Economie

Rapport de la Cour des comptes: Chantiers à durée indéterminée à l'ONDA

Par Franck FAGNON | Edition N°:5339 Le 29/08/2018 | Partager
Terminal 1 à Mohammed V: 7 ans de retard et un surcoût provisoire de 740 millions de DH!
Trois ans de retard pour le terminal 3 à Marrakech
La Cour recommande de décharger l'Office de la construction des aéroports
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Attendu depuis 2011, le terminal 1 à Mohammed V n'a toujours pas été livré. A fin 2017, les travaux ont coûté 1,9 milliard de DH soit un surcoût provisoire de 740 millions de DH. Par ailleurs, la Cour des Comptes relève le surdimensionnement de certains aéroports dont celui d'Oujda. Sa capacité a été portée à 2,5 millions de passagers mais, la fréquentation n'y a pas beaucoup progressé. Elle ne dépasse pas 600.000 passagers par an (Ph. ONDA)

Alors que la RAM et ses pilotes viennent à peine de sortir de la zone de turbulences, la Cour des comptes vient de rendre public un diagnostic sévère sur la gestion des infrastructures aéroportuaires après une inspection à l'Office national des aéroports (ONDA). Les magistrats signalent l'incapacité de l'Office à mener les projets dans les délais et à respecter les budgets.

Sur sept projets examinés, ils relèvent un surcoût global de 1,8 milliard de DH dans quatre projets. La réalisation des travaux peut occasionner en cours de route des charges supplémentaires, mais elles sont quasi systématiques et les montants sont souvent conséquents, constate la Cour des comptes. Le dépassement le plus significatif concerne l'extension et le réaménagement du Terminal 1 de l'aéroport Mohammed V de Casablanca. Le surcoût provisoire s'élève à 740 millions de DH.

«A la différence des autres projets, l'extension du terminal 1 de l'aéroport Mohammed V inclut des composantes comme le système de traitement de bagages automatisé, le salon officiel, la passerelle dédiée à l'A380 et les passerelles de liaison entre les terminaux 1 et 2», justifie l'ONDA. Attendu depuis 2011, le terminal n'a toujours pas été livré.

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A fin 2017, les travaux ont coûté 1,9 milliard de DH. Le diagnostic révèle également un doublement de l'enveloppe financière prévue pour le développement de l'aéroport d'Oujda-Angad et un surcoût de 320 millions de DH pour la construction du terminal 3 à Marrakech-Menara. Ce dernier projet a été livré avec trois ans de retard.

«Les modifications fréquentes en matière architecturale et les dysfonctionnements liés à la conduite des projets entraînent l'allongement des délais de réalisation. Ces changements alourdissent les coûts des projets», indique la Cour des comptes. Face à ces remarques, l'argumentaire de l'Office semble sur la défensive. «Les modifications architecturales sont justifiées par des besoins d'amélioration des projets».

Le surdimensionnement des infrastructures fait partie du lot de critiques formulées par la Cour des comptes. Construit pour accueillir un trafic de 150.000 passagers par an, l'aéroport de Beni-Mellal ne draine en moyenne que 20.000 passagers l'an depuis son inauguration en 2014. La capacité de l'aéroport d'Oujda a été portée à 2,5 millions de passagers alors que la fréquentation y est inférieure à 600.000 passagers chaque année.

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La Cour des comptes relève des dépassements importants de budgets et le non respect des délais de livraison sur plusieurs projets aéroportuaires. Les magistrats recommandent le transfert de la conception et de la réalisation des projets de construction et de développement des aéroports au ministère de tutelle

Pour la Cour des comptes, la redéfinition de la mission principale de l'ONDA s'impose. Elle recommande notamment le transfert de la conception et la réalisation des projets de construction et de développement des aéroports au ministère de tutelle. Cela revient à l'amputer de l'une de ses principales activités.

«Cette recommandation est injustifiée» rétorque le management de l'Office. «L'ONDA a cumulé une expertise dans le domaine, ce qui n'est pas le cas dans l'administration de tutelle. Il demeure ouvert à la mise en place des procédures de coordination et d'amélioration avec la direction générale de l'aviation civile sur l'élaboration, la mise à jour et le suivi des réalisations des schémas directeurs aéroportuaires», relève la direction.

Les dysfonctionnements mis à jour par la Cour des comptes ne sont pas neutres sur les performances de l'Office. Cependant, il reste l'un des rares établissements qui affiche une santé financière plutôt saine dans le portefeuille public. Ses versements au budget général de l'Etat (produit de monopole et redevance d'occupation du domaine public) ont significativement augmenté ces dernières années pour atteindre 520 millions de DH en 2018 (prévisions de la loi de finances).

 

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