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    Régions

    Commune de Tamaguert: Comment désenclaver les douars

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4924 Le 26/12/2016 | Partager
    Capitaliser sur le savoir-faire de la communauté pour lancer de nouvelles activités
    L’éco-tourisme et l’agro-écologie, les domaines porteurs
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    La diversité géographique de la commune de Tamaguert constitue un atout important pour développer des activités liées à l’éco-tourisme et désenclaver la trentaine de douars de cette zone (Ph. Coopérative Amasnighren)

    A une cinquantaine de kilomètres de la ville de Marrakech se trouve la commune rurale de Tamaguert, où se pratique une agriculture traditionnelle autour des céréales, de l’olivier et de l’élevage de volaille. Cet ensemble de 30 sous-douars, rassemblant une population de 10.000 habitants, souffre depuis plusieurs années des effets des changements climatiques. Les sécheresses successives de ces dernières années ont poussé à l’abandon de certaines agricultures vivrières et engendré de plus en plus l’exode rural. Le potentiel naturel et humain de cette région a pourtant de quoi assurer une ressource économique suffisante pouvant améliorer le niveau de vie de la population. Et c’est l’objectif d’un projet ambitieux de développement, porté par la coopérative féminine de Couscous Amasnighrem, créée en 2013. «Des pistes de réflexions nous ont amené à réfléchir à des actions à moyen et long terme pour propulser l’agriculture écologique et développer une activité touristique de niche, via des activités génératrices de revenus, qui bénéficieront à l’ensemble des douars», raconte Fatiha Jazouli, présidente de la coopérative Amasnighrem et membre de l’Association Ibn Albaytar. En effet, le système de production agricole de cette commune est caractérisé par une monoculture portant sur les céréales (orge et blé sur 94% de la surface cultivée) et sur quelques plantations fruitières (amandes, olives, caroubiers sur 4%). Les jardins potagers, qui constituaient auparavant une activité autosuffisante, ont petit à petit disparu par manque d’eau et difficulté financière à creuser des puits. Mais ce qui caractérise ces douars, c’est surtout leur complémentarité. Si les agricultures diffèrent d’un douar à l’autre, suivant la géographie (plaine ou montagne), elles ont en commun la pratique de l’agro-écologie, ce qui garantit des aliments sains et sans apports de produits chimiques. Et c’est en capitalisant sur ce savoir-faire que cette région pourrait développer son économie. Et c’est à ce niveau qu’a intervenu le Casino La Mamounia, partenaire de ce projet de développement, à commencer par le financement du creusement d’un puits dans l’un des douars. Ce puits servira à faire revivre les jardins potagers et relancer les cultures vivrières pour réaliser l’autosuffisance du douar. Les produits de ces jardins serviront, par la suite, à fournir le restaurant La Palme d’Or de La Mamounia. « La réflexion autour de ce projet a débuté pendant cet été. Le grand casino de la Mamounia qui a entamé sa rénovation il y a quelques mois a adopté une politique éco-responsable, où le développement durable est devenu une ligne de conduite», explique Annie Van Driessche, administratrice du Grand Casino La Mamounia. Le Casino de la Mamounia sera un partenaire fortement présent qui accompagnera plusieurs actions dans le futur. Afin de réussir le développement de projets dans cette zone, il fallait permettre aux villageois de visualiser les impacts attendus. C’est dans ce sens qu’en 2015, deux jeunes agriculteurs ont été invités à rendre visite au salon Slow food en Italie, afin de palper les domaines de l’agro-écologie et de la permaculture et constater l’impact réel sur les communautés. Le retour était positif et a suscité l’intérêt auprès de plusieurs agriculteurs. D’ailleurs, l’expérience et l’expertise de l’éco-village de Brachoua, aux environs de Rabat, sont une source d’inspiration pour les villageois de Tamaguert. Il est prévu d’effectuer un échange de visites entre les deux villages pour montrer des résultats concrets. En somme, l’objectif le plus important de la coopérative Amasnighrem est d’enclencher chez la population la volonté de changer les choses et surtout de valoriser son savoir-faire en capitalisant sur les atouts dont elle dispose.
    De notre correspondante,
    Sabrina BELHOUARI

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