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    Evénement

    L'état du budget en 2016: Les «bienfaits» de la décompensation

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4946 Le 25/01/2017 | Partager
    Le déficit du Trésor baisse à 41,6 milliards de dirhams
    Les charges du personnel restent difficilement compressibles
    L'accélération de la dette publique, un point de fragilité
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    Après une baisse entre 2007-2009, la masse salariale dans la fonction publique
    a repris. Elle est  passée au-dessus du seuil de 10% du PIB à partir de 2010

    Le pari d'un retour à un déficit budgétaire soutenable est presque gagné. 2016 s'est achevée sur un déficit du Trésor  de 41,6 milliards de dirhams contre 44,6 milliards en 2015. La baisse est importante comparativement à l'année 2012 qui s'était terminée avec un déficit de 7,2% du PIB. La libéralisation des prix des produits pétroliers a eu un effet significatif puisqu'elle a réduit la pression sur les finances publiques. L'année dernière, les charges de la compensation ont reculé de 41,6%, soit une économie de 8,7 milliards de DH. Les produits dont les prix continuent à être soutenus sont le sucre et le gaz butane.

    Pour financer le déficit budgétaire, le Trésor a levé 19,9 milliards de dirhams sur le marché domestique. L'encours de la dette intérieure est porté à 492,2 milliards de dirhams. Or le Haut commissariat au Plan insiste sur la vigilance par rapport à la dette publique globale du Maroc (voir notre compte rendu dans L'Economiste du 19/01/2017 ; édition n°4942). L'institution l'évalue à 81,8% du PIB contre 59,4% en 2010, soit un accroissement de 22% du PIB.  Plus des deux tiers de l’accroissement moyen de cette dette proviendrait de la dette directe du Trésor. «La vigilance devrait être de rigueur, d’autant plus qu’aujourd’hui la dette extérieure des établissements publics aurait tendance à prendre le pas sur celle du Trésor et que l’environnement international décline de réelles menaces sur les coûts de financement de notre économie», prévient le HCP.

     L'année dernière, les dépenses du budget général ont reculé de 1,4%  s'établissant à 299 milliards de dirhams. Cette baisse est notamment attribuée à la diminution des dépenses de fonctionnement de 2,7% et de 12,5% des charges de la dette budgétisée sous l'effet d'un recul des remboursements du principal (34 milliards de dirhams en 2016 contre 42,9 milliards l'année précédente) et des intérêts de la dette de 0,3%. Pour les dépenses de fonctionnement, le léger mieux vient surtout d'une réduction significative des charges communes dont la compensation alors qu'un  dépassement du budget alloué par la loi de finances 2016 au matériel est relevé.

    Les dépenses de fonctionnement sont également marquées par le transfert de 13,4 milliards de dirhams à la Caisse marocaine des retraites, 18 milliards aux divers établissements publics et 4,5 milliards aux comptes spéciaux du Trésor.  
    Mais le poste qui retient le plus l'attention est incontestablement celui dédié au personnel. Celui-ci est difficilement compressible réduisant ainsi les marges de manœuvre. Les dépenses du personnel ont pris 1,3% sous l'effet d'une évolution structurelle de 0,7% et des rappels de 13,2%.

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    Les charges du personnel concentre 39,4% des dépenses du budget général. Elles dépassent de 15 points la part de l'investissement

    Dans la fonction publique, les recrutements  sont passés de 7.000 en moyenne par an entre 2003-2007 à 18.427 sur la période 2003-2013 et à 22.161 par an entre 2014-2016. En parallèle, le salaire net mensuel moyen a augmenté de 44,38%: il est passé de 5.333 à 7.700 dirhams alors que le salaire minimum a augmenté à 3.000 dirhams.  Selon le ministère des Finances, le salaire net mensuel moyen représente 3,2 fois le PIB par habitant contre 1,5 en Tunisie, 1,1 en Turquie et 1,4 en Jordanie. Reste que l'efficacité, la productivité et la qualité des services ne suivent pas. Les charges du personnel représentaient 39,4%  des dépenses du budget général en 2016 dépassant de plus de 15 points la part de l'investissement (23,3%).

    Ceci étant, l'effort d'investissement du budget général reste important: 61,7 milliards de dirhams en hausse de 18,2% représentant près de 6,05% du PIB. Mais leur rentabilité soulève des interrogations surtout quand on se réfère aux publications du HCP et au rapport sur le capital immatériel. Globalement l'analyse de l'investissement public (budget général et établissements publics), 30% du PIB entre 2009-2013 et 31,9% du PIB en 2016 (selon le HCP), révèle qu'il n'engendre pas de gains de productivité importants. «L’analyse de la rentabilité de ces investissements à travers le coefficient marginal de l’investissement (ICOR) indique qu’il existe une marge importante en matière d’amélioration de l’efficience et de la productivité des investissements», souligne le rapport sur la Richesse globale du Maroc. L'ICOR est à 7,2 au Maroc contre 2,9 en Corée du Sud et 5,2 en Turquie. Or, sans amélioration de la productivité, la croissance ne pourra pas s'accélérer. 

     

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