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    Economie

    Transport: La prime de renouvellement revalorisée

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5408 Le 10/12/2018 | Partager
    20 à 25% en moyenne de hausse prévue
    Le programme s'étalera sur cinq ans contre trois auparavant
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    La prime de renouvellement sera de 190.000 DH pour les véhicules comptant 9 à 15 sièges et dont l'âge est compris entre 15 et 20 ans

    C’est le souhait de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF): intégrer les sociétés de leasing dans le processus de renouvellement du parc d’autocars et de camions. «Elles pourraient y jouer le rôle  de facilitateurs qui assurent le risque partiel ou total du contrôle en concertation avec les autorités», souligne Mohamed  Amimi, membre du conseil d'administration de  l’APSF(1) .

    La prime accordée par l’Etat transiterait par les sociétés de leasing au lieu d’être versée directement aux constructeurs. Une requête que les leasers comptent bien défendre auprès des autorités mais qui soulève d'ores et déjà des réserves de la part de la Fédération du transport: «Il faut une offre complète qui intègre l'assurance et l'entretien. Les camions ciblés par le programme ont plus de 20 ans, leurs propriétaires ne connaissent rien à l'électronique. Il faut aussi que les petites structures n'aient pas à supporter les retards de versement de la prime».

    Les enjeux sont importants puisque le potentiel dépasse 87.000 véhicules à renouveler. Le montant de l'aide de l'Etat par véhicule sera revalorisé  en moyenne de 20 à 25%. Un amendement dans ce sens a été  adopté par la Commission des finances à la deuxième Chambre.

    Le dispositif s’articule autour de deux composantes: une subvention pour l’achat d’un véhicule neuf et une prime à la casse. Si la mesure est validée par la première Chambre, elle sera appliquée dès le 1er janvier 2019 et s’étendra jusqu’au 31 décembre 2023.

    «Cela  donnerait plus de visibilité aux opérateurs puisque le dispositif s'étendra sur cinq ans contre trois ans auparavant», indique Brahim Baamal, directeur du transport routier et de la sécurité routière au ministère du Transport.  Mais rien ne garantit que le mécanisme sera opérationnel dès le 1er janvier 2019 au regard des lourdeurs de la procédure.

    «Au début, tous les dossiers étaient centralisés à Rabat. Nous avons répondu à ce problème en  déconcentrant l'octroi des primes pas uniquement au niveau des régions mais aussi au niveau des provinces», poursuit Baamal.

    Le département du Transport a également essayé de pallier un nombre limité, un seul à Casablanca, de prestataires chargé de «la casse des véhicules» en accordant de nouvelles autorisations. L'idéal aurait été d'avoir un prestataire par région, mais les appels à manifestation d'intérêt ont été infructueux.

    Le programme cible notamment les véhicules de  transport collectif routier des voyageurs, le transport de marchandises ainsi que les véhicules de remorquage (dépannage) et des auto-écoles. Il a été étendu à ceux dont le poids en charge est compris entre 3 et 3,5 tonnes mais à  condition que le renouvellement porte sur des camions de plus de 3,5 tonnes. Ce qui devrait permettre aussi de lutter contre l'informel. Dans le transport de voyageurs par exemple, chaque entreprise peut bénéficier d'une aide pour deux véhicules par an.

    Le montant est de 190.000 DH pour les capacités de 9 à 15 places et peut aller jusqu’à 550.000 DH pour ceux qui comptent plus de 40 sièges (véhicules âgés entre 15 et 20 ans). Pour le transport en commun dans le rural, la prime est fixée à 180.000 DH pour les véhicules dont l'âge est compris entre 15 et 20 ans et 160.000 DH au-delà de 20 ans.  En contrepartie, l’entreprise s’engage à mettre le véhicule concerné à la disposition de l’administration pour son retrait définitif de la circulation.

    Pour sa part, la prime à la casse peut être accordée chaque année dans la limite de 3 véhicules. Son montant est de 80.000 DH pour les capacités de 9 à 15 sièges et peut atteindre 300.000 DH pour les 40 sièges et plus.
    Le budget alloué au dispositif est fixé à un minimum de 250 millions de DH par an, soit 1,250 milliard de DH minimum durant les cinq prochaines années. Des rallonges budgétaires dont le montant dépendra de la demande sont possibles.

    Jusque-là, le programme mis en place a permis le renouvellement de 3.000 véhicules pour une prime globale accordée de 400 millions de DH  alors que le budget alloué dépassait un milliard de DH. «Les budgets étaient disponibles mais le programme n'a pas suscité un fort engouement. Nous avons tenté de remédier aux causes  dans le projet de loi de finances», concède le responsable du ministère du Transport.

    Des rectifications jugées tardives par la Fédération du transport qui appelle également à fluidifier les remboursements. «Il faut plus d'une année pour recevoir les remboursements. Quand ils sont effectués nous ne savons pas à quels dossiers ils sont rattachés et il faut toute une gymnastique pour le savoir. Nous avons également du mal à suivre les étapes de l'évolution des dossiers», souligne un concessionnaire. L'administration est encore une fois interpellée sur la nécessaire simplification des procédures.

    Khadija MASMOUDI

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    (1) L'APSF a organisé les assises nationales du leasing jeudi 6 décembre à Casablanca.

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