Economie

Casablanca tente de connecter les Bourses africaines

Par Franck FAGNON | Edition N°:5408 Le 10/12/2018 | Partager
Karim Hajji aura pour mission de faire aboutir le projet d’intégration de six Places
L’idée est d’en faire de vrais outils de financement de l’économie
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Le projet de connectivité des Bourses africaines contribuerait à corriger le problème de liquidité. L’idée est aussi d’améliorer la profondeur des marchés pour soutenir le financement de la croissance (Ph. L’Economiste)

Parmi les difficultés du continent à financer sa croissance figurent le faible développement des marchés financiers et l’absence d’intégration entre eux. Tout nouveau président de l’African Securities Exchange Association (Asea), Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca aura pour mission de faire aboutir le projet d’intégration des Bourses africaines.

L’idée est dans un premier temps de connecter six Places (Johannesburg, Casablanca, Lagos, Nairobi, Abidjan et Ile Maurice) et d’en faire des outils plus efficaces dans le financement des économies, a rappelé le directeur général de la Bourse de Casablanca lors d’un rendez-vous sur l’intégration économique et la convergence des marchés financiers en Afrique (Meeting sur l’information financière organisé vendredi 7 décembre par la Bourse de Casablanca, Maroclear et Finance News).

En attendant la concrétisation de ce chantier, la Bourse renforce ses partenariats avec les autres Places de la région notamment Abidjan et Lagos. Le travail s’effectue avec toute la chaîne de valeur, des régulateurs au dépositaire central en passant par les associations professionnelles. «J’espère que nous pourrons traiter les premières transactions avec ces marchés dans les prochains mois», souhaite Badr Benyoussef, directeur du Développement à la Bourse de Casablanca.

Parmi les opérateurs les plus actifs dans l’intégration des économies africaines se trouvent les banques. Cela a d’abord un avantage économique puisqu’elle permettra de renforcer les synergies et d’optimiser les investissements. D’autre part, cela faciliterait le business et un meilleur accompagnement des entreprises. Parce qu’elles sont implantées dans plusieurs géographies, les banques peuvent créer des ponts entre les différents pays et régions. Pour ce faire, il faut que les cadres réglementaires s’adaptent aussi.

En quelques années, les groupes bancaires marocains ont renforcé leur position dans le paysage africain ce qui fait d’eux des acteurs clés dans les pays d’implantation. Présent dans 14 pays, le groupe Banque Centrale Populaire poursuit le déploiement d’une stratégie ambitieuse. Le groupe est en train de boucler la reprise des actifs de BPCE en Tunisie, Cameroun, Congo et Madagascar. Cette année, il a finalisé l’acquisition d’une banque en Ile Maurice.

«Cette acquisition est pour nous l’aboutissement d’une stratégie différenciée sur l’Afrique anglophone», indique Kamal Mokdad, directeur général du groupe BCP, en charge de l’International. Cette plateforme va servir les ambitions du groupe en Afrique de l’Est. Dans la partie ouest, Atlantic Business International (ABI) est le navire amiral du groupe. «La construction de ces plateformes est un prérequis pour le développement du secteur bancaire en Afrique compte tenu de la fragmentation des marchés et des taux de bancarisation qui demeurent faibles», analyse Mokdad.

Au-delà des banques, des entreprises d’autres secteurs sont très actives sur le continent. Malgré une réglementation de change assez rigide, le Maroc est en tête de peloton au niveau de l’investissement intra-africain. Avec les régulateurs de certains secteurs, l’Office des changes va relever le seuil d’intervention des OPCVM, des caisses de retraites et des compagnies d’assurance à l’étranger. Les géographies d’intervention  seront aussi élargies. Les OPCVM ont la possibilité d’investir 10% de l’actif net et les assureurs 5% de leurs capitaux à l’étranger. Mais, ces poches sont peu ou pas utilisées.

F.Fa

 

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