Entreprises

Education-Innovation: Des repères pour juguler les ruptures

Par Amin RBOUB | Edition N°:5364 Le 04/10/2018 | Partager
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Le rapport au travail, le rapport à l’homme, les sociétés, la mobilité, les services... Tout est en train de changer. Les emplois de demain seront en rupture avec ceux d’aujourd’hui. Face à ces bouleversements tous azimuts, «le but du jeu est de faire de l’innovation et de l’éducation la clé de voûte du système», soutient Jean-François Copé  (Ph. Jarfi)

En marge de la 1re Université d’été de la CGEM, Jean-François Copé, avocat au Barreau de Paris, maire de Meaux et ancien ministre français du Budget, analyse les modèles économiques actuels qui sont à bout de souffle. Mondialisation, ultra-libéralisme à rude épreuve, transformation numérique, digitalisation tous azimuts, ruptures technologiques... Autant de mutations que les gouvernements peinent à réguler. Face à ce constat, de nouvelles réponses doivent être apportées par les Etats, les gouvernements et les sociétés.

- L’Economiste: La mondialisation est à rude épreuve, la transformation numérique apporte un lot de ruptures dans l’économie mondiale avec des pertes d’emplois par millions... Que peut faire l’entreprise pour évoluer dans un contexte aussi imprévisible?
- Jean-François Copé:
Certes,  l’évolution technologique menace des emplois, mais elle en crée d’autres et apporte aussi dans son sillage des milliers d’opportunités considérables. Tout va changer, le rapport au travail, le rapport à l’homme, les sociétés, la mobilité, les services... Face à ces bouleversements tous azimuts, le but du jeu est de faire de l’innovation et de l’éducation la clé de voute du système. De ce point de vue, il y a des partages d’expériences qu’il faut absolument déployer avec un certain nombre de pays d’Afrique, du Maghreb et d’Europe.

- Mais il y  a aussi la mainmise des réseaux sociaux et des populismes. Que faire face à ce nouveau type de menaces et de dérives?
- Effectivement, aujourd’hui, nous sommes tous confrontés au populisme, la rumeur, aux fake news... Et c’est à armes inégales. Le populisme se nourrit des peurs et des angoisses. Le seul message que je peux adresser aux Etats et gouvernements, c’est un message de vigilance. Mais en même temps, ne pas nier les problèmes des concitoyens, des populations, des individus... Des problèmes liés à des peurs, des appréhensions, au terrorisme, à des vagues migratoires qui ne sont pas contrôlées... C’est là-dessus qu’il va falloir travailler, analyser les sujets, prendre des initiatives et surtout transformer en force ce qui est une contrainte aujourd’hui.

- En tant que maire de Meaux, quels enseignements peuvent être transposés à l’échelle des entreprises et des villes marocaines?
- Le lien entre les entreprises et les collectivités locales est permanent. Les villes s’occupent de la vie quotidienne des gens et les entreprises sont là pour développer des services et apporter des partenariats. Il y a donc des gisements d’initiatives et des domaines où notre mairie peut apporter des idées nouvelles, des réflexions à des villes marocaines qui le souhaitent.

Montée des populismes

L’intelligence artificielle est déterminante de l’avenir du monde. Elle peut aussi tuer des entreprises. «Je suis très inquiet de voir cette césure entre les savants du big data et les autres. L’ensemble du monde doit aussi être associé à l’évolution technologique. Tout le défi est là», soutient Jean-François Copé. Il va sans dire, précise le maire de Meaux, que l’intelligence artificielle n’est pas assez présente dans le débat politique mondial. En même temps, les jeunes sont moins enclins à la politique. Ils sont en quête de nouveaux repère». De l’avis de l’ancien ministre français du Budget, «la future crise va venir aussi des populismes, car l’on fait un match à armes inégales avec ce phénomène mondial qu’est le populisme. Ce qui rend la pratique démocratique de plus en plus difficile. D’autant plus que les populistes nourrissent les peurs, les angoisses... Ce qui menace la cohésion de l’Europe», analyse Copé. De l’avis de l’avocat et de l’homme politique, «la solution suppose de recréer une dynamique à travers la logique de l’efficacité pour créer de nouveaux repères»

Propos recueillis par Amin RBOUB

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