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    Fête du Trône/Maroc-Chine: Les nouveaux horizons diplomatiques

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager
    Le Maroc a ses chances sur la Route de la Soie
    100.000 touristes chinois attendus au Maroc en 2018
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    Pour l’ambassadeur de la Chine au Maroc, Li Li, « le Maroc est idéal pour devenir un hub vers l’Afrique, vers l’Europe, voire vers l’Amérique»

    - L’Economiste: La Chine a lancé la nouvelle Route de la Soie. Quelles sont les perspectives de cette stratégie au niveau africain?
    - Li Li:
    L’initiative «la Ceinture et la Route» est la réflexion chinoise devant les interrogations sur l’avenir de la mondialisation. La synergie de l’initiative et du développement de l’Afrique représente l’innovation de la coopération Sud-Sud et favorise la gouvernance mondiale vers une direction plus équitable et juste. Depuis le lancement de l’initiative en 2013, la coopération sino-africaine est entrée dans une nouvelle phase de transformation. Lors du Sommet de Johannesburg au Forum sur la Coopération sino-africaine en 2015, le président Xi Jinping a proposé d'élever le partenariat sino-africain au niveau de partenariat de coopération stratégique global. Deux ans après, en mai 2017, la Chine a réitéré l’attachement de l’initiative «la Ceinture et la Route» avec l’ «Agenda 2063» de l’UA, le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et le Programme d'action d'Addis-Abeba. Dans ce contexte, porter la relation sino-africaine à de nouveaux paliers est une priorité tant pour la Chine que pour l’Afrique. Dans cette perspective, le Forum sur la coopération sino-africaine accueillera en septembre un Sommet à Pékin qui réunira les dirigeants africains et leur homologue chinois. Ce sera l’occasion de discuter ensemble de grandes stratégies de la coopération et de s’exprimer ensemble et fortement en faveur de la coopération Sud-Sud, de même que pour la paix, la stabilité et le développement dans le monde.

    - Quel rôle peut jouer le Maroc dans ce sens?
    - En novembre dernier, les ministres des Affaires étrangères de nos deux pays ont signé le mémorandum d’entente portant sur la construction conjointe sino-marocaine de «la Ceinture et la Route », ce qui a tracé de belles perspectives pour la coopération bilatérale.
    La position géographique du Maroc lui permet d’exercer un effet d’entraînement sur la mer et la terre. Cet atout naturel pourrait faire du Maroc le pivot dans la construction de «la Ceinture et la Route». Il nous convient de mettre en valeur les atouts respectifs en matière économique, technologique, financière et d’expériences. Le but est de renforcer la coopération dans le domaine de la haute technologie, de l’industrie, de la pêche et des projets d’infrastructures. 
    Le Maroc, de par sa position, peut devenir un hub vers l’Afrique, vers l’Europe, voire vers l’Amérique. Je suis sûr que l’avenir de la construction conjointe sino-marocaine de «la Ceinture et la Route» sera très radieux et propice aux peuples de nos deux pays.

    - Un conseil d'affaires de la Route de la soie a été mis en place entre le Maroc et la Chine. Quels sont les objectifs de ce mécanisme?
    - Cette année, au cours de la visite de travail de la délégation du Conseil de la promotion de commerce international de la Chine (CCPIT), un mémorandum d’entente a été signé avec la CGEM qui marque son adhésion au conseil d’affaires de la Route de la soie. En tant qu’un des mécanismes multilatéraux les plus importants du CCPIT, ce conseil est dans le but de créer une plateforme de dialogue et d’échange pour les secteurs industriels et commerciaux des pays riverains de l’initiative «la Ceinture et la Route», de pouvoir aider les entreprises à surmonter les difficultés telles que le contrôle des risques, le maintien du coût d'exploitation des investissements tout en organisant des visites, des discussions, des formations, etc. 

    - Où en est la coopération politique et sécuritaire entre les deux pays?
    - Le Maroc est le 2e pays arabe et africain qui a établi les relations diplomatiques avec la Chine. Cette année marque le soixantième anniversaire, ce qui permet de donner un nouvel élan aux relations de nos deux pays après la visite très réussite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Chine en 2016, le moment où on devient des partenaires stratégiques. Depuis lors, la confiance politique entre la Chine et le Maroc arrive à un niveau très élevé. Les visites bilatérales à tous les niveaux se multiplient, renforçant ainsi une amitié et une confiance mutuelle entre la Chine et le Maroc. Sur le plan international, la coordination et le soutien de l’un à l’autre révèlent aussi la hauteur de notre coopération stratégique politique. La coopération sino-marocaine s’étend également au domaine de la sécurité. Les deux pays accordent une grande importance à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Les gouvernements de nos deux pays sont en train de préparer la signature d’un mémorandum d’entente pour la coopération dans le domaine de la sécurité. Pour votre information, l’ambassade de Chine au Maroc organisera une série d’activités de célébration d’ici la fin de cette année à l’occasion du soixantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays.

    - Le Maroc et la Chine sont parmi les plus grands investisseurs en Afrique. Une coopération tripartite sur le continent est-elle envisageable?
    - Oui bien sûr. La Chine et le Maroc sont des partenaires stratégiques. La coopération tripartite est sans doute une nouvelle façon de notre coopération. La Chine et le Maroc ont des atouts respectifs dans la coopération tripartite en Afrique, par exemple, la Chine possède des capitaux, des technologies, des équipements et des expériences de gestion mûre. Le Maroc peut se servir d’une plateforme importante quand il s’agit de la coopération tant sur le plan bilatéral que sur le plan multilatéral. Le Maroc a son réseau bancaire bien développé en Afrique, les investisseurs chinois en ont besoin dans le but d’avoir une coopération en toute sécurité. Aujourd’hui, nos deux patries sont en train de programmer la construction d’un centre de médecine chinoise vers l’Afrique. Donc il convient que la Chine et le Maroc œuvrent ensemble pour mettre leur complémentarité en valeur et enrichir davantage le sens du Partenariat stratégique sino-marocain pour le bénéfice de nos deux peuples, de nos deux pays ainsi que tous les pays africains.

    Pékin, 2e partenaire commercial du Maroc

    Selon les statistiques de la Douane chinoise, le volume des échanges commerciaux en 2017 entre la Chine et le Maroc a augmenté de 5,3% par rapport à l’année 2016, soit une totalité de 3, 83 milliards de dollars (40 milliards de DH). La Chine est le deuxième partenaire commercial du Maroc. A l’avenir, la Chine pourrait aussi devenir le premier, relève son ambassadeur.

    - Où en est le projet Mohammed VI Tanger Tech?
    - La partie chinoise se contente de partager sans réserve avec la partie marocaine les expériences dans la construction et la gestion des zones industrielles. Selon l’expérience chinoise, la construction et la gestion des zones industrielles représentent une tâche multidimensionnelle et nécessite l’orientation du gouvernement et la participation des entreprises. L’ambassade de Chine est prête à présenter et à recommander aux entreprises chinoises le projet Mohammed VI Tanger Tech, projet phare pour le développement économique du Maroc, de sorte que les deux côtés puissent étudier ensemble des possibilités de coopération. 


    IDE chinois: «Seulement» 163 millions de dollars

    LES investissements chinois au Maroc se concentrent principalement dans les domaines de la pêche, du plastique, de l’assemblage des moteurs, etc. Jusqu’à la fin de l’année 2017, les IDE chinois au Maroc s’élèvent 163 millions de dollars (2 milliards de DH). Surtout les IDE chinois au Maroc ont connu un nouveau record de 48,42 millions de dollars durant les 9 premiers mois de l’année 2017. De plus, «il faut constater que de plus en plus d’investisseurs chinois viennent au Maroc pour trouver des opportunités. Ils montrent un grand intérêt à la coopération dans des projets dans les ports, les centrales électriques, le gaz et l’énergie solaire», affirme l’ambassadeur de la Chine à Rabat. Ce diplomate optimiste considère qu’avec «une meilleure connaissance du marché et des attentes marocaines, les coopérations pragmatiques entre les deux pays s’accéléreront et s’élargiront en continu avec une vitesse considérable. Ce qui contribuera également à l’accroissement du volume des IDE chinois au Maroc». 

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