc et il est plus facile de s’y développer».

C’est le cas de certaines entreprises du BTP et des services, notamment l’assurance. Pour les opérateurs de ces activités, le continent représente un relais de croissance, vu aussi l’étroitesse du marché marocain. Ce qui explique également la présence du secteur pharmaceutique marocain.

L’accès aux matières premières ou la sécurisation de l’approvisionnement constituent aussi des motivations guidant l’action des entreprises marocaines. Un grand groupe développe des projets au Congo, en Guinée et en République Démocratique du Congo et est actuellement en phase d’exploration au Burkina Faso, en Ethiopie et au Mali.

Risque politique

La stabilité et le contexte politique des pays sont des critères essentiels pour les entreprises marocaines. En effet, les risques politiques et sécuritaires sont souvent des freins au développement d’une entreprise. Lorsque le risque sécuritaire est important, les entreprises étrangères devraient être en mesure de mettre en place des dispositifs de protection adaptés pour leurs employés et activités. D’où le coût exorbitant pour les PME. D’une manière générale, si les facteurs d’attractivité sont souvent d’ordre économique, les aspects sécuritaires et politiques restent des critères déterminants dans la sélection d’un pays cible. Ainsi, au sein des pays de l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal est souvent cité comme un modèle de stabilité. A l’inverse, la crise politique de 2010-2011 en Côte d’Ivoire y a ralenti les investissements marocains.

A.G.

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