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    Economie

    Les travailleurs, toujours sous qualifiés et peu protégés

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4959 Le 13/02/2017 | Partager
    Un sur cinq exerce sans être rémunéré et les deux tiers sans contrat
    78,4% ne profitent pas d’une couverture médicale
    Rémunération, le premier motif d’insatisfaction
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    Près de 1,7 million de jeunes de 15 à 24 ans sont dans l’oisiveté la plus totale. Les jeunes femmes sont beaucoup plus nombreuses à être dans cette situation (plus de 1,3 million contre 366.000 jeunes hommes)

    Les chiffres du HCP sur la qualité de l’emploi sont déprimants. C’est la première fois que le département d’Ahmed Lahlimi publie des données aussi détaillées sur cet aspect. Il n’a, en effet, commencé à fournir des chiffres sur la qualité du travail qu’à partir de 2015. Première déception, la part des jeunes de 15 à 24 ans qui ne sont ni à l’école, ni en formation ni en emploi (voir illustration). Près du quart de cette catégorie, soit environ1,7 million ne fait rien de sa vie. Découragés, ces jeunes, dont on ne sait finalement pas grand-chose,  tombent dans l’inactivité la plus totale. Il n’existe que très peu d’enquêtes les concernant. Où se trouvent-ils, quelles sont leurs motivations, la manière dont ils perçoivent le monde, leurs idéaux… des questions qui restent sans réponse. Pour l’heure, seule la société civile va à leur rencontre et tente de les faire sortir de leur cercle vicieux.

    Les qualifications de la population active sont, en outre, décevantes. 60,4% ne possèdent aucun diplôme (voir camembert ci joint). Comment attirer plus d’investissements, développer des industries et adapter des technologies avec une population aussi peu qualifiée? Cela explique, aussi, pourquoi la productivité des travailleurs marocains fait partie des plus faibles de la région Mena. Les patrons, pour leur part, ne sont pas très impliqués dans la mise à niveau des compétences de leurs salariés. Sur l’année écoulée, 98,2% des salariés n’ont bénéficié d’aucune formation prise en charge par leur employeur (97,7% en milieu urbain).

    Les emplois sont souvent précaires. 20,5% des travailleurs exercent sans être rémunérés (91,2% dans les campagnes), soit près de 2,2 millions de personnes, sur un total d’environ 10,6 millions d’actifs occupés. Quelque 9% (958.000) possèdent un emploi occasionnel ou saisonnier. Par ailleurs, 5% travaillent jour et nuit, 3% alternent le jour et la nuit, et 1% travaillent seulement durant la nuit. En semaine, 40% (soit  plus de 4,3 millions de personnes) totalisent plus de 48 heures de travail (47% des citadins et 34,1% des ruraux).

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    Les qualifications des travailleurs sont faibles. Plus de 6,4 millions ne possèdent aucun diplôme. Parmi eux, plus de 3,3 millions exercent dans l’agriculture, forêt et pêche. Cela représente 82,5% de l’emploi total du secteur. Dans le BTP, les sans diplôme représentent 64,9%, contre 50,3% dans l’industrie et 41,5% dans les services

    Les contrats de travail sont loin d’être la règle. Les deux tiers des salariés (plus de 3 millions) n’en bénéficient pas. C’est particulièrement le cas dans le secteur du BTP, où 89,7% des emplois ne sont pas formalisés par un contrat. En termes de couverture médicale, 78,4% n’en profitent pas, soit plus de 8,3 millions de travailleurs. Presque les deux tiers des citadins en sont dépourvus, contre 92,8% des ruraux.  

    Le degré de satisfaction des travailleurs ne reflète pas vraiment la dureté de leurs conditions de travail. Seulement 20% des actifs occupés se disent insatisfaits de leur emploi et souhaitent le changer. Dans le BTP, cette part est de plus du tiers (35,1%). La rémunération est le premier motif d’insatisfaction, 71% l’évoquent. Viennent ensuite les conditions d’exercice (9,4%), l’instabilité de l’emploi (9,1%) et l’inadéquation entre le poste occupé et la formation reçue (5,1%).
    46,3% ont du mal à concilier entre leur vie privée et leur vie professionnelle. 16,1% y arrivent avec «beaucoup de difficultés», tandis que 30,2% déclarent y parvenir «avec difficulté». 3,5 n’y arrivent pas du tout.

     

     

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