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    Economie

    Emploi: Les vœux pieux d’El Othmani

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5307 Le 04/07/2018 | Partager
    Le chef de gouvernement guère rassurant devant les députés
    Un Plan national annoncé pour cette année
    Il mise sur les régions pour améliorer l’employabilité
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    Les groupes parlementaires de l’opposition ont attaqué Saâdeddine El Othmani sur les peines prononcées à l’encontre des personnes impliquées dans les manifestations d’Al Hoceïma. Le chef du gouvernement s’est dédouané en brandissant la carte de l’indépendance de la justice, soulignant qu’il «compatit au malheur des familles des détenus» (Ph. Jarfi)

    Avec un taux de chômage qui dépasse 10% au niveau national, la question de l’amélioration de l’employabilité des jeunes est une urgence. Interpellé sur ce sujet par les députés, lors de la séance mensuelle des questions de politiques publiques, Saâdeddine El Othmani s’est contenté de présenter les objectifs du Plan national de promotion de l’emploi.

    Cette stratégie, jugée trop ambitieuse, prévoit la création de 1,2 million de postes d’ici 2021, sans pour autant que le gouvernement explique comment il compte y arriver. Face aux critiques des groupes parlementaires à la Chambre des représentants, El Othmani s’est voulu rassurant. Il a estimé «qu’en dépit des grandes problématiques qui marquent le marché de l’emploi, des signes d’amélioration sont visibles durant les dernières années».

    Le chef du gouvernement a mis en avant la création de 86.000 emplois en 2016, avec la perte de 37.000 postes la même année. S’y ajoute la création de 116.000 emplois entre le 1er trimestre de 2017 et celui de 2018. Ce qui a permis, selon lui, de ramener le chômage de 10,7% à 10,5% sur la même période. Mais il n’a pas précisé que ce taux reste plus élevé par rapport au niveau de 2016, où il était de 9,9%.

    Pour El Othmani, l’atténuation du taux de chômage n’est pas liée uniquement aux programmes d’emploi. La réussite de ce défi passe par l’amélioration de la dynamique économique, permettant une croissance favorisant la création de nouveaux postes, a-t-il dit. Là aussi, le chef du gouvernement a évité d’évoquer le problème du faible contenu en emplois du taux de croissance au Maroc, régulièrement pointé par différents rapports nationaux et internationaux.

    Au-delà des grands axes du Plan national de promotion de l’emploi, El Othmani a insisté sur l’importance de la dimension régionale dans le renforcement de l’employabilité. C’est l’un des principaux leviers prévus par cette nouvelle stratégie.

    Celle-ci vise à «accompagner les collectivités territoriales dans la mise en place de programmes régionaux et provinciaux de promotion de l’emploi», a expliqué le chef du gouvernement. Concrètement, cela devra passer par «l’élaboration de programmes dans une approche contractuelle avec les régions».

    Cela permettra à ces collectivités de disposer d’une programmation pluriannuelle, basée sur un diagnostic territorial. Cela devra s’accompagner de la mise en place de mécanismes de financement et d’un nouveau cadre de gouvernance, garantissant l’efficience des mesures lancées, a-t-il indiqué.

    Chaque région devra signer un contrat avec le gouvernement, afin de déployer un programme de promotion d’emploi, prenant en compte ses spécificités territoriales. Des centres régionaux d’emploi sont également au programme. Ce dispositif sera aussi doté de mécanismes portant sur la réalisation de diagnostics territoriaux et d’études prospectives.

    El Othmani a fait savoir que des visites dans les régions ont démarré dernièrement, afin de partager la nouvelle vision avec les acteurs locaux.
    Au niveau national, le nouveau Plan prévoit une série de mesures d’urgence, à lancer au cours de cette année et l’année prochaine. C’est le cas notamment du «conditionnement des incitations et exonérations accordées aux investisseurs par le nombre des postes d’emploi à créer».

    Idem pour la mise en place d’un comité de veille, qui se penchera sur la situation du marché de l’emploi en termes de pertes de postes et des prévisions des créations. Ces mesures prioritaires concernent également le renforcement des mécanismes de promotion de l’emploi. Cela devra passer par la consolidation des programmes d’incitation, comme Tahfiz ou celui de l’auto-emploi.

    Quid de la lutte contre la pauvreté

    Critiqué par les groupes de l’opposition sur la multiplication des protestations des citoyens contre la cherté de la vie, Saâdeddine El Othmani a botté en touche. Face aux députés, il a estimé que le nouveau Plan national de promotion de l’emploi permettra de lutter contre la pauvreté et renforcer le pouvoir d’achat des citoyens. El Othmani a également cité le programme de résorption des disparités territoriales et sociales au milieu rural, étalé sur la période 2017-2023. Le budget prévu en 2018 pour ce programme a atteint 6,85 milliards de DH. Le chef du gouvernement a évoqué d’autres dispositifs comme l’INDH, l’initiative royale 1 million de cartables, le programme Tayssir, ou encore le système d’aide direct aux veuves. Mais il n’a rien dévoilé concernant les détails de la réforme du système de ciblage des ménages pauvres, prévu pour accompagner le processus de décompensation de certains produits. El Othmani s’est contenté de dire que ce nouveau dispositif permettra «un ciblage plus équitable», à travers la mise en place d’un identifiant social unifié. Pour l’instant, aucun détail n’a été annoncé concernant le calendrier de mise en place de ce système.

     

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