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    Entreprises

    Les startups boudées par les talents

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4827 Le 03/08/2016 | Partager
    Uniquement 12% sont prêts à travailler dans une jeune pousse, selon une récente étude
    Pourtant 90% prévoient de recruter sur les deux prochaines années
    50% des startups offrent des salaires de 2.500 à 10.000 DH, trop peu pour séduire!
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    La motivation est la qualité que les startups ont le plus de mal à trouver sur le marché du travail dans la région Mena. Sur le plan des compétences techniques, les  profils spécialisés dans la vente sont les plus rares

    Dur dur de dénicher des perles rares sur le marché du travail, et encore plus quand on est une startup. Les jeunes pousses ont presque tout contre elles. Difficultés de financement, fiscalité, délais de paiement,… et par-dessus le marché, une faible capacité à attirer des compétences. C’est ce qu’a confirmé une récente enquête du laboratoire de recherche spécialisé dans la promotion de l’entrepreneuriat dans la région Mena, Wamda Research Lab, financée par la Société financière internationale (SFI). L’étude, qui a sondé 963 entrepreneurs et 1.700 travailleurs dans la région, a révélé que 90% des startups prévoient de recruter sur les deux prochaines années. Mais elles rencontrent de sérieuses difficultés à trouver les compétences recherchées (voir illustration).
    Seuls 12% des travailleurs se disent disposés à intégrer une startup. Alors que 64% préfèrent se diriger vers de grands groupes, et 51% vers le secteur public. Les ressources humaines de la région craignent surtout le manque de stabilité des emplois proposés par les petites structures. Elles ont également des doutes sur leur développement, et trouvent leurs salaires décevants. Selon le rapport, il existe un gap énorme entre les rémunérations proposées et celles espérées. Plus de la moitié des startups concèdent des salaires allant de 2.500 à 10.000 DH. Or, uniquement 13% des compétences acceptent de recevoir moins de 10.000 DH par mois.
    Cela rend la tâche des startups encore plus difficile. Les startuppers marocains le reconnaissent. «C’est impossible de recruter une personne plus intelligente que vous et de la payer moins de 10.000 DH! Pour ma part, j’opte pour des freelances afin de travailler par projet», relève Hayat Essakkati, fondatrice Maroc-4invest. Cela dit, être embauché dans une petite structure en démarrage peut aussi présenter des opportunités. «Dans une startup, les recrues peuvent accéder à des postes de responsabilité beaucoup plus tôt que dans les grandes entreprises, où l’organisation est souvent pyramidale. Ils peuvent aussi toucher de très près la réalité de l’entreprise, où l’entrepreneur endosse plusieurs casquettes, et accélérer leur formation», estime Samir Bennani, parton de Ma-navette.com. Mais encore faut-il savoir mettre en avant ces avantages. «Parfois, le premier frein dans le recrutement des talents, c’est l’entrepreneur lui-même! Pendant les 4 premières années de mon activité, je n’osais même pas proposer un poste à des talents. Je n’avais pas compris que le monde a changé et que les jeunes ont de nouvelles ambitions», témoigne Youssef Chaqor, patron de Kilimanjaro Environnement. «Les gens sont aussi prêts à vous accompagner avec un salaire inférieur pour faire partie d’une aventure. Il est également important qu’ils aient l’assurance d’en être récompensés à l’avenir», ajoute-t-il. Les startuppers doivent donc être capables d’inspirer confiance, de convaincre et de faire rêver une nouvelle génération de travailleurs à l’affût de sensations fortes. «L’entrepreneur qui démarre à zéro doit absolument vendre une histoire», insiste Bennani.
    Selon l’enquête, les candidats sont prêts à faire des concessions sur leur salaire, si d’autres garanties sont présentées, comme l’équité (53%) ou encore des formations (56%).

    Comment les attirer?

    Pour séduire des talents, les startups doivent d’abord savoir vendre leurs atouts et opportunités. Mais elles sont aussi obligées de faire des efforts sur les rémunérations qu’elles proposent. A défaut de pouvoir présenter des packages salariaux attrayants, elles gagneraient à offrir des intéressements sur les résultats ou des stock-options. C’est ce que suggère le rapport de Wamda Research Lab. Ce dernier conseille également aux startuppers d’instaurer une culture collaborative (favorisant le travail d’équipe et le développement humain) au sein de leur entreprise, et de diversifier leurs canaux de recrutement. Pour l’instant, elles embauchent principalement via leurs réseaux professionnels. Viennent ensuite les jobboards (sites d’emploi), les connaissances et les réseaux sociaux.

     

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