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    Evénement

    Ecole publique: Des classes sans prof depuis la rentrée!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4939 Le 16/01/2017 | Partager
    A Casablanca, des élèves passent leurs journées à ne rien faire depuis septembre
    Les écoles tentent de s’en sortir en faisant appel à des bénévoles
    Les affectations de 11.000 profs contractuels sont bloquées!
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    Des parents et élèves de l’école Jnan Louz d’El Oulfa (Casablanca) ont organisé un sit-in devant le siège de l’Académie régionale de Casablanca, vendredi dernier. Sans prof depuis la rentrée de septembre dernier, alors que le premier semestre s’achève bientôt, ils ont manifesté leur colère. Une année blanche pour ces enfants?  (Ph. Mofik)

    C’est la pire année scolaire! Jamais le déficit de profs n’a été aussi grave que cette année 2016-2017. Depuis la rentrée, de nombreuses classes d’écoles primaires et secondaires sont sans enseignants. Cela fait donc pratiquement quatre mois que des centaines d’enfants, voire des milliers, passent leurs journées à ne rien faire! «Nous n’avons jamais vécu cette situation. Cette crise nous a mis dans une véritable impasse, nous n’avons aucune visibilité et personne ne nous tient informés des solutions envisagées», s’indigne une directrice d’école primaire à Casablanca.

    Dans son établissement, deux classes de 3e et 6e année du primaire ne disposent pas de profs. A l’instar d’autres directeurs, elle tente de trouver des solutions. «J’ai supplié une enseignante de prendre une classe supplémentaire. Aujourd’hui, elle est au bord de la dépression, elle a failli jeter l’éponge», témoigne la directrice. Les cas d’écoles vivant cette même galère sont légion. «La situation est catastrophique. Dans mon école, nous manquons de deux profs. Mais dans des établissements environnants, le déficit est pire. Il y a des écoles et lycées qui comptent 4 à 5 classes sans enseignants», confie un deuxième directeur d’école primaire à Casablanca.

    Pour débloquer la situation, il a fait appel à un instituteur bénévole. L’association des parents d’élèves de l’établissement, pour sa part, en a engagé un deuxième, qu’elle rémunère elle-même. Une troisième école casablancaise nous a confirmé la gravité de la situation. Sa directrice assure que 2 enseignantes bénévoles font le déplacement chaque jour, depuis septembre dernier, pour dispenser des cours à deux classes du primaire.
    D’autres élèves n’ont pas eu cette chance. Ceux d’une classe de l’école Jnane Louz (El Oulfa, Casablanca) ont manifesté, avec leurs parents, vendredi dernier, devant l’académie régionale d’éducation et de formation (Aref) de Casablanca, pour faire part de leur colère. A quelques jours des examens de 6e année du primaire (23 et 24 janvier) et de la fin du premier semestre, ils attendent toujours leur enseignant! Se dirigent-ils vers une année blanche?

    Pour s’en sortir, d’autres écoles ont dû augmenter le nombre d’élèves par classe. Certaines comptent jusqu’à 64 enfants. Le ministère de l’Education nationale a lancé, sur instructions royales, une opération de recrutement de 11.000 profs contractuels, en novembre 2016, afin de sauver la mise, même si cet effectif reste largement en deçà des besoins. Un milliard de DH y a été alloué. La campagne a, toutefois, essuyé des contraintes «techniques» qui ont occasionné des retards sur le calendrier fixé. L’affectation dans les classes devait avoir lieu le 19 décembre 2016. Elle a finalement été reportée à début janvier.

    Cependant, jusqu’à aujourd’hui, elle n’a toujours pas eu lieu. «L’Académie avait commencé à préparer les affectations, mais depuis deux semaines, silence radio. L’on nous parle d’un problème technique, sans plus de précisions», livre le directeur d’école. Les nouvelles recrues auraient même été encouragées à prendre leurs fonctions en tant que bénévoles, en attendant leur affectation officielle. Peu ont accepté.

    Contacté par L’Economiste, le ministère de l’Education nationale a expliqué que «les contrats des enseignants sont en train d’être visés par les contrôleurs d’Etat au niveau de chaque Aref». Il s’agit là d’un problème de management, qui montre, encore une fois, l’affligeant amateurisme avec lequel le système d’enseignement est géré. Dernier exemple en date, celui de la gestion aléatoire des achats de matériels didactiques et produits chimiques des Aref, pointée du doigt par la Cour des comptes fin décembre dernier.

    Education islamique: Gros bug sur Massar 

    La révision des manuels d’éducation islamique fait partie, avec la nouvelle approche d’apprentissage de l’arabe classique, des réformes phares de cette année scolaire. Sauf qu’elle a été initiée sans formation préalable des enseignants. Autre ratage, sur le logiciel de gestion scolaire, Massar, les rubriques des matières enseignées en éducation islamique (coran, vie du prophète et éthique islamique) sont restées inchangées. Or, aujourd’hui, l’enseignement est opéré à travers cinq nouvelles entrées (attazkiya, al Iqtidaa, al istijaba, al qist et al hikma). Impossible donc de rentrer les notes. A quelques jours de la fin du premier semestre (fin janvier), les écoles ne savent toujours pas comment rentrer les notes obtenues par les élèves sur le système, ni quoi mettre sur leurs bulletins!

     

     

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