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    Analyse

    Agriculture: Campagne exceptionnelle, petit impact sur le PIB

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager
    L’apport du secteur primaire estimé à 0,4 point du PIB
    La production des céréales dépasserait les 100 millions de quintaux

       

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    Selon le HCP, la contribution du secteur primaire à la croissance serait de 0,4 point du PIB. Bien que la campagne agricole ait enregistré des performances en termes de production et de valeur ajoutée (1,6% par rapport à la campagne précédente),  son apport est tiré vers le bas par les activités de pêche qui peinent à se redresser

    Les chiffres définitifs du ministère de l’Agriculture anticipent une campagne céréalière exceptionnelle: 103 millions de quintaux. Avec les activités de la pêche maritime, la contribution à la croissance du PIB  serait limitée à 0,4 point contre 1,6 en 2017, prévoit le HCP. Année, qui avait enregistré une forte croissance de la valeur ajoutée (14%) après la campagne médiocre de 2016. Au total, la valeur ajoutée du secteur primaire devrait afficher une hausse de 3,1% en 2018, après un bond de 13,2% une année auparavant. 
    Cette évolution prend en considération les effets positifs de deux bonnes campagnes agricoles successives (près de 103 millions de quintaux de céréales au titre de l’actuelle campagne, et 96 millions de quintaux à la campagne précédente, outre les performances favorables des autres filières).
    Les activités de la pêche maritime ayant aussi enregistré une amélioration de 5,1%, en valeur au premier semestre, après une chute de 8,3% en 2017.
    La récolte céréalière qui vient de s’achever est renforcée par un effet structurel. Il provient de la baisse des superficies, conjuguée à la hausse des rendements.  Les emblavements ont porté sur 4,5 millions d’hectares contre 5,4 millions la campagne précédente. Alors que le rendement moyen de la céréaliculture  s’est établi à 22,2 quintaux à l’hectare contre 17,7 quintaux en 2017. Certaines zones, notamment les Doukkala dépassent ce niveau d’environ 30%(Voir page 5).
    De même, les filières arboricoles, maraîchère et l’élevage devraient enregistrer des résultats satisfaisants en raison de la bonne pluviométrie. Bien que tardives, les précipitations ont cumulé, en moyenne, à 370 mm, marquant une progression de 16% par rapport à une campagne normale.

    L’actuelle campagne agricole a également bénéficié d’autres retombées positives. En particulier, en ce qui concerne  la mécanisation (avec un taux de 8,3 tracteurs pour 1000 ha contre 5,2 en 2008), l’utilisation des intrants agricoles ainsi que de l’irrigation localisée. 
    A fin juin 2018, la valeur des exportations du secteur agricole et  agro-industriel l’agroalimentaire a enregistré une hausse de 3,8%, générant un chiffre d’affaires  de 30,5 milliards de DH. Cette évolution provient de l’accroissement des ventes des produits frais (agrumes et primeurs): 11,1%. Alors que l’agro-industrie a décroché de 1,8%. 
    Par variétés, la production du blé tendre est estimée à 49,1 millions de quintaux,   celle du blé dur à 24,2 millions et la récolte de l'orge a atteint 29,2 millions de quintaux. 
    Cette production, comme signalé plus haut,  a été réalisée sur une superficie de 4,5 millions d'hectares contre 5,4 millions lors de la campagne précédente,  soit un recul de 16%. Ce qui s’explique surtout par l’arrivée tardive des pluies d’automne qui a forcé la réduction de la période des semis. Celles-ci ayant intervenu vers début janvier alors que la date limite des semis coïncide généralement avec la dernière décade du mois de décembre.
    Selon le ministère de l’Agriculture, les résultats de la campagne céréalière «témoignent de la percée des progrès techniques généralisés au niveau des exploitations agricoles céréalières après une décennie de déploiement de la stratégie agricole». Il en est de même des capacités d’intervention développées  chez les agriculteurs. A titre d’exemple, les professionnels ont dû mener une course contre la montre pour rattraper la période des semis. En une semaine, pas moins de 1 million d’hectares ont été semés grâce  au recours massif à la mécanisation. Le périmètre irrigué (1,5 million d’hectares) s’est révélé très performant avec des rendements de l’ordre de 50 quintaux/ha en moyenne. Sans oublier également, la généralisation progressive de l’utilisation des intrants, de la mécanisation et de la maîtrise de l’itinéraire technique de conduite des plantes.

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    La région de Casablanca-Settat, avec sa première zone agricole, les Doukkala, réalise les performances céréalières les plus importantes. Les rendements dépassent de 1/3 la moyenne nationale

    A signaler aussi, l’évolution favorable des conditions climatiques qui ont prévalu depuis le mois de février. Régularité, bonne répartition dans l’espace et dans le temps de la pluviométrie  et des températures clémentes au long de la saison. En effet, la campagne agricole 2017-18, a enregistré un cumul de précipitation de 402,3 mm contre 362,6 mm pour une campagne normale soit 11% de plus.
    Par ailleurs, le rendement est supérieur de 21,5% par rapport à la moyenne de ceux réalisés pendant les bonnes saisons pluviométriques au cours des dix dernières années. Comparé au rendement moyen céréalier des meilleures années pluvieuses de la décennie d’avant le Plan Maroc Vert, il est 71% supérieur: 22,9 qx/ha contre 13,4, relève le ministère.
    Des disparités entre régions et périmètres sont aussi à signaler. Dans la région de Casablanca-Settat, le rendement moyen de blé tendre s’élève à près de 32 quintaux à l’hectare. Dans les zones irriguées, il culmine à 55 quintaux. Au total, la région a assuré 25 millions de quintaux toutes céréales confondues, soit le quart de la production nationale, pour une superficie de l’ordre de 840.000 ha.
    Première région des plantations de la betterave à sucre, la région, notamment les Doukkala, enregistre des performances pour la 3e campagne consécutive. La recette tient essentiellement à la maîtrise de l’itinéraire technique de la plante.
    Aujourd’hui, la semence mono-germe est à 100% généralisée, tout comme le semis mécanique. Ce dernier est précoce (septembre-octobre) à raison de 79%. Et l’arrachage mécanique s’effectue à hauteur de 75% de la récolte.

    Pêche: Hausse des valeurs, recul des volumes 

    La tendance négative du volume des débarquements de la pêche côtière et artisanale se poursuit sur les six premiers mois. Avec toutefois une évolution toujours positive de la valeur marchande. Ainsi, les débarquements se sont repliés de 13,1%, après un repli de 5,2% un an auparavant. Cette contreperformance est alimentée, à raison de 90%, par le recul des captures de leur principale composante, en l’occurrence les poissons pélagiques de 13,3% après -5,5% l’an dernier. En valeur, ces débarquements ont enregistré une amélioration de 3,7% à fin mai 2018, bénéficiant, notamment, de la progression de la valeur des captures des céphalopodes de 18,4%.

     

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    Cours des céréales et sucre: Légère augmentation  

    A fin juin dernier, les cours du blé tendre  ont baissé de 1,8% pour atteindre 206,1 dollars la tonne. Le renforcement des cours du blé observé depuis le début de l’année 2018 s’explique en grande partie par des perspectives de baisse de production en Russie et en Allemagne. Dans ce contexte, le Conseil international des céréales (CIC) a d’ailleurs décidé de réduire de 5 millions de tonnes son estimation de production mondiale de blé, à 738 millions pour la saison 2018/2019. Les prix mondiaux du sucre brut ont progressé de 1,1% en juin pour s’établir à 275,3 dollars la tonne contre 272,3 dollars la tonne en mai. La tendance baissière des cours internationaux du sucre depuis le début de l’année (310,6 dollars la tonne en janvier) s’explique par une production mondiale record en 2017-2018 qui a atteint plus de 190 millions de tonnes avec un excédent de 10 millions de tonnes par rapport à la consommation mondiale. C’est le plus haut niveau  jamais enregistré.

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