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    Economie

    Climat social: Des pertes de journées de travail record

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4959 Le 13/02/2017 | Partager
    497.484,5 journées parties en fumée en 2016, en hausse de 85%
    Le retard de paiement des salaires et les licenciements constituent les principales causes
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    L’année dernière, le nombre de grèves a été plus important dans les services et l’industrie

    Année blanche pour le dialogue social, 2016 s’est terminée avec un bilan de grèves dans le secteur privé en baisse: 218 débrayages dans 176 entreprises contre 265 conflits dans 221 sociétés en 2015. Un recul qui cache un autre phénomène, beaucoup plus important et pénalisant pour l’économie, celui de la hausse du nombre de journées de travail perdues: 497.484,5, un record! Ce chiffre est en hausse de 85% par rapport à 2015 et représente plus de 3 fois les pertes enregistrées en 2010! (voir infographie). 

    L’impact en termes de points de PIB n’est pas évalué, mais ce qui est sûr, c’est que ces conflits ne sont pas sans conséquences sur la production, le chiffre d’affaires, voire même le respect des délais de livraison des commandes.  Et ce, sans compter les pertes financières des grévistes puisque les journées «chômées» ne sont pas payées. Dans d’autres pays, ce sont les syndicats qui financent leurs adhérents sur les réserves constituées via leurs cotisations. Mais les finances des syndicats et les cotisations encaissées… relèvent toujours du secret défense!

    Cette hausse des pertes des journées de travail s’explique par une forte participation des salariés et des conflits qui ont duré plus longtemps. En tout cas, l’année dernière un autre record a été battu, celui du taux de participation le plus élevé des six dernières années: 57,34%. Ces conflits étaient concentrés dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Casablanca-Settat avec respectivement 24,31% et 22,94% de grèves. Les deux régions de Béni Mellal-Khenifra et Marrakech-Asfi comptent chacune 23 conflits.

    Selon les données du ministère de l’Emploi, le secteur des services est le plus touché avec 100 conflits dans 78 entreprises. Vient en suite l’industrie avec 62 grèves dans 49 unités. L’agriculture, marquée par une mauvaise campagne agricole, a enregistré 25 grèves. Ce secteur compte également des pertes importantes d’emplois: 119.000 en 2016 contre 32.000 postes en 2015, ce qui correspond à une baisse de 2,9% du volume d’emploi du secteur.
    Les grandes structures tout autant que les petites ont été touchées mais dans des proportions plus importantes pour les secondes. Ce qui est de nature à fragiliser

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    Comparativement à 2015, le nombre de grèves déclenchées est en baisse. En revanche, les journées perdues enregistrent un niveau important. Cela s’explique par des taux de participation élevés

    davantage les PME. Ainsi la majorité des grèves est concentrée dans les entreprises qui comptent entre 26 et 100 salariés (48%). Celles dont les effectifs sont compris entre 101 et 250 personnes ont connu 22% des débrayages.

    Pourquoi autant de grèves et à quoi sont-elles dues? Les statistiques révèlent que plus de deux conflits sur dix ont été déclenchés en raison du retard de paiement des salaires et 15% pour licenciements. Cela est à mettre en partie sur la morosité économique et les retards de paiement qui ont un impact direct sur les trésoreries. Les avantages sociaux et l’atteinte à la protection sociale constituent aussi des motifs déclencheurs de conflits collectifs du travail.  
    Garantie par la Constitution, la grève sera encadrée (Voir notre édition n°4914 du 8/12/2016). Le projet de loi  organique déposé au  Parlement prévoit un délai de 30 jours au cours desquels des négociations doivent être menées entre employeur et syndicats ainsi que le recours à la médiation.

    Il prévoit aussi un préavis afin de mettre fin aux grèves anarchiques. L’employeur doit être informé au moins 7 jours avant le passage à l’acte. Et la décision de grève ne devrait plus dépendre d’une poignée de personnes. Elle devrait être prise par l’Assemblée générale, selon le vote secret et à la majorité absolue des salariés présents.

     

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