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    Benmokhtar ravive la guerre de l’école

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4969 Le 27/02/2017 | Partager
    Les établissements homologués «Mission» française menacés de lourdes sanctions
    Motif: Ils ne devraient pas inscrire des Marocains résidant au Maroc!
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     Rachid Benmokhtar, ministre de l’Education nationale. Lors de son premier passage au gouvernement, le ministre avait déjà perdu une bataille devant la justice sur le même dossier en 2003 dans l’ «affaire Al Jabr». Cette jurisprudence fait autorité. La justice avait alors estimé que les écoles ont le droit de s’ouvrir sur d’autres modèles éducatifs  (Ph. Bziouat)

    Voilà un dossier que le ministère de l’Education nationale a enterré depuis maintenant quelques années, et qui refait subitement surface. La déclaration du ministre Rachid Benmokhtar la semaine dernière sur une radio marocaine a fait l’effet d’une bombe. Les écoles privées homologuées pour dispenser un programme étranger, en l’occurrence celui de la «Mission» française seraient hors- la-loi. Motif,  leur programme ne devrait être destiné qu’aux enfants étrangers, ou ceux ayant longtemps vécu à l’étranger (MRE, corps diplomatique), et non aux élèves marocains résidant au Maroc.

    Ces établissements vont faire l’objet d’une inspection générale pouvant aboutir à des sanctions, y compris la fermeture. Le ministre avance même que le contact a été établi avec les autorités françaises en vue de les informer que les «homologations de certaines écoles ne seraient pas reconduites».  
    Depuis ces déclarations, l’angoisse est montée chez les parents. Les établissements autorisés par l’Education nationale et homologués par le ministère de l’Education français, aujourd’hui au nombre de sept, opèrent pourtant depuis plusieurs années. Elles adressent leur programme, à plus de 90%, aux élèves marocains résidant au Maroc, au vu et au su des autorités de tutelle. Pourquoi ces mêmes établissements seraient subitement devenus hors-la-loi? Ce n’est pas la première fois que le ministre s’attaque à ce dossier. L’affaire remonte à la deuxième moitié des années 90, lorsqu’il assurait son premier mandat à la tête de l’Education nationale (1995-1998).

    «A l’origine, les autorisations accordées à des écoles privées pour dispenser des programmes étrangers concernaient uniquement l’ouverture de quelques classes dédiées à des enfants de MRE. Ou encore à l’intention d’élèves ayant échoué au système français, et qui avaient besoin d’un rattrapage», explique un expert de l’éducation. «Mais les écoles ayant obtenu ces autorisations ont commencé à développer des filières entières depuis le préscolaire jusqu’au baccalauréat», poursuit-il.
    Le ministre somme les établissements privés de revenir au système marocain. Un groupe scolaire, Al Jabr, décide alors de saisir la justice. Après plusieurs années devant les tribunaux, le jugement tombe en 2003 en sa faveur. La justice avait alors estimé que les écoles ont le droit de s’ouvrir sur d’autres modèles éducatifs.

    «L’affaire de l’école Al Jabr a fait jurisprudence. Avec la constitution de 2011, donnant aux parents la liberté de choisir le modèle qu’ils souhaitent et consacrant le principe de non discrimination dans l’accès à l’éducation, il est difficile de contester l’activité de ces établissements», précise un deuxième spécialiste du système d’enseignement.
    Les établissements homologués pour proposer un enseignement type mission française rencontrent aujourd’hui un succès fou. Face à la faillite du système public, les parents se ruent sur tous les modèles alternatifs. Les classes moyennes à aisées désertent l’école publique où il existe de moins en moins de mixité sociale.

    A Casablanca, par exemple, le quart des élèves est inscrit dans le privé. L’on se retrouve, au bout du compte, avec deux systèmes parallèles, celui des élites, et celui du peuple. Cela est, incontestablement, en défaveur de la réforme. Mais peut-on blâmer les parents de choisir le meilleur modèle pour leurs enfants?

    Les missions étrangères pas concernées  

    Il existe trois types d’établissements privés au Maroc. Les écoles dispensant le système marocain bilingue, celles autorisées par l’Education nationale à offrir le programme français et homologuées par le ministère de l’Education français (au nombre de sept), et celles relevant d’autres «missions» étrangères. Ces dernières, créées dans le cadre d’accords bilatéraux de coopération ne sont nullement concernées par les propos du ministre Benmokhtar. Même si elles accueillent en majorité des élèves marocains résidant au Maroc, leur activité n’est pas en contradiction avec la législation marocaine.
    D’ailleurs, elles ne rentrent pas dans le champ d’application de la loi 06-00 régissant l’enseignement scolaire privé.

     

     

     

     

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