×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Aïd Al-Adha: Le mouton est gras, la facture pas salée

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5329 Le 06/08/2018 | Partager
    6 millions de têtes tracées pour une demande de 4,5 millions
    La boucle d’oreille garantit l’identification des animaux et des élevages
    eelevage_aid_029.jpg
     

    Colossale, l’opération traçabilité des ovins et caprins destinés à l’abattage de l’Aïd Al-Adha. Elle a mobilisé un nombre imposant de vétérinaires, techniciens d’élevage, agents d’autorité, gendarmes et un effectif de jeunes (350) recrutés  par la profession concernée.

    «Les sorties sur le terrain se chiffrent par plusieurs milliers», révèle le docteur Abdelaghani Azzi, chef de division Sécurité sanitaire des animaux à l’Onssa.  Pour parvenir dès cette première semaine du mois d’août à tracer les 6 millions de têtes ciblées pour une demande estimée à 4,5 millions.

    Mieux, les responsables de l’opération disposent d’une réserve supplémentaire de 2 millions de boucles d’oreille. Histoire de poursuivre l’opération l’approvisionnement du marché après la fête du sacrifice.

    Les moyens humains et matériels mis en place ont permis d’enregistrer pas moins de 150.000 têtes par jour. Ceci, grâce à l’implication étroite des agents et auxilliaires du ministère de l’Intérieur. C’est eux qui remontent l’information, avisent les éleveurs du passage des commissions et programment les sorties.

    Depuis début juin, date du lancement du plan d’action «Spécial Aïd Al-Adha, 115.000 élevages ont été identifiés et enregistrés (voir carte ci-contre).  Les chiffres de l’Office national de sécurité des produits alimentaires ne distinguent pas entre les éleveurs professionnels et occasionnels.

    Or, c’est parmi ces derniers où niche la fraude. L’appât du gain attise en effet le recours à toutes les pratiques et ingrédients pour donner le plus de poids à la bête. D’ailleurs, les contrôleurs ont relevé une dizaine de cas de fraude dont les dossiers ont été transmis à la justice. Un élevage de 350 têtes, alimenté à la fiente de volaille, a été aussi saisi dans la province de Khemisset.

    La pose de la boucle d’oreille (garantie que le mouton est sain de substances dangereuses)  a été déléguée à la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVR) qui a recruté et formé 350 jeunes.

    Incriminées dans la putréfaction des viandes des moutons sacrifiés à l’occasion de l’Aïd Al Adha pendant deux années consécutives, les fientes de volailles  avaient mis le ministère de l’Agriculture (à travers l’Onssa) dans une situation critique. A l’époque, le phénomène a été minimisé et les explications avancées ont été surtout liées aux méthodes de conservation des viandes à domicile. Alors lors de la première année, les cas relevés étaient isolés. D’où la campagne de lutte contre l’utilisation de ces déchets animaux dans l’engraissement du cheptel ovin.

    moutons-aid-029.jpg

    Un troupeau tracé et identifié par la fameuse boucle d’oreille. Au-delà de la cible de 6 millions de têtes, les responsables de l’opération disposent de 2 millions de boucles d’oreille supplémentaires (Ph. Onssa)

    L’accent est mis sur la nécessité d’assurer une stricte traçabilité du transport et de la commercialisation des fientes de volailles en prévision de l’Aïd Al-Adha. «Il s’agit de la mise en place d’un système de contrôle et de traçabilité de ces fientes depuis la ferme jusqu’au destinataire final afin d’éviter leur utilisation  dans les aliments servis aux ruminants», explique l’Onssa. A cet effet, les excréments transportés à partir des élevages avicoles sont obligatoirement accompagnés d’un laissez-passer vétérinaire pour s’assurer de leur destination finale, est-il précisé.

    L’opération traçabilité  est placée sous la supervision de deux «super-ministères», l’Intérieur et l’Agriculture. D’où la forte implication  de la Gendarmerie royale, des Douanes,  de l’Onssa,  de l’Office national du conseil agricole, de l’Ordre national des vétérinaires, de celui des médecins, de la FIVR et des associations de la protection des consommateurs.

    L’identification des animaux à nécessité la mobilisation de 300 vétérinaires, 60 techniciens de l’Onssa et autant  de l’Office national du conseil agricole ainsi que les 350 jeunes chargés de la pose de la boucle d’oreille. S’ajoute également le personnel du ministère de l’Intérieur dont le nombre n’a pas été dévoilé.   
    L’opération a été également jalonnée  par une campagne de communication.

    moutons_numerotation_029.jpg

    La Fédération interprofessionnelle des viandes rouges a participé à l’opération traçabilité via le recrutement de 350 jeunes qui ont été formés à la pose de la boucle d’oreille (Ph. Onssa)

    10 capsules radio ont été produites. Elles concernent divers thèmes: l’enregistrement des unités, l’identification des ovins, les conseils d’achat, les conseils sanitaires. Deux spots TV ont également été produits. Le premier concerne l’opération d’enregistrement et le 2e  est programmé quelques jours avant l’Aïd et porte sur les conseils d’achat.

    L’objectif est de sensibiliser le citoyen à acheter le mouton avec boucle. Il y est expliqué  que le port de la boucle  n’est pas une garantie de qualité de la viande mais de la traçabilité. L’Onssa met également au service des citoyens un numéro (080.100.36.37) opérationnel 7 jours sur 7.

    De même qu’il a lancé une campagne digitale, avec le lancement de la page officielle de l’Onssa sur les réseaux sociaux (Facebook) et qui est consacrée  en priorité à l’opération Aïd Al-Adha et dont le lien est le suivant: https://www.facebook.com/onssamaroc.

    L’opération concerne spécialement la fête du sacrifice. Et donc, l’abattage au quotidien des ovins n’est pas concerné. Ce qui augure d’une offre pléthorique. Pour cette année qui a enregistré une bonne pluviométrie, l’alimentation primaire a été abondante et les prix de l’aliment composé n’a pas augmenté. Aussi la facture ne sera-t-elle pas salée.

    Outre le contrôle, des échantillons de viandes seront prélevés par les services vétérinaires de l’Onssa pour s’assurer de la qualité des aliments distribués ainsi que de la nature des médicaments utilisés, promet l’organisme de sécurité sanitaire.

    Sardi, toujours le plus prisé 

    Avec sa grande taille et sa tête dépourvue de laine, le Sardi ne passe pas inaperçu et reste le choix numéro 1 des consommateurs marocains. Cette race est caractérisée par sa queue fine et ses cornes puissantes. Elle représente 45% des transactions liées à Aïd Al-Adha. Son effectif s’élève à 2,5 millions de bêtes. La commercialisation du Sardi passe par deux circuits. Le premier dépend de la stratégie de chaque producteur. Les sélectionneurs offrent des géniteurs (mâles ou femelles). Dans ce cas, la valeur de l’animal est  génétique. Toutefois, ce modèle reste  limité et souffre de l’insuffisance de structure et de logistique.
    Dans le second cas, les multiplicateurs et engraisseurs produisent des animaux destinés aux abattoirs. Ce modèle alimente quotidiennement le marché en viande ovine. Mais l’essor de cette race reste lié aux perspectives d’exportation, notamment sur l’Afrique et le Moyen-Orient.

    Les étapes de l’opération

    1- L’enregistrement des unités d’engraissement  des ovins et caprins destinés à l’abattage de la fête du sacrifice a été lancé  à l’échelle nationale en février 2018.
    2- L’identification des animaux a commencé en juin 2018
    3- Le contrôle et surveillance des résidus, de l’alimentation du bétail et de la circulation des fientes de volailles a été mené aussi bien chez les fabricants, dans les élevages que sur  les souks ruraux.

                                                                                  

    Les races et leurs berceaux

    L’élevage de petits ruminants compte plusieurs races parfaitement adaptées à leur milieu. Les principales sont d’origine locale, mais on trouve aussi quelques races résultant de croisement, notamment avec des ovins d’origines française et espagnole. A l’exception de la «d’Man», toutes les autres races ont pour points communs la rusticité et la vocation d’embouche. Mais seulement cinq font l’objet de plans de sélection: Timahdit, Sardi, Béni Guil, Boujaâd et d’Man.

    sardi_029.jpg

     

    Le Sardi

    Cette race compte environ 750.000 brebis dans le plateau central (Settat, El Kelâa des Sraghna et Tadla). Ce sont des animaux de couleur blanche sauf le pourtour des yeux, le museau, les extrémités des pattes et des oreilles qui sont noirs. Les mâles pèsent entre 70 et 100 kg et sont d’une taille de 80 à 90 cm tandis que les femelles arrivant à l’âge adulte pèsent entre 45 et 60 kg pour 55 à 65 cm.

    Le Timahdit ou Bergui

    bergui_029.jpg

    Cette race évolue dans le Moyen-Atlas. Elle se caractérise par une couleur blanche, sauf la tête qui est brune. Les pattes sont blanches et dépourvues de laine. La taille moyenne du mâle adulte se situe entre 60 et 70 cm pour un poids pouvant aller jusqu’à 65kg.

    Le Boujaâd

    boujaad_029.jpg

    La race est localisée dans le plateau central (Boujaâd, Oued Zem et Kasba Tadla). Elle est de couleur blanche, sauf la tête qui est jaunâtre. Le poids adulte avoisine 45 à 60 kg pour les brebis et 70 à 100 kg pour les béliers. En ce qui concerne la taille, les mâles atteignent 70 à 80 cm et les femelles 50 à 60 cm.

    Le d’Man

    dman_029.jpg

     

    Cette espèce est élevée  dans les palmeraies du sud-est (vallées du Ziz, Drâa). Elle est conduite en bergerie permanente par petits effectifs. La race est de petite taille à moyenne. Les adultes pèsent entre 30 et 45 kg pour les femelles et 50 à 70 kg pour les mâles. Elle se caractérise aussi par une activité reproductrice continue et multiple.

                                                                

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc