Régions

Tanger: La Mairie s’enlise dans la crise financière

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5407 Le 07/12/2018 | Partager
Le budget recalé pour la 3e année consécutive
Les jugements pour expropriation continuent de peser sur les comptes de la ville
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La Mairie devra revoir ses  prétentions de budget jugé inadapté par la Wilaya. Le projet de budget aurait prévu des recettes trop optimistes et pas assez provisionné les dépenses extraordinaires dont les dédommagements pour les jugements d’expropriation dont l’exécution s’est multipliée ses dernières années (Ph. Adam)

La crise financière que traverse la Mairie de Tanger depuis des années, risque de perdurer. En effet, le projet de budget pour l’année 2019 n’a pas eu le ok du ministère de l’Intérieur. La Wilaya de Tanger vient en effet de rendre à la Mairie sa copie pour une seconde lecture. Selon les premières indiscrétions, le projet de budget aurait prévu des recettes trop optimistes et pas assez provisionné les dépenses extraordinaires dont les dédommagements pour les jugements d’expropriation.

La Mairie est obligée de revoir ses estimations et à programmer une session extraordinaire de son conseil pour discuter de cette seconde mouture. Et ce n’est pas gagné, car la Wilaya pourrait refuser encore, chose qui est déjà arrivée l’année dernière. Ce sont les jugements pour expropriation qui posent le gros des problèmes et empoisonnent la vie des conseillers de la Mairie depuis fin 2016, date à partir de laquelle les sentences ont accéléré leur cadence.

Au total, ce sont quelque 58 millions de DH qui ont été ponctionnés des caisses de Tanger suite à des jugements définitifs pour expropriation pour utilité publique au cours des six premiers mois de 2018. Ils s’ajoutent aux plus de 152 millions de DH prélevés en 2017, alors que la moyenne des recettes ne dépasse pas les 600 millions de DH.

Il s’agit de jugements dans le cadre de procès datant de plusieurs années, hérités des précédents conseils, tient à préciser l’actuelle équipe. Perdus entre les arcanes des palais de justice, ils ont vu leur exécution accélérée dès 2016. Ces montants se situent loin de ce que les responsables de la ville avaient pour habitude de provisionner, habituellement 20 millions de DH pour l’ensemble de l’année budgétaire pour indemniser les jugements pour expropriation.

Manque de bol, la Mairie comptait sur une rentrée exceptionnelle d’argent pour rétablir l’équilibre dans ses livres. Une vente aux enchères publiques de plusieurs terrains de la Mairie au centre-ville n’a pu être menée à terme, les prix de vente annoncés étaient trop élevés, ce qui a réduit le nombre de personnes intéressées.

A Tanger, les responsables affirment être en faveur du respect du droit et des jugements, mais la multiplication de ces affaires est en train de mettre en péril la continuation du service public. C’est le cas pour l’année 2017 avec un déficit de 150 millions de DH qui a empêché le Conseil d’honorer ses engagements envers le Fonds d’équipement communal et certains gestionnaires délégués.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

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