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    Automatisation du tri des déchets: Ozone et BMCE lancent l’initiative

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4829 Le 05/08/2016 | Partager
    Valorisation robotique… une première au Maroc, en Afrique et dans le monde arabe
    C’est Fès qui ouvre le bal
    D’un investissement de 74 millions de DH, le centre de traitement sera opérationnel en octobre
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     D’un investissement de 74 millions de DH, le centre de tri automatique des déchets de Fès est équipé par les soins de la technologie allemande. Il constitue une première au Maroc, en Afrique et dans le monde arabe… qui sera présentée lors de la COP22 (Ph YSA)

    ProjetT pilote au Maroc et en Afrique, le centre de tri automatique des déchets de Fès sera fin prêt en octobre. C’est ce qu’a confié, jeudi 4 août à L’Economiste, Aziz El Badraoui, PDG du groupe Ozone environnement et services, délégataire du secteur du ramassage des ordures et du nettoiement à Fès (et une quarantaine de villes) et initiateur du projet.
    Selon lui, «grâce à un partenariat tripartite réunissant son groupe, la BMCE, et la Commune de Fès, la capitale spirituelle se dotera du premier grand centre de tri automatique des déchets en Afrique». Equipé par les soins de professionnels allemands (matériels aussi), le centre est construit sur un terrain d’une superficie de 6 hectares. En effet, l’Allemagne est réputée pour être l’un des leaders mondiaux dans le domaine de la valorisation des déchets et des énergies renouvelables (cf. L’Economiste du 3 août 2016). «Il faut aller vite parce qu’il faut montrer simplement la rentabilité du projet, pas seulement économique et financière mais surtout, les autres aspects environnemental, emploi, valorisation, etc.». Le PDG d’Ozone affiche clairement l’ambition d’étendre l’expérience de Fès sur d’autres villes telles Bouznika, Benslimane et Laâyoune. Pour lui, «la valorisation énergétique consiste à transformer les déchets en électricité et/ou en chaleur. Elle est aujourd’hui la troisième source de production d’électricité alternative après l’hydraulique et l’éolien et la quatrième source de chaleur renouvelable après le bois, les biocarburants et les pompes à chaleur». Elle permet à la fois de réaliser des économies de combustibles de matières premières et de diminuer de 20% le prix du traitement des déchets urbains. Au Maroc, ce sont plus de 7 millions de tonnes de déchets ménagers qui sont collectés annuellement. La stratégie nationale de l’environnement vise la valorisation de 20% de ces déchets à l’horizon 2020. D’autant qu’au niveau mondial, les métiers des déchets s’orientent vers plus de valorisation et moins d’élimination. Car, le tri des déchets est un enjeu important pour les futures générations qui devront tout de même surmonter plusieurs aléas. A Fès, afin de valoriser le biogaz produit, un co-générateur est mis en place pour produire de l’électricité… et l’injecter dans le réseau de l’éclairage public.
    Pour ce qui est du centre de tri, l’immense installation, implantée à la sortie de la ville, est meublée de la technologie allemande. «Nous avons importé des machines de dernière génération dans une trentaine de conteneurs», souligne El Badraoui. Et de poursuivre: «la mise en marche de cette usine de valorisation des déchets est prévue fin octobre. Elle sera présentée aux visiteurs de la COP22 comme une expérience pilote en Afrique et dans le monde arabe». L’installation est dotée d’une capacité de traitement (tri) de 600 tonnes de déchets par jour en double poste. Avec ses robots trieurs de déchets, ce centre pourrait accélérer la valorisation des RDF. «Il répondra à cette multiplicité de règles et surmontera les obstacles qui freinent le recyclage de nos déchets», promet le management d’Ozone. Le délégataire du ramassage des ordures qui a soufflé, en mai dernier, sa quatrième année dans la ville a en effet lancé une nouvelle approche basée sur la collecte sélective des déchets. Son nouveau système de ramassage permettra de séparer les déchets par type. Ceux qui sont valorisables seront revendus et les déchets restants seront éliminés. «En intégrant le tri dans la gestion déléguée des déchets, le ramassage génère beaucoup de profits. Outre le fait qu’il facilite l’opération de collecte et de traitement, le tri permet à la société délégataire de revendre les matières recyclables», explique-t-il. Rappelons enfin que le secteur des déchets est devenu une activité de plus en plus spécialisée. Fès lui consacre annuellement un budget de 135 millions de DH.

    Saga marocaine

    Le groupe Ozone Environnement et Services est une entreprise 100% marocaine. Riche de son expérience dans quelque 40 villes du Royaume, Ozone exerce depuis une dizaine d’années et collecte 5.000 tonnes/jour au Maroc et 1.500 tonnes/jour à Bamako. Créée avec un effectif de 4 techniciens de surface, elle emploie aujourd’hui près de 6.100 salariés (dont 4.500 au Maroc et 1.600 au Mali). «A l’occasion de la COP22, le ministère de l’Environnement présentera le projet Ozone-Soudan comme un modèle du partenariat public privé, encourageant la participation du secteur privé dans la lutte contre le réchauffement climatique», révèle El Badraoui. En Afrique, son entreprise a décroché, l’an dernier, le contrat de Bamako pour 8 ans. Son service est payé à 15 millions d’euros annuellement et profite aux 3,5 millions d’habitants de la capitale malienne. «Dans deux mois, nous démarrons la gestion déléguée des déchets dans 4 villes soudanaises (Khartoum, Oum Dourmane, Khartoum Bahri et Jabal Al Awliyae). Notre contrat dans ce pays s’étale sur 10 ans, et profitera à 5 millions d’habitants. Nous y engagerons 2.000 salariés», souligne El Badraoui.

                                                                                

    Réduire, réutiliser et recycler

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    A Fès, les populations découvriront des bacs différents destinés à collecter séparément le papier et carton, les déchets organiques, le plastique et le verre. «Après une première expérience réussie des bacs “amis de l’environnement” dans la ville de Settat, nous réitérons bientôt le même projet à Fès et Harhoura. Ces bacs qui fonctionnent sans carburant ni hydraulique, sont les mêmes que ceux installés en France», précise le délégataire du ramassage des ordures. Dans cette nouvelle approche, la sensibilisation reste la clé pour la réussite. Le tri depuis la maison permettra non seulement de générer des bénéfices supplémentaires, mais aussi de préserver les décharges. «Plus la quantité de déchets est minime, plus la durée de vie du site est longue », indique El Badraoui. Et de conclure «le principe du développement durable est axé sur les trois “R”, “réduire”, “réutiliser” et “recycler”».

     

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