International

Migration: Entre Rome et Paris, c’est la guerre!

Par Franck FAGNON | Edition N°:5300 Le 25/06/2018 | Partager
Les propositions de la France suscitent l’ire de l’Italie
Une réunion pour apaiser les tensions et trouver des compromis
Mais peu d’espoir d’un résultat concret

Après l’Aquarius qui a finalement pu accoster à Valence en Espagne, c’est désormais le navire Lifeline, transportant 230 migrants, qui ère dans les eaux internationales en attendant de trouver refuge dans un port européen,  l’Italie et Malte lui ayant refusé l’accostage.

Depuis l’arrivée du Mouvement Cinq étoiles et de la Ligue du Nord au gouvernement, l’Italie, l’un des premiers pays d’arrivée des migrants, a durci sa politique migratoire. Les épisodes de l’Aquarius et de Lifeline ont fait monter les tensions entre Paris et Rome.

Les dirigeants de seize pays européens ont tenté d’accorder leur violon lors d’une réunion, hier dimanche, sur la question migratoire. Bien que tous s’accordent pour renforcer les frontières extérieures de l’Union, les Européens sont divisés sur la définition d’un dénominateur commun. «J’ai malheureusement peu d’espoir d’un résultat important», a avoué le chancelier autrichien Sebastian Kurz avant la réunion.

Paris et Madrid proposent de créer, sur le sol européen, des centres fermés où les migrants attendraient l’examen de leur cas, évitant le phénomène de mouvements secondaires dans les autres pays européens. Les centres seraient pour la plupart installés en Italie et en Espagne.

Ces propositions ont suscité l’ire du ministre italien d’extrême droite Matteo Salvini: «Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement».

L’Italie, la Grèce et Malte sont les pays en première ligne dans la prise en charge des migrants. Aujourd’hui, l’afflux de migrants est moindre comparé à la crise de 2015. Le Mouvement Cinq étoiles et la Ligue du Nord ont été portés au gouvernement en partie grâce à leur discours sur l’immigration. Il s’agit aujourd’hui de tenir les promesses faites à leur électorat.

Avec cette réunion, Bruxelles veut éloigner le spectre des décisions unilatérales, une voie que semble emprunter l’Italie. Le ministre allemand de l’Intérieur menace de refoulement aux frontières contre l’avis de la chancelière Angela Merkel. A l’ordre du jour de la rencontre des dirigeants européens figure aussi l’accélération des renvois des migrants illégaux et des déboutés de l’asile. Ils devront aussi évoquer la réforme du régime d’asile européen, dans l’impasse depuis deux ans.

 

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