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    Régions

    Gestion des déchets : La décharge de Médiouna ne fêtera pas ses 31 ans

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4914 Le 08/12/2016 | Partager
    Bakkoury en fait la priorité des priorités
    Les communes n’ont pas les moyens qu’il faut pour régler ce problème

    «Certes, la gestion des déchets est une prérogative communale, mais les communes n’ont pas les moyens de trouver les solutions optimales». Ce constat de Mustapha Bakkoury, président de la région Casablanca-Settat, résume la nouvelle vision dont les contours commencent à prendre forme. S’attaquer au dossier épineux de la gestion des déchets est devenu l’une des priorités de la région. Son président en fait même un défi personnel. «Je suis tenté de lier mon mandat à ce sujet de gestion des déchets», a-t-il déclaré lors d’une conférence organisée mardi 6 décembre par l’Association marocaine des ingénieurs des mines (AMIM). Les participants à cette rencontre ont passé en revue les différentes avancées en matière de valorisation et de recyclage des déchets, dont le plan national de gestion des déchets solides. «Mais quoi qu’on fasse, cela reste insuffisant, tant que le problème de la décharge de Médiouna n’est pas résolu», tempère Bakkoury.
    Lancée en 1986, cette décharge est devenue aujourd’hui une plaie, non seulement pour la région, mais à l’échelle nationale. Et pour cause, 25% des déchets du Maroc sont produits dans cette zone.  «Le site de Médiouna fête cette année ses 30 ans, j’espère que 2017 ne sera pas juste une année de plus», poursuit Bakkoury. Ce dernier se dit prêt à employer sa double casquette (dans les ressources renouvelables à travers Masen) pour impliquer d’autres acteurs qui pourront participer à trouver les solutions adéquates à ce site. «La région est prête à mettre les moyens qu’il faut, avec la contribution  du ministère concerné, pour trouver le bon système», assure-t-il. Pour le président de Casa-Settat, les fonds existent, mais la région n’arrivait pas à les capter faute de «projets bien montés».
    La situation est pire dans les communes pauvres de la région. Aujourd’hui, l’état des lieux est plus que préoccupant. La région Casa-Settat produit le tiers des déchets nationaux, mais un tiers de cette part n’est même pas collecté. «Nous avons pris des mesures et alloué des budgets pour que la collecte soit effectuée au niveau de l’ensemble des communes», annonce-t-il. Pour Mustapha Bakkoury, il faut aussi changer de mode opératoire. Il n’est plus possible de se contenter du schéma habituel d’un opérateur qui fait uniquement la collecte et ne se soucie guère de la suite. L’intérêt pour ce dernier est uniquement de ramasser le maximum de tonnage.
    Aujourd’hui, l’idée qui fait son chemin consiste à trouver des schémas institutionnels innovants. «Les solutions optimales ne se trouveront pas au niveau d’une commune, mais au niveau de plusieurs communes, provinces…», explique le président de la région. Selon lui,  une étude est en cours, avec le soutien du ministère de tutelle, pour imaginer les solutions idéales. «Après, il y a la gestion d’une transition pour aller vers ces solutions», est-il indiqué. Le tri sélectif en est une. «Le manque de tri est aussi le résultat d’une culture, une sensibilisation qu’il faut activer…».

    35% des déchets

    Il y a bien évidemment une corrélation entre activité économique et production de déchets. La première région du Royaume, qui compte 20% de la population et contribue pour 34% au PIB national, produit aussi 35% des déchets. La couronne du Grand-Casablanca, Berrechid, Dar Bouazza et Mohammedia, produit à elle seule 60% des déchets de la région, dont une bonne partie atterrit bien sûr à la décharge de Médiouna. Celle-ci est arrivée à ses limites dès 2010. Aujourd’hui, sa durée de vie est prolongée tous les 6 mois par un avenant (au grand dam des riverains) en attendant une solution pérenne (cf. édition du 17 novembre 2016).

     

     

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