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    International

    Flux commerciaux franco-africains: Le Maroc dans la course aux parts de marché

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5299 Le 22/06/2018 | Partager
    Il représente avec la Tunisie et l’Algérie 50% du commerce total
    La France n’est plus le 1er fournisseur de l’Afrique
    L’analyse sectorielle de Coface
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    Le Maroc représente 16,6% des exportations françaises en Afrique et 22% de ses importations depuis le continent. Au total, le commerce avec le Maroc représente 19,1% des échanges français avec l’Afrique

    La France a perdu son statut de premier fournisseur européen du continent africain au profit de l’Allemagne en 2017. C’est ce que rapporte Coface dans sa publication économique «Course aux parts de marché en Afrique: l’échappée française reprise par le peloton européen».

    L’érosion du poids de la France à l’export sur le continent africain s’inscrit dans un mouvement plus global de perte de vitesse des exportations françaises dans le commerce mondial (de 4,7% de parts de marché en 2001 à 3% en 2017).

    Dans une moindre mesure, l’Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis suivent la même tendance sur le continent. C’est la Chine qui affiche une progression de ses parts de marché à l’export en Afrique (de 3% en 2001 à près de 18% en 2017), suivie par l’Inde, la Turquie et l’Espagne.  

    L’analyse de l’assureur-crédit français s’est intéressée au comportement des flux commerciaux franco-africains. Il est largement dicté par les échanges avec le Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie). L’année dernière, ces trois pays représentaient environ 50% du commerce total de la France avec l’Afrique. Malgré les crises politiques et économiques depuis 2011, l’Egypte et la Libye figuraient encore en bonne place parmi les partenaires commerciaux de l’Hexagone.

    Le déploiement des constructeurs automobiles français (PSA, Renault) au Maroc explique la montée en puissance des flux d’importations de véhicules et de pièces détachées depuis l’Afrique. Alors qu’elles représentaient moins de 1% dans les échanges il y a encore dix ans, ces importations excèdent 7% des échanges.

    Outre les produits agricoles, les câbles isolants et à fibre optique, essentiellement originaires de Tunisie et du Maroc, occupent également une place importante dans les importations françaises. Paris a enregistré un fort recul de ses parts de marché dans les exportations de machines en Afrique francophone, perdant près de 20 points de pourcentage dans l’ensemble des pays de la région, comme en Algérie, au Maroc, en Côte d’Ivoire ou au Cameroun, et jusqu’à quasiment 25 points au Sénégal.

    Au Maghreb, notamment en Algérie et au Maroc, le recul français s’explique également par la progression de la Turquie et de l’Espagne. Cette dernière a fortement renforcé ses liens commerciaux avec le Maroc, devenant le principal fournisseur de biens d’équipement du pays. Le recul des parts de marché de la France est similaire pour les appareils électriques et électroniques, de l’ordre de 15 points dans les pays maghrébins et de 20 points en Afrique de l’Ouest.

    Alors que la France possédait des parts de marché considérables dans l’industrie pharmaceutique dans les pays d’Afrique francophone au début des années 2000, celles-ci se sont fortement réduites depuis.  Au Maghreb, les principaux concurrents européens dans le secteur comme la Suisse, l’Allemagne, la Belgique ou le Royaume-Uni ont bénéficié du déclin français.

    Le secteur automobile a également enregistré d’importantes pertes de parts de marché, notamment au Maghreb, au bénéfice de l’Allemagne, de la Corée du Sud et de l’Inde. A l’instar des biens d’équipement, l’Espagne a enregistré une hausse marquée de son poids dans les exportations automobiles vers le Maroc.

    Enfin, les parts de marché dans les exportations de blé sont également sur une tendance décroissante en Algérie, au Maroc, au Sénégal, en RDC et en Mauritanie. Comme au niveau continental, la diminution des parts de marché s’est principalement faite au profit des pays d’Europe de l’Est comme l’Ukraine, la Roumanie, la Pologne et surtout la Russie.

    Aéronautique, automobile, biens d’équipement…

    Coface suggère qu’il existe un gain potentiel pour les exportations françaises en valeur en Afrique de l’ordre de 21% qui ramènerait ses parts de marché au niveau d’avant-crise, soit 7%. Ce gain est essentiellement le résultat d’un niveau des exportations françaises inférieur au potentiel dans 27 pays (sur 53 analysés), et notamment dans les pays les plus proches géographiquement de la France, comme le Maroc (-29%) et l’Algérie (-53%). Lesquels comptent déjà parmi les principaux partenaires commerciaux de l’Hexagone.
    Un outil d’aide à la décision pour les marchés prospectifs développé par la Direction Générale du Trésor, identifie également certains catégories de produits (l’aéronautique et l’automobile, les biens d’équipement…) comme axes d’amélioration en Algérie et au Maroc. La pharmacie et l’automobile en Algérie et les produits chimiques au Maroc sont également des catégories de biens où les marges de progression sont intéressantes.

    Fatim-Zahra TOHRY & Manal ANOUAR

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