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    Enseignement
    Craintes autour de l’opération recrutement

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4894 Le 09/11/2016 | Partager
    Enseignants et syndicats font part de leurs appréhensions
    Selon eux, les CDD mettent en danger la carrière des enseignants
    Le ministère rassure avec des arguments qui tiennent la route
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    En plus d’améliorer la qualité de l’enseignement, l’opération de recrutement de 11.000 enseignants constitue le premier jalon pour une décentralisation effective, indique la tutelle (Source: Ministère de l’Education nationale)

    L’annonce du lancement de recrutement de 11.000 enseignants, qui soulage pourtant un système en panne, ne fait pas l’unanimité. Les syndicats autant que les enseignants formés dans le cadre du programme de 10.000 cadres pédagogiques s’y opposent farouchement. Ils ont d’ailleurs tout récemment (avant la COP22) manifesté leur désapprobation quant à l’adoption de ce nouveau système, dans les rues de Marrakech. Leurs revendications? «Premièrement, cette décision a été prise d’une manière hâtive sans même prendre l’avis des instances concernées en l’occurrence le Conseil supérieur de la fonction publique», signale Youssef Alalouche, SG de la Fédération autonome de l’enseignement, affiliée à l’UGTM. Pour les syndicats, ce système de contrat va favoriser l’instabilité et la précarité au niveau de ce secteur stratégique dont dépend l’avenir des futures générations et celui du pays. «Du fait que les salaires des futurs enseignants seront pris sur le budget de l’Etat, pourquoi ne pas créer directement des postes budgétaires dans le cadre de la fonction publique?» s’interroge le responsable de l’UGTM. Il rappelle, au passage, que depuis la création du statut des académies en 2002, ces établissements n’arrivent pas toujours à assurer leur autonomie. Ils sont toujours dépendants du budget de l’Etat sans la possibilité de dégager des ressources propres. Comme il est essentiel aussi de soulever le manque de liquidité qui a fortement perturbé ces dernières années le règlement des entreprises qui travaillent avec certaines académies. Face à ces critiques, la tutelle, dont la position est ferme, explique son choix. «L’opération de recrutement de 11.000 enseignants s’inscrit dans un contexte d’urgence pour faire face à l’encombrement du système», souligne une source du ministère. Un système plombé par un déficit inquiétant au niveau de l’encadrement, avec des classes dépassant les 50 élèves. Ce que les syndicats fustigent c’est l’irresponsabilité des autorités face à une situation prévisible: «Pourquoi n’a-t-on pas réagi à temps et s’est-on acharné à maintenir une politique de recrutement limitée à 7.000 enseignants stagiaires?» Une question qui aurait pu être gérée sachant que le ministère aurait pu dévoiler des données officielles permettant de dresser et suivre l’évolution de  la carte scolaire et des besoins en enseignants.
    Si aujourd’hui le nombre d’élèves stagne dans le primaire, on enregistre néanmoins une évolution d’environ de 5% au niveau du nombre des collégiens et lycéens, signale notre source. Ce qui nécessite la création de postes budgétaires pour le recrutement de nouveaux enseignants. A titre d’exemple, pour la rentrée 2016-2017, les besoins réels en recrutements avoisinent 21.000 postes dont environ 17.000 pour le remplacement des départs à la retraite. Pour l’année scolaire 2017-2018, ce besoin atteindra près de 22.000 postes. Selon le ministère, ces informations ont existé et ont été partagées avec les responsables concernés dont le ministère des Finances. Mais la contrainte budgétaire ne permet pas de satisfaire la totalité des besoins.

    Moins de mutations

    En plus d’améliorer la qualité de l’enseignement, l’opération de recrutement de 11.000 enseignants constitue le premier jalon pour une décentralisation effective, indique la tutelle. «Mais face aux droits, il y a également des obligations à respecter par les futurs enseignants, car il s’agit de la formation de nos enfants dont dépend leur avenir et celui du pays», explique Mohamed Aderdour, directeur de l’académie Rabat-Salé-Kénitra. Ce dernier soulève aussi d’autres points positifs de ce contrat. Ce recrutement régional va favoriser le choix des enseignants de la région, ce qui va permettre d’atténuer le problème des mutations qui constitue un casse-tête pour l’administration.

    Besoin énorme

    Côté candidats, la méfiance est également de mise. Ils craignent que la nature même du contrat (CDD) ne précarise leur situation. Le ministère tente de rassurer. La durée du contrat à durée déterminée est d’au moins deux ans. Et face à ce besoin énorme en enseignants durant les prochaines années, il serait inconcevable de penser à des licenciements touchant des ressources formées et encadrées par le ministère, rassure notre source. Et last but not least, en plus d’une rémunération équivalente à l’échelle 10, le contrat prévoit également d’autres droits sociaux (retraite, assurance maladie...), signale le ministère.

     

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