×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Aïd Al Adha
    Les Marocains moins «accros» au sacrifice

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4855 Le 14/09/2016 | Partager
    La tendance est plus ancrée parmi les ménages riches
    Une dépense de 13 milliards de DH en une journée
    Les conclusions d’une enquête du HCP
    aida_al_adha_055.jpg

    La tendance à se soustraire au rituel du sacrifice du mouton se renforce surtout parmi les riches et les moins instruits du monde urbain. La répartition par milieu, taille des ménages et niveau d’instruction permet d’apprécier l’évolution

    Autres temps, autres mœurs. Le rituel du sacrifice de Aïd Al Adha n’accroche pas outre mesure parmi les ménages marocains. Et c’est le fait pour la majorité des foyers les plus aisés. Selon les données des enquêtes nationales sur la consommation et les dépenses des ménages, réalisées par le HCP, environ 12% des ménages relevant de tranche la plus riche (10%) de la population  ne sacrifient pas de mouton à l’occasion de l’Aïd, contre moins de 2% pour les familles les plus pauvres. Pour ces ménages aisés, de nombreux établissements hôteliers ont développé des produits adaptés avec à la clé, la cérémonie Dhia animée au folklore et le déjeuner traditionnel marocain: barbecue, boulfaf. L’occasion draine une clientèle certes sélecte mais au pouvoir d’achat conséquent. Ce qui explique d’ailleurs les campagnes de promotion menées par les établissements touristiques.
    Malgré tout, la dépense générée par l’ensemble des ménages demeure considérable. En 2013, elle a atteint 13 milliards de DH, soit la masse salariale mensuelle des fonctionnaires.
     Autre fait marquant, la tendance à se soustraire au rite est beaucoup plus portée par la population la plus instruite: 11,6% des chefs de ménage d’un niveau d’enseignement supérieur s’y inscrivent contre 4% pour les chefs de ménage sans niveau d’instruction.
    En 2013, la part des ménages n’ayant pas accompli le sacrifice s’était établi à 4,7%. Une proportion qui est tout de même en retrait par rapport à la moyenne de la période 2000-2001, selon les données du Haut commissariat au plan.
    Le non-accomplissement de ce rituel est plus souvent le fait des ménages citadins et individuels. Les urbains sont plus enclins à ne pas sacrifier du mouton que les ruraux (5,9% contre 2,5%). Les ménages individuels constituent la catégorie la moins concernée par le sacrifice de Aïd Al Adha (46,5%). Ce rite reste néanmoins plus ancré parmi les familles nombreuses. Moins de 1% des ménages composés de 6 personnes ne sacrifient pas de moutons. Pour cette catégorie, c’est le manque de moyens financiers. Surtout, lorsque la fête intervient juste après les vacances et à la veille de la rentrée scolaire. Ce qui est  le cas depuis maintenant plus de trois années. Mais malgré tout, de nombreux ménages aux revenus modestes n’hésitent pas à s’endetter pour accomplir le rituel.      
    D’après le HCP, le coût du sacrifice de Aïd Al Adha prélève près de 29% en moyenne de la dépense globale mensuelle du ménage marocain. Sur la base de cette moyenne, la charge financière sur le budget des ménages est variable selon leur niveau de vie. Elle représente près de 60% de la dépense globale mensuelle pour les 10% des ménages les plus pauvres, contre 15% pour les 10% les plus aisés.
    Pour s’acquitter du sacrifice, les ménages marocains optent pour les ovins à hauteur de 96,2%. Le reste étant orienté vers les caprins (3,3%), comme c’est le cas notamment en milieu rural, et les bovins (0,5%).
    Par ailleurs, Aïd Al Adha représente plus de 40% du volume des viandes rouges consommées par an. Cette proportion dépasse les 65% pour le cinquième des ménages les plus pauvres et atteint la moitié chez les plus aisés. Ceci, sur la base de prix moyens des animaux d’abattage qui se sont inscrits à la hausse sur les 13 dernières années. Selon le HCP, le prix moyen du mouton s’est élevé à 1.840 DH en 2013 contre 1.100 en 2000, soit une hausse de 4% par an.    
    Pour cette année, les données du ministère de l’Agriculture font état d’une stagnation, voire une légère baisse des prix par rapport à 2015. Ils devaient se situer entre 2.200 et 2.300 par tête. De fait, les fortes chaleurs qui persistent et la faiblesse de la campagne céréalière ont incité les éleveurs à vendre le maximum de leur troupeau. D’où l’importance de l’offre par rapport à la demande.

    5,3 millions de têtes, 10 milliards de chiffre d’affaires

    Pour la fête de Aïd Al Adha qui vient d’être célébrée, l’offre en cheptel ovin et caprin, destinés à l’abattage, a été estimée à 8,6 millions de têtes, pour une demande de l’ordre de 5,3 millions. Selon l’enquête du ministère de l’Agriculture, cette offre se décline en 4,9 millions d’ovins mâles et 3,7 millions d’agnelles et de caprins.
    Les retards de pluies qui ont caractérisé la campagne agricole 2015-2016 ont réduit légèrement les taux d’agnelage se traduisant par une faible baisse de l’offre en effectifs du cheptel ovins et caprins de 1 à 2% par rapport à l’année précédente. Il est à noter que la fête de Aïd Al Adha représente une part importante de chiffre d’affaires pour les agriculteurs dont l’élevage de petits ruminants constitue une grande source de revenus. Ainsi les transactions sur animaux d’abattage génèrent un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards de DH.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc