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    Analyse

    L'expertise du Maroc attire les convoitises

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5287 Le 05/06/2018 | Partager
    Energies renouvelables, agroalimentaire, engrais, banques… les secteurs potentiels
    La BAD compte sur l’implication des champions marocains comme Masen et l’OCP
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    Pour Akinwumi A. Adesina, président de la Banque africaine de développement, le Maroc a su développer des compétences humaines pour s’engager dans des secteurs porteurs comme notamment celui de l’aéronautique. (Ph YT)

    - L’Economiste: La coopération entre la BAD et le Maroc, c'est une longue histoire. Quelle appréciation en faites-vous?  
    -Akinwumi A. Adesina:
    La relation entre la BAD et le Maroc est excellente. Ce dernier dispose de l’un des portefeuilles les plus importants en Afrique. Nous investissons énormément dans le domaine des énergies renouvelables. Le Maroc est leader non seulement en Afrique mais dans le monde entier dans ce domaine.
    Nous avons investi dans la plus grande centrale solaire du monde Noor Ouarzazate et notre conseil d’administration a également approuvé le financement d’une seconde phase de ce projet à savoir Noor Midelt. Pour nous, le Maroc occupe une place stratégique dans ce secteur et pourra contribuer à l’expansion  de l’énergie renouvelable en Afrique. Votre pays dispose de l'agence Masen qui réalise un excellent travail dans ce domaine et peut le partager avec d’autres pays africains. De son côté, la BAD a déjà lancé une initiative qui s’appelle Desert to power, pour construire 10.000 MW d’énergie solaire au niveau de la région du Sahel en Afrique. Ce qui va permettre de fournir de l’électricité à 250 millions d’Africains. On souhaite l’implication du Maroc via son agence Masen pour accompagner ce projet notamment au niveau technique.

    - Quel rôle pour le Maroc dans la coopération Sud-Sud?
    - Le Maroc est l'un des grands actionnaires de la BAD, et SM le Roi est visionnaire en ce qui concerne le développement en Afrique. Votre pays a bien su se positionner sur des créneaux porteurs comme notamment celui de l’aéronautique, ce qui a permis d’attirer les grands groupes internationaux dans ce secteur. Je tiens à le rappeler encore une fois, le Maroc peut à travers son agence Masen fournir l’assistance technique aux pays africains en matière d’énergies renouvelables. Le même constat est valable pour l’agriculture dotée d’une excellente vision à savoir le Plan Maroc Vert. Là aussi, je tiens à souligner l'importance du rôle joué par le grand groupe marocain l’OCP. A travers lui, le Maroc est en train d’assurer le transfert de son expertise notamment en matière de production d’engrais dans plusieurs pays africains. Le Maroc est également leader dans le secteur financier avec des banques marocaines installées dans plusieurs pays du continent. A ce titre, il faut rappeler que le fonds Africa 50 est domicilié au sein de la place financière de Casablanca. Lancé par la BAD, ce fonds est destiné à accélérer le développement des infrastructures en Afrique.

    - Comment endiguer la fuite des compétences africaines?
    - Aujourd’hui, l’Afrique est le plus jeune continent avec un potentiel énorme en ressources humaines qu’on doit utiliser à bon escient pour le développement des pays africains.
    L’Afrique est capable de créer des emplois de qualité pour nos jeunes dont l’avenir se trouve dans leur continent et non ailleurs. En collaboration avec ses différents partenaires et les pays membres de la BAD, nous avons lancé plusieurs actions pour la promotion de l’emploi chez les jeunes. Dans ce cadre, on cite l’initiative «Des emplois pour les jeunes en Afrique (Jobs for youth in Africa) qui vise à créer 25 millions d’emplois durant la prochaine décennie dans différents secteurs particulièrement celui de l’agriculture et des nouvelles technologies de communication. Toujours dans le même chapitre, la BAD, avec l’Union européenne, a mis en place un programme d’investissement baptisé «Boost Africa» avec 200 millions d’euros pour soutenir les jeunes entrepreneurs africains à transformer leurs idées en projets concrets.

    L’agriculture, la richesse de l’Afrique

    Le patron de la BAD donne beaucoup d’importance à la valorisation des filières agricoles qui constitue, selon lui, un catalyseur à l’industrialisation du continent. Les agriculteurs africains travaillent dur, tous les ans, pour fournir 75 % de la production mondiale de cacao, mais perçoivent moins de 5% des bénéfices des 120 milliards de dollars annuels réalisés sur le marché du chocolat, regrette-t-il. Il invite les jeunes africains à investir ce secteur qui va donner, selon lui, naissance aux futurs millionnaires du continent. Il faut donc développer l’agro-industrie. Pour passer à l’action, la BAD a lancé une initiative baptisée: «Enable Youth» qui vise à développer l’entrepreneuriat agricole au profit des jeunes. L’année dernière, on a dépensé 800 millions de dollars dans 8 pays pour encourager la création d’une nouvelle génération de jeunes leaders dans l’agro-business, précise-t-il.

    Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

     

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