×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Tourisme: Seul 1% des projets réalisés!

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5342 Le 03/09/2018 | Partager
    Aucune leçon n’a été tirée de la Vision 2010
    Ces instances de gouvernance qui n’ont jamais vu le jour!

    «C’est un échec de pilotage et de gouvernance». Telle a été la première réaction de Hayat Jabrane, ex-SG de la CNT au lendemain de la publication du rapport très critique de la Cour des comptes sur le tourisme. Selon les magistrats de Jettou, sur 944 projets touristiques dotés d’un montant global de plus de 151 milliards de DH, à peine 37 ont été réalisés pour un montant de près de 1,4 milliard de DH. Soit un taux de réalisation de 1%!

    Plus encore, sur les programmes «Qariati» et «Mdinti», conçus par la Smit, et considérés comme instruments de mise en œuvre de la stratégie du tourisme, aucune action n’a été concrétisée. Autre bémol, le fonds de rénovation des hôtels (Rénovotel) et Moussanada Siyaha, deux dispositifs d’appui mis en place par la Vision 2020, leur bilan a été en deçà des attentes. En effet, sur des enveloppes respectives prévisionnelles de 420 et 500 millions de DH, à peine 1,91 million et 35,4 millions de DH ont été engagés.

    La Cour des comptes a également relevé que la «Vision 2020» a été élaborée sans capitaliser sur les acquis et les enseignements tirés de la stratégie précédente (Vision 2010). Même sur le déploiement de la «Vision 2020», des instances de gouvernance ont été prévues, aussi bien au niveau national (Conseil national de tourisme) qu’au niveau local (8 Agences du développement touristique).

    Sauf que ces instances n’ont pas encore vu le jour. Il va sans dire que sur la composante formation orientée métiers, la majeure partie des mesures préconisées par le contrat-programme, n’a pas été implémentée. Même les marchés des cabinets d’études et autres prestations de consulting sont entachés de vices de procédures. Les magistrats recommandent à la tutelle «d’éviter le recours excessif aux consultations juridiques et techniques pour des tâches normales de l’administration».

    Surtout que le département dispose de directions dédiées ainsi que de la Smit, société d’ingénierie sous tutelle, dont la mission porte sur la réalisation d’études pour la mise en œuvre de la stratégie du tourisme. En revanche, pour les études qui justifient le recours à l’expertise externe, la tutelle est appelée à être plus précise dans la définition des termes de référence et  veiller à l’exploitation effective des résultats. 

    De l’avis de Hayat Jabrane:  «Ce n’est un secret pour personne, la Vision 2020 n’a jamais commencé pour échouer. Le rapport de la Cour des comptes vient le confirmer». Et d’ajouter: il va falloir rappeler que le tourisme est un secteur transversal. Ceci étant dit, pourquoi un si faible taux de réalisation des investissements? Comment on en est arrivés là? Où est passé le contrôle, le pilotage? De l’avis de Jabrane: «Il faut rapporter ce constat à un contexte marqué par un climat d’affaires morose, une conjoncture défavorable, une faible attractivité, mais surtout une gouvernance défaillante.

    Echec de pilotage

    «La Vision 2020 pèche par son excès d’optimisme!», précise l’experte. Pour preuve, «60% des fonds publics prévus n’ont jamais été engagés jusqu’à fin 2015. Il y  a eu plusieurs projets lancés simultanément, ce qui s’est traduit par des dispersions d’efforts et des ressources. Du coup, les investisseurs ont gelé leurs projets lorsqu’ils ont constaté que les différents projets balnéaires sont en stand by et n’ont donc pas pu voir le jour. Sur le principe de base de la Vision 2020, Hayat Jabrane estime que cette feuille de route a été trop optimiste par rapport aux moyens humains et financiers affectés. Mais attention, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Autrement dit, il va falloir opérer une refonte chirurgicale de la stratégie. Et c’est la tâche qui incombe depuis un an et demi au tandem Sajid-Boutaleb au niveau de la tutelle.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc