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    Economie

    Mezouar sort son premier vade-mecum

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5307 Le 04/07/2018 | Partager
    La CGEM sera du côté du gouvernement pour s’attaquer aux freins à l’investissement
    Nouveau modèle de développement: Le patronat prépare sa vision
    Campagne de boycott: Les entreprises prennent acte mais gardent le moral
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    Pour aboutir à un nouveau modèle de développement, Salaheddine Mezouar appelle à lancer un débat franc et courageux, loin de l’hypocrisie et la peur de dire des choses (Ph. F.Al Nasser)

    - L’Economiste: Quel est l’apport du nouveau dispositif sur la création des entreprises en ligne?
    - Salaheddine Mezouar:
    Ce dispositif mobilise deux départements, le  ministère de l’Industrie et celui de la Justice qui travaillent ensemble pour mettre en place une réforme attendue depuis plusieurs années. L’enregistrement électronique des entreprises est une réelle avancée. Elle doit servir d’exemple pour pouvoir véritablement attaquer les vrais sujets  qui bloquent. Nous parlons du nouveau modèle de développement et de gisements d’amélioration. Leurs prérequis exigent une bataille forte, volontariste, déterminée pour la simplification des procédures. Ces procédures et les complexités qui s’y greffent minent, plombent le pays ainsi que l’initiative publique ou privée. Cela devient dangereux pour le Maroc.

    - Quels sont ces prérequis?
    - Nous ne pouvons pas parler de régionalisation sans mettre en place les circulaires et les décrets d’application sur la déconcentration. Nous ne pouvons  pas élire des présidents de région et des élus sans leur donner des prérogatives claires. La confiance fait partie du nouveau modèle. Car, sans la confiance entre les différents acteurs et sans la responsabilisation des différents niveaux territoriaux, impossible d’avancer. L’efficacité dont nous avons besoin vient de notre capacité collective  à être volontariste, à mettre en place les choses dans la simplicité pour libérer les initiatives et donner la force nécessaire aux acteurs. Nous ne pouvons accepter qu’une procédure de création d’entreprise mette plusieurs mois alors qu’elle ne devrait exiger que quelques jours seulement. Nous ne pouvons pas accepter aujourd’hui dans notre pays, alors que les citoyens manifestent dans la rue pour demander de l’emploi, que des fonctionnaires bloquent ou retardent des investissements pour une signature, pour une autorisation,… Il faut du courage pour taper fort, pour agir et c’est le rôle du gouvernement. La CGEM sera de son côté pour mener cette bataille et aux côtés naturellement de la sensibilisation des  différents autres acteurs.

    - Le débat sur le modèle de développement est en retard. Quelle est votre perception?  
    - Depuis le discours de SM le Roi, je n’ai pas remarqué l’émergence d’une véritable réflexion si ce n’est quelques discussions marginales. Il est temps d’y remédier. La CGEM prépare sa vision pour y contribuer dans une démarche franche et courageuse. Sans hypocrisie et sans peur de dire des choses, autrement l’exercice ne servirait à rien. C’est un moment d’inflexion intéressant et important dans la vie. On ne parle pas d’un modèle de développement tous les jours, mais tous les 15 ou 20 ans.

    - A peine installé à la présidence de la CGEM , vous placez le facteur humain au cœur de l’entreprise?
    - Ce facteur est déterminant du changement que nous vivons. C’est aussi le véritable capital de l’entreprise. La jeunesse fait la richesse de ce pays.  Or nous sommes en train de la dilapider faute d’une véritable dynamique de l’investissement. Je suis naturellement très sensible  à la problématique des jeunes et de leur épanouissement. C’est la raison pour laquelle mon programme est particulièrement axé sur la PME, la TPE, l’auto-entrepreneuriat, les start-up. L’idée est de montrer que le secteur privé y croit.  Aujourd’hui, il s’agit d’aller vers des réponses concrètes aux besoins de développement des populations. Le secteur privé est là. Il peut apporter des réponses là où le gouvernement et l’Etat n’en sont pas capables.

     - Quel a été l’impact de la campagne de boycott  sur le moral du capital privé marocain?
    - Ce n’est pas cela qui va le secouer. Les entreprises travaillent, continuent d’investir, ont des clients, … Maintenant, est-ce que l’impact est si fort au point de reporter des décisions d’investissement? C’est difficile à dire. Cela peut avoir cet effet mais il faut savoir raison garder. Le monde des affaires a connu des conjonctures plus compliquées. En tout état de cause, il ne faut pas amplifier et transformer ces formes d’expressions en phénomènes pouvant déstabiliser le secteur privé et la société.

    Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

     

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