Competences & rh

Mobilité internationale: Le Maroc séduit les talents

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5311 Le 10/07/2018 | Partager
Il gagne 3 places en attractivité par rapport à 2014
Ivoiriens, Tunisiens, Béninois, Algériens... les plus tentés
En parallèle, 8 Marocains sur 10 veulent s’expatrier
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1.Proximité géographique, moins de barrière de langue et opportunités de travail attractives rendent le Maroc séduisants pour les habitants de la Côte d’Ivoire, la Tunisie, le Bénin et l’Algérie. Deuxièmes dans le classement, les Marocains résidant à l’étranger veulent aussi rentrer au bercail 
2.Destination numéro 1 des talents marocains, l’Hexagone ne perd pas son attractivité. Ce sont surtout les profils IT qui y sont recrutés le plus ces derniers mois, laissant les entreprises marocaines en pénurie 

Le Maroc gratte quelques places dans le classement des pays qui attirent le plus les étrangers. Il passe de la 56e en 2014 à la 53e cette année. Le Royaume se hisse en tête par rapport aux autres pays du Maghreb, à savoir: la Tunisie à la 121e place et l’Algérie à la 83e place. 
Le top 5 des nationalités qui désirent le plus travailler au Maroc est dominé par les pays africains. En tête les Ivoiriens, suivis des Marocains (résidant à l’étranger), Tunisiens, Béninois, et en 5e position les Algériens. Ces profils sont à la recherche de conditions de travail favorables, et veulent valoriser leur parcours professionnel par une expérience à l’international. Les MRE en deuxième place souhaitent un retour au Maroc principalement pour se rapprocher de leur famille. Ils profitent aussi de la facilité de faire carrière dans le pays, vu la rareté des compétences et les salaires plus attractives étant donnée leur expérience à l’étranger. «Jouissant d’une position stratégique, au carrefour de l’Afrique, du monde arabe et de l’Europe, le Maroc ne cesse d’attirer un nombre grandissant de talents souhaitant évoluer dans un pays en croissance continue, et riche en défis», précise l’enquête. 
Certains travailleurs issus de pays européens sont également friands d’un emploi au Maroc. Il s’agit des Français, des Norvégiens et des Belges. 
L’Arabie Saoudite (7e place) et l’Egypte (8e) sont elles aussi présentes dans le top 10. «Le Maroc est un pays stable en comparaison aux autres pays émergents. Plusieurs multinationales y sont implantées, ce qui offre des opportunités de carrière intéressantes, et les entreprises sont bien structurées (déclaration salariale, CNSS, retraite...). Des avantages de taille pour les candidats», souligne Alexandra Montant. «Toutes ces écoles et ces universités étrangères qui se sont implantées dans le Royaume ces dernières années, avec pour objectif de faire de leur campus une plateforme pour l’Afrique, est aussi un signal fort de l’attractivité du pays», précise-t-elle.  
La mobilité internationale est un atout de taille dans un CV. Un candidat ayant à son actif des expériences à l’étranger est plus valorisé par les recruteurs. Les Marocains l’ont bien compris puisque 8 profils sur 10 souhaitent s’expatrier. Une tendance plus importante que la moyenne mondiale qui est de près de 6 candidats sur 10 (57%). 

8 Marocains sur 10 veulent s’expatrier

Curieux et mobiles, les Marocains sont ouverts à l’expatriation. Les pays les plus populaires auprès de ces derniers sont, sans grande surprise, la France et le Canada. «Ces derniers mois, nous constatons l’appétence des entreprises européennes, surtout françaises, pour les compétences marocaines. Ces jeunes talents sont recrutés pour leurs aptitudes techniques, mais aussi parce qu’il n’y a pas de barrière de langue», explique Zakia Hajjaji, DRH d’Orange Maroc. L’Allemagne, pour sa part, gagne en attractivité (+2 points en 2018), et prend la troisième place. Viennent après les Etats-Unis, la Belgique, les Emirats, la Suisse, le Royaume-Uni et l’Australie. L’Espagne qui occupe la 9e place de ce classement a grimpé de 10 points par rapport à 2014. «Ce pays attire les Marocains du fait de sa proximité en premier lieu», explique Alexandra Montant, DGA de ReKrute.com. «L’activité économique en Espagne, qui a bien repris ces derniers mois, a reboosté les recrutements. De plus, les plans de carrière, plus évolutifs, qui y sont proposés sont également intéressants», ajoute-t-elle.
Plusieurs raisons poussent les Marocains à chercher un travail à l’international. Tout d’abord, ils veulent gagner en expérience, tant professionnelle que personnelle. Ils estiment aussi qu’outre-mer, ils pourront décrocher de belles opportunités de carrière et évoluer dans un pays offrant une meilleure qualité de vie. Par ailleurs, les répondants citent également une forte envie de sortir de la zone de confort en vivant dans une culture différente. Selon la récente enquête du jobboard ReKrute.com (voir L’Economiste N°5254 du 18 avril 2018), la pression sociale est aussi l’une des principales causes qui poussent les jeunes talents marocains à s’expatrier.

Echantillon

Pour la 4e fois consécutive, BCG et The Network se joignent à ReKrute.com pour l’enquête sur la mobilité internationale et le comportement des profils. Cette étude est un moyen pour les recruteurs et les entreprises de comprendre les changements de mentalité et de façon de travailler qui s’opèrent du côté des ressources humaines. L’échantillon de l’enquête porte sur plus de 360.000 personnes réparties dans 198 pays. 6.721 sont des Marocains (le tiers sont des femmes). 83% des interviewés ont moins de 30 ans, et 77% ont au minimum un bac+5. Il s’agit de cadres et professions intermédiaires. 97% des répondants habitent actuellement au Maroc. A noter que le Sénégal ne fait pas partie de l’échantillon. 

 

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