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    Pause active: Figez le temps pour mieux redémarrer

    Par Karim Agoumi | Edition N°:4894 Le 09/11/2016 | Partager
    Etirements, micropauses, ballons, escaliers… Les exercices préconisés
    Sensibilisation des salariés, habitudes à inculquer, évaluations… Les clés de la réussite
    Un moyen d’atténuer la fatigue et de prévenir les troubles musculaires
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    Rester assis toute la journée derrière un écran d’ordinateur n’est en rien bénéfique pour la santé. Avec l’accroissement du travail sédentaire et la hausse du nombre d’emplois comportant des mouvements répétitifs, les salariés sont ainsi de plus en plus exposés aux lésions attribuables au travail répétitif (LATR) et à bon nombre de problèmes de santé aussi bien physiques que mentaux. Pour y remédier, les entreprises peuvent désormais opter pour un programme original et innovant de pause «active» et intelligente comportant toute une série d’exercices et de réflexes à réaliser tout au long de la journée pour l’employé. Une solution efficace pour prévenir les douleurs musculaires et pour évacuer les pensées négatives. Explications.
    Une pause active consiste à prendre un bref repos après une certaine quantité de travail comprenant notamment étirements et exercices physiques, souligne Adib Chikhi, consultant en ressources humaines et DG d’Altitude RH. «Cela permet à l’employé de se détacher de sa fonction professionnelle pendant un court instant via une marche ou encore des exercices de respiration», ajoute Ali Serhani, directeur associé de Gesper Services et consultant en ressources humaines. Ce type de pause est plus efficace que les pauses passives qui reviennent le plus souvent à ne rien faire du tout durant le repos. En ce qui concerne leur durée, il est conseillé de s’accorder quelques instants de répit toutes les 90 minutes travaillées. Un timing qui correspond en fait à la durée des cycles au cours desquels notre vigilance fluctue au fil de la journée, précise Chikhi. «Il faut accepter le fait qu’on n’est pas des machines qui doivent toujours être optimales», insiste-t-il. Un programme de pause active réussi repose avant tout sur une série d’exercices physiques à accomplir. Il est tout d’abord conseillé de se lever, de s’étirer, de faire quelques bonds sur la pointe des pieds ou encore de se pencher en avant afin de toucher ses orteils, explique Adib Chikhi. Il faut cependant bien veiller à étirer les parties du corps les plus sollicitées selon la tâche effectuée pour garantir un maximum d’efficacité, précise le spécialiste. Se mettre debout est également essentiel pour mieux redémarrer ensuite. Un moyen de

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    brûler davantage de calories et d’atténuer les maux de dos. Autre solution préconisée pour le salarié, monter les escaliers de l’entreprise durant au moins cinq minutes consécutives. Le repos «visuel» est également essentiel. Des micropauses actives doivent en effet être prises pour éviter tout type de troubles oculaires. Elles consistent par exemple à fixer des objets éloignés pendant environ 30 secondes. Enfin, les experts recommandent le recours aux ballons d’exercices, devenus courants en milieu professionnel.  «Parce qu’un ballon d’exercice est instable, le salarié utilise ses muscles abdominaux et ses jambes pour compenser les changements d’équilibre. Ainsi, il pratique de l’exercice en douceur», explique Chikhi. L’expert en ressources humaines recommande de commencer par 5 à 10 minutes par heure puis d’augmenter progressivement la durée de l’exercice.
    Un moyen efficace pour favoriser dans un premier temps la circulation sanguine et l’échauffement des muscles des employés puis augmenter également leur fréquence cardiaque, souligne Chikhi. La pause active permet également de réduire les problèmes musculaires puis d’atténuer les douleurs articulaires ou encore oculaires. Ce type d’exercices permet par la même occasion d’éviter la fatigue musculaire et les crampes au bureau. Enfin, ces pauses intelligentes diminuent la fatigue des troupes et reposent le corps, confie Serhani. La santé morale est également concernée puisque ce type de pratique constitue aussi un excellent remède contre la dépression, le stress et les pensées négatives.
    Pour éviter les dérapages, le manager doit adopter une vision préventionniste bien cadrée, souligne Chikhi. Objectif: veiller à la santé des collaborateurs tout en gardant l’œil sur leur productivité. Il est ainsi conseillé d’informer et de sensibiliser les employés sur l’adoption d’un tel programme. Il faut ensuite déterminer ses différentes caractéristiques dont notamment la durée des pauses, l’intervalle entre chacune d’elles ou encore la nature des exercices prévus. Ensuite, il demeure essentiel d’inculquer l’habitude de ces pauses actives aux employés en faisant preuve de créativité. Le manager peut pour cela avoir recours à une cloche ou encore à une affiche soigneusement conçue à cet effet. Enfin, une fois le programme lancé, il demeure essentiel d’en évaluer les résultats.

    Des plages de repos rémunérées en pratique

    Au Maroc, en l’absence d’une réglementation précise du temps de pause durant les heures de travail, c’est à l’entreprise de déterminer de manière transparente l’aménagement des horaires, nous confie Ahmad Hussein, avocat au cabinet hhh Avocats. Ce dernier doit impérativement être précisé au niveau du contrat de travail, au sein du règlement intérieur de l’entreprise ou encore à travers une convention collective et doit être communiqué à l’ensemble des employés qui devront s’y soumettre, ajoute l’expert.
    Les heures de repos sont rémunérées selon leur disposition par le salarié. Si ce dernier reste sous les directives de son employeur durant cette période, celle-ci est considérée comme «travaillée» et sera donc rémunérée. A l’inverse, la pause ne sera pas rémunérée, précise l’avocat. Quoi qu’il en soit, l’employeur est tenu de préserver la santé et la sécurité de ses employés, une obligation légale et d’ordre publique confie Adib Chikhi, consultant en ressources humaines et DG d’Altitude RH. En pratique, l’on constate néanmoins que bon nombre d’entreprises rémunèrent les heures de repos de leurs salariés en totalité ou en fraction et adoptent des programmes de pause active. C’est notamment le cas des centres d’appels, souligne le spécialiste RH.

     

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