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    Evénement

    Les syndicats inquiets d'une colère rampante

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4910 Le 02/12/2016 | Partager
    Les conflits se multiplient, en face, aucun interlocuteur
    L'UMT et la CDT mettent en garde contre la dégradation du climat social
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    Les conflits sociaux se multiplient et tous les secteurs sont touchés, selon les syndicats. Ces cinq dernières années ont été marquées par l'organisation de plusieurs marches et grèves en guise de protestation  contre la dégradation de la situation sociale (Ph. L'Economiste)

    «Les conflits sociaux se multiplient et plusieurs dossiers sont en suspens». El Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l'UMT, s'alarme. Le climat social se détériore et la situation risque de se dégrader davantage avec l'absence d'interlocuteurs gouvernementaux. Ce «vide» pourrait se traduire par des conflits plus longs et plus coûteux. Car, en attendant le nouveau gouvernement, les ministres en poste se concentrent sur la gestion des affaires courantes et aucune décision «stratégique» n'est prise.
    Le tableau s'assombrit au vu des chiffres sur les destructions d'emplois, plus importantes que les créations: 125.000 pour les premières contre 52.000 pour les secondes. Et les nouveaux postes sont loin de répondre aux normes puisque la majorité est concentrée dans des secteurs connus pour l'informel.
    La baisse du chômage au troisième trimestre ne provient pas d'une amélioration de l'activité économique, mais du retrait du marché du travail de personnes découragées. Les jeunes et les femmes restent particulièrement touchés par ce phénomène, auquel aucune étude sérieuse n'a été consacrée.
    Aujourd'hui, des conflits sont recensés dans le secteur public tout comme dans le privé. Autoroutes du Maroc, Agences urbaines, agroalimentaire, métallurgie, textile… la liste est longue. «Nous avons des tensions dans le secteur des services et dans l'éducation. Aucune solution n'a été trouvée au problème de la Samir et nous enregistrons des conflits dans plusieurs villes dont Agadir et Meknès», confirme Abdelkader Zaer, numéro 2 de la CDT. «Dans certaines agences urbaines, des fonctionnaires ont été mutés en raison de leur appartenance syndicale alors que chez Autoroutes du Maroc, le conflit opposant les employés des centres d'exploitation (ils relèvent de prestataires privés) n'est pas résolu», poursuit El Mokharek.
    Le cas du conflit des employés des centres d'exploitation des Autoroutes du Maroc pourrait  se durcir. La grève du 20 novembre, une journée durant laquelle les autoroutes étaient gratuites occasionnant ainsi des pertes à l'entreprise, constitue une mise en garde. Soutih Abdellatif, secrétaire général du syndicat national des employés des centres d'exploitation d'ADM affilié à  l'UMT, souligne que «le bureau national tranchera sur les mouvements de protestations qui seront menés au cours des prochaines semaines». Les syndicats  qui gardent de mauvais souvenirs des relations avec le gouvernement Benkirane mettent en garde contre ce qu'ils qualifient de «bombe à retardement» que constitue le dossier social. L'UMT appelle le prochain gouvernement à mettre en place «une politique réelle du dialogue et de la négociation». L'organisation syndicale insiste sur la nécessité d'instaurer «la culture du dialogue» alors que la CDT met en garde contre le maintien de «la même politique». En tout cas, les syndicats comptent accorder un délai de 100 jours à la prochaine équipe avant de prendre position.  Ils attendent des mesures  concrètes.
    Le bilan du gouvernement sortant en matière de  dialogue social est «un vrai échec». Les syndicats n'ont pu décrocher aucune mesure alors que la liste des revendications n'a pas cessé d'augmenter, allant de la hausse générale des salaires au relèvement du smig et à l'amélioration des revenus. Le bras de fer a duré durant tout le mandat du gouvernement Benkirane, lequel a fait passer plusieurs réformes stratégiques sans concertations avec les centrales syndicales.

    Le dossier ADM de retour

    Depuis 2014, une série de négociations a démarré entre ADM et des centres d'exploitation et une convention collective était également en préparation. Une commission regroupant les représentants syndicaux et des cadres de l'entreprise ainsi que des experts ont travaillé pendant des mois sur ce dossier. L'origine du conflit actuel serait la volte-face du management de l'entreprise sur cette convention. Car en plus d'avantages liés  à la retraite et aux conditions de travail, cette convention devait résoudre le problème de l'intégration des employés des centres d'exploitation au niveau de l'entreprise publique. Les travaux s'étaient appuyés sur les résultats d'une étude menée par l'entreprise elle-même. Quatre scénarios ont été examinés parmi lesquels l'intégration directe des 1.100 personnes concernées ou encore la création d'une filiale.

    Le long mouvement de protestation

    Marches, boycott  du défilé du 1er mai en 2015, grèves  nationales… la liste des protestations menées par les syndicats durant le mandat Benkirane I et II est longue. Mais malgré le bras de fer, le gouvernement n'a pas hésité à faire adopter des réformes importantes.

     

     

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