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Evénement

Elections: L'UMT va se mobiliser

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4847 Le 31/08/2016 | Partager
Le syndicat donnera une consigne de vote pour la première fois de son histoire
Les engagements du RNI et du PAM

«L'UMT ne va pas rester neutre lors des prochaines élections. Nous allons donner des consignes de vote pour sanctionner les partis politiques». Miloudi Moukharik, secrétaire général de l'UMT, veut ainsi faire pression sur les partis politiques rompant ainsi avec la «neutralité» historique de la confédération syndicale. L'UMT  s'invite de manière spectaculaire dans le débat politique. Elle incitera à voter pour le parti le plus en mesure de tenir compte de ses revendications mettant ainsi en parallèle les programmes des partis et ses propres positions. Ce positionnement est un tournant dans la vie syndicale puisque jusque-là l'UMT s'était toujours abstenue d'influencer ses membres. Il s'agit d'un retour à la politisation de cette organisation syndicale qui a vu le jour en mars 1955 à l’initiative de Mahjoub Ben Seddik et Taïeb Ben Bouazza et qui, à l'époque, avait pour double objectif la défense des droits des travailleurs et la lutte pour l'indépendance du Maroc.  
Politisée au départ, l’UMT a choisi par la suite l’autonomie syndicale par rapport à toute action partisane. L'arrivée du PJD au pouvoir a changé la donne. L'on assiste ainsi à un retour en force de ce syndicat dans la vie politique. Cela appelle plusieurs observations: les membres de ce syndicat vont-ils suivre les consignes, quelle est la force de la centrale et peut-elle influencer? (voir aussi encadré).
En attendant, la déclaration commune du front constitué par l'UMT, la CDT, l'UGTM et la FDT, la centrale dirigée par Miloudi Moukharik donne le ton en refusant de rester à l'écart. Elle veut du concret sur les revendications soumises depuis plusieurs mois à l'équipe Benkirane et ne veut plus jouer à faire de la figuration. Selon Moukharik, des contacts ont été établis avec plusieurs partis politiques en particulier le RNI, le PAM ainsi que l'USFP. Chacun a fait des promesses dont la concrétisation dépendra certainement de plusieurs facteurs dont la conjoncture économique et les sacro-saints équilibres macroéconomiques.
Le PJD avait bien promis un smig à 3.000 dirhams mais une fois au pouvoir, il a été confronté aux réalités économiques. «Il n’y a plus rien à espérer de ce gouvernement. Nous allons donner notre position politique par rapport au prochain scrutin», souligne le patron de l'UMT. Il affirme que «la centrale va étudier les propositions des différents partis politiques». Certains, comme le RNI par exemple, ont déjà promis «un accord social dans les 100 jours s'ils arrivent au pouvoir». D'autres comme le PAM, l'ennemi juré du PJD,  s'est engagé à «supprimer la réforme de la retraite et à engager des négociations rapidement».
Globalement les revendications des syndicats restent classiques. Elles s'accrochent à une hausse générale des salaires dans le secteur public, les collectivités locales ainsi que dans les entreprises et établissements publics. Reste que la masse salariale a atteint des niveaux importants et figure parmi les postes incompressibles puisqu'elle augmente mécaniquement de 3 à 4% par an. Le tout sachant que les marges budgétaires sont limitées. Cette masse salariale représente le tiers du budget général: 33,4% en moyenne sur la période 2007-2015. Sur les dix dernières années, elle a crû de 6% par an alors que les effectifs dans la fonction publique n'ont progressé que de 1,37%. Cette évolution est due aux hausses de salaires obtenues suite aux sessions du dialogue social, à la révision du système de promotion ainsi qu’au relèvement du salaire minimum dans la fonction publique à 3.000 DH. Un niveau sur lequel les syndicats veulent aligner le smig ainsi que le smag (salaire minimum dans le secteur agricole). Une proposition à laquelle la CGEM s'est toujours opposée surtout face à l'impact qu'elle risque d'avoir dans des secteurs sensibles comme le textile.
Les centrales ont également des attentes par rapport à la fiscalité. La première n'est autre que la baisse de l'IR via le relèvement du seuil exonéré à 6.000 dirhams, soit 72.000 dirhams annuels contre 30.000 actuellement. La déduction d'une partie des frais de scolarité de l'assiette de cotisation est également exigée.
Les syndicats, et en particulier l'UMT, attendent aussi des mesures incitatives pour lutter contre l'informel. «Les mesurettes prévues jusque-là par le gouvernement doivent être améliorées pour inciter les entreprises à créer de l'emploi et à basculer vers le secteur formel». Le secrétaire général de l'UMT  cite l'exemple de l'exonération pendant 2 ans du salaire mensuel brut plafonné à 10.000 dirhams versé par de nouvelles entreprises dans la limite de 5 salariés.
Le syndicat souhaite que la mesure soit étendue à un nombre plus important de salariés. Il s'accroche aussi à la hausse des allocations familiales. Celle-ci devrait concerner tous les enfants et non pas les trois premiers  seulement. En tout cas, le débat risque d'être assez animé!

Le poids des syndicats

Aux dernières élections professionnelles, l'UMT a décroché  6.175 sièges dans le secteur public et privé. Ce qui représente un taux de  17,67% contre 13,22% en 2009. Ce syndicat est suivi par la CDT  qui a obtenu 3.240 sièges, soit 9,27% (contre 10,84% en 2009). La centrale de Noubir Al Amaoui  s'est maintenue grâce à sa forte présence dans le secteur public (14,71%). L’UGTM, le bras syndical de l'Istiqlal, est arrivée en troisième position avec 2.644 sièges, soit 7,57%, enregistrant ainsi une progression de 1,15% par rapport à 2009. Elle est talonnée par l’UNMT, proche du PJD, qui a remporté 2.572 sièges, soit 7,36% améliorant ainsi son score de 2,67% par rapport à 2009. Quant à la FDT, elle n'a obtenu  que 1.339 sièges entre les secteurs, public et privé, soit 3,83%  contre 6,57% en 2009. Un recul qui renvoie à la crise de l’USFP, laquelle est à l'origine de la scission au niveau de ce syndicat.

 

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