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    Crise migratoire: La question divise les dirigeants européens

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5301 Le 26/06/2018 | Partager
    Ils assisteront au sommet fin juin 2018
    Des propositions sur la table
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    La politique migratoire est à l’origine de vives tensions entre Etats membres de l’UE. Et ce, malgré une chute continue des arrivées sur les côtes européennes depuis 2015

    Les dirigeants européens se sont réunis dimanche 24 juin à Bruxelles pour discuter des questions migratoires. Ils préparent le terrain au sommet programmé les 28-29 juin. Le président français Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de sanctions financières envers les pays de l’UE qui refuseraient d’accueillir des réfugiés.

    De son côté, le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini s’est envolé lundi 25 juin dans la matinée pour la Libye pour rencontrer les autorités du pays sur la question des migrants. Si l’UE est toujours loin d’avoir trouvé une solution européenne, les propositions sur la table ne manquent pas:

    ■ Gérer les arrivées: Il s’agit sans doute du seul point de consensus entre les pays européens. Ces derniers ont déjà pris des mesures qui ont fait chuter les arrivées de manière massive sur les côtes européennes par rapport au pic de 2015. C’est le cas de l’accord controversé de mars 2016 avec la Turquie ou le soutien aux gardes-côtes libyens. La plupart veulent continuer dans cette voie et intensifier les pressions diplomatiques sur les pays d’Afrique pour freiner les départs et accepter davantage de renvois de migrants économiques, non éligibles à l’asile, dans leurs pays d’origine. Les Européens semblent également prêts à poursuivre le renforcement de l’Agence européenne des gardes-frontières (ex-Frontex), dont la Commission propose de faire une véritable police des frontières extérieures de l’UE, avec 10.000 agents à terme (contre 1.300 en 2018).

    ■ Plateformes de débarquement hors UE: L’idée a souvent été évoquée de manière isolée par certains Etats membres, mais elle est désormais à l’agenda officiel européen. Le principe serait d’avoir des règles plus claires pour éviter les bras de fer diplomatiques pour chaque débarquement après une opération de secours et d’impliquer les pays d’Afrique du Nord (la Tunisie est souvent évoquée). Tout en envoyant le message que monter dans un bateau ne garantira pas une arrivée en Europe. Mais le projet est encore flou, notamment concernant les cas où un navire transportant des migrants pourrait être renvoyé vers un pays tiers. Il soulève aussi des inquiétudes sur sa compatibilité avec le droit international. Que ce soit dans des plateformes de débarquement, ou dans d’éventuels centres à installer dans des pays de transit, plusieurs pays plaident pour pouvoir distinguer les migrants à refuser et les demandeurs d’asile à accepter, avant qu’ils ne traversent la Méditerranée. Certains parlent de «hotspots», reprenant le terme utilisé pour les centrés déjà créés en Italie et en Grèce.

    ■ Mouvements secondaires: Les déplacements de demandeurs d’asile à l’intérieur de l’UE, sans respecter leur obligation d’attendre la fin de l’examen de leur cas dans leur pays d’arrivée, créent de fortes tensions entre Etats membres. C’est pour y mettre fin que le ministre allemand de l’Intérieur menace d’instaurer un refoulement unilatéral aux frontières des migrants, dont la légalité est mise en doute par certains. La chancelière Angela Merkel, hostile à toute initiative unilatérale, voudrait de son côté nouer des accords bilatéraux ou trilatéraux pour pouvoir procéder à des renvois rapides. Dans un texte préparé par la Commission, il était suggéré «d’imposer aux demandeurs d’asile des obligations (sanctionnables) de rester dans le pays qui doit traiter leur requête». Et de restreindre leur «accès à l’assistance sociale uniquement dans ce même pays».

    ■ Des centres fermés dans l’UE: La France et l’Espagne ont proposé de les créer sur le sol européen. Dotés de moyens européens, les migrants y attendraient l’examen de leur cas. L’Italie s’est toujours opposée à imposer cette contrainte. Ces centres seraient une solution, selon Paris, au problème des mouvements secondaires. Ils permettraient ainsi «une solidarité financière immédiate, une instruction rapide des dossiers et une solidarité européenne pour que chaque pays prenne de manière organisée les personnes qui ont droit à l’asile», fait valoir l’Elysée.
    Quant aux migrants économiques, qui constituent désormais la majorité des arrivants, ils pourraient être renvoyés directement depuis ces centres vers leur pays d’origine.

    ■ Réforme de l’asile et quotas: L’Italie s’agace de l’accent mis sur la lutte contre les mouvements secondaires, alors qu’elle s’estime abandonnée par ses voisins dans la prise en charge des arrivées sur ses côtes. Rome a notamment demandé dimanche de dépasser le principe du Règlement de Dublin. Lequel confie aux pays de première entrée dans l’UE la responsabilité des demandes d’asile et dont la réforme est au point mort depuis plus de deux ans. La Commission européenne a proposé qu’en période de crise, comme celle de 2015, une répartition ponctuelle des demandeurs d’asile soit prévue dans l’UE (comme cela a été fait de manière exceptionnelle avec des quotas entre 2015 et 2017). Mais cette proposition est jugée insuffisante par les pays méditerranéens, qui souhaitent une répartition permanente. Et elle est rejetée frontalement par d’autres, comme les pays de Visegrad (Europe centrale), soutenus par l’Autriche. Le sommet, prévu fin juin à Bruxelles, devait initialement trouver un compromis dans ce dossier, mais cette perspective a été abandonnée.

    Rabat s’investit aussi

    Pour plusieurs institutions internationales, la politique migratoire du Maroc est un exemple à suivre par d’autres pays. Le Royaume s’est doté d’une Stratégie nationale de l’immigration et de l’asile (SNIA), qui est d’ailleurs appuyée et accompagnée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Rabat s’investit dans la question migratoire à travers notamment sa participation au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et également en tant que co-président du Forum mondial pour la migration et le développement, dont la prochaine édition se tiendra à Marrakech en décembre prochain. Le Maroc a été chargé d’assurer la coordination des affaires de l’immigration au sein de l’Union africaine (UA). Au Maroc, l’on répertorie trois catégories de migrants: les migrants réguliers, ceux irréguliers, les réfugiés et les demandeurs d’asile. Les dernières estimations officielles parlent de quelque 80.000 migrants subsahariens installés au Maroc (entre régularisés et clandestins) (voir aussi Enquête L’Economiste-Sunergia/ Migrants subsahariens: Des résultats surprenants!, dans notre édition N° 5234 du 21/03/2018). A noter aussi que Rabat a eu droit à un catalogue de promesses dans le cadre du dossier pompeusement intitulé «Accord de réadmission». Un sujet qui polarise les discussions avec Bruxelles depuis plusieurs années sans que l’on sache au juste ce que les Marocains ont obtenu (lire aussi L’Edito: «Migrants», édition N° 5156 du 27/11/2017).

    F. Z. T. avec agences

     

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