Culture

Festival du film de Marrakech: Place aux compétences nationales

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5402 Le 30/11/2018 | Partager
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Grand cinéphile, Ali Hajji a été de 2002 à 2004 le coordinateur général du Festival international du film de Marrakech. Poste qu’il récupère pour cette 17e édition en plus de sa qualité de membre du comité de sélection. Il a été aussi directeur délégué du festival de Casablanca de 2005 à 2011 et directeur artistique des Semaines du film européen au Maroc de 2006 à 2017 (Ph.fifm)

Le festival international du film de Marrakech (FIFM)  signe son grand retour après une année blanche. Cette  17e  édition prévue du 30 novembre au 8 décembre, propose un programme des plus alléchants. Hommage à Robert de Niro, conversation avec Martin Scorsese et Agnès Warda, jury d’exception, mais aussi un focus sur le cinéma marocain. Ali Hajji, coordinateur général du Festival et membre du comité de sélection, nous en parle.

- L’Economiste: Le FIFM revient après une année d'hibernation.  Quelles en sont les nouveautés?
- Ali Hajji: Cette pause a permis à la fois de mesurer les acquis du projet et leur importance et d’envisager son avenir de manière sereine et claire.
Les nouveautés sont multiples et elles sont d’ordre à la fois organisationnel et artistique. Côté programmation, nous lançons plusieurs nouveaux programmes. Dans la continuité des masterclass, nous créons un rendez-vous intitulé «Conversation with», des rencontres avec des icônes du cinéma mondial comme Martin Scorsese, Robert de Niro ou Agnès Varda.  Nous lançons également une toute nouvelle section, «Le 11e continent», dédiée à la découverte de films échappant à toute catégorisation et qui emmènent le spectateur cinéphile vers des zones totalement inexplorées.
Cette année voit également le lancement d’une formidable vitrine promotionnelle pour les films nationaux. Le «Panorama du cinéma marocain» présentera désormais chaque année le meilleur de la production art et essai national pour un public de professionnels et de journalistes internationaux venus assister au festival.  Pour initier les plus jeunes à la magie du cinéma, nous avons lancé la toute nouvelle section «Jeune Public». 3500 élèves d’écoles de Marrakech et de la région sont déjà inscrits. Nous allons également organiser des débats à l’issue des projections des films de la compétition au cinéma Colisée ainsi que pour ceux du «11e continent» au musée Yves Saint Laurent, nouveau lieu d’accueil du festival.
Enfin, je terminerai par l’une des nouveautés majeures du festival, «Les Ateliers de l’Atlas», qui est un programme industrie et développement de talents du FIFM.  Entièrement dédiés aux cinémas du Maroc, d’Afrique et du Moyen-Orient, les Ateliers de l’Atlas ont été conçus pour accompagner les réalisateurs émergents de la région dans la préparation de leur premier, second ou troisième long métrage (fiction ou documentaire).

- Quelle est la nouvelle configuration de l'équipe du FIFM et quelle part pour les compétences nationales dans l'organisation?
-  Pour la première fois, la Fondation du festival est le producteur exclusif et le seul organisateur de la manifestation. Au fil des années, les équipes de la fondation ont développé de véritables expertises aux côtés des partenaires étrangers spécialisés et on peut dire aujourd’hui que la majeure partie des équipes est composée de locaux.
Melita Toscan du Plantier, qui jouit d’une très grande expérience, fait le lien entre les anciennes et les nouvelles équipes. Elle a un regard transversal tout en assurant les volets liés au jury, aux hommages, aux conversations et aux grandes personnalités qui viennent participer au festival.  Le nouveau comité de sélection dont je fais partie, en plus d’assurer la fonction de coordinateur général, est dirigé par l’allemand Christoph Terhechte, qui a été le président de la section «Forum» du Festival de Berlin. Le comité comprend également la libanaise Rasha Salti, qui a été l’une des programmatrices du Festival de Toronto et le français Rémi Bonhomme, coordinateur général de la Semaine de la critique du Festival de Cannes. Enfin, l’allemande Anke Leweke, membre du comité de sélection de la Berlinale complète l’équipe artistique.

- Selon quels critères s'est effectuée la sélection officielle?
- Chaque section exprime une tonalité différente dans le but ultime de parler au plus grand nombre de spectateurs. Du cinéphile le plus pointu à l’amateur de cinéma de pur divertissement. Nous essayons de nous adresser à chacun à travers des programmes taillés sur mesure. Mais, quelle que soit la section, c’est bien sûr la qualité du film qui prime.
La compétition officielle est bien évidemment la section la plus importante et le cœur battant de la programmation. Elle est dédiée à la découverte de nouveaux talents et ne présente que des premiers ou deuxièmes longs métrages de fiction. Sur les 14 films sélectionnés, 6 sont réalisés par des femmes.  La compétition comprend 4 films européens (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Serbie), 3 films d’Amérique latine (Argentine, Mexique), un film américain, deux films asiatiques (Chine, Japon), et, en plus du film marocain et 3 films d’Afrique (Tunisie, Égypte, Soudan).  Au total, sur les 80 films programmés toutes sections confondues, nous aurons 27 films d’Afrique et du Moyen-Orient, 20 films européens, 26 films d’Amérique (Nord et Sud) et enfin 7 films en provenance d’Asie.

-  Comment le festival peut-il aujourd'hui se positionner par rapport aux autres festivals de la région?
-  Le FIFM est incontestablement l’un des rendez-vous cinématographiques majeurs de la région. Il se distingue à travers une compétition de films en provenance du monde entier, dédiée à la découverte de nouveaux talents (premiers et deuxièmes longs métrages) et grâce à un regard particulier sur les cinémas d’Afrique et du Moyen-Orient que l’on retrouve dans toutes les autres sections du festival.
Le FIFM s’enrichit cette année d’un nouveau programme en cohérence avec ces partis pris,  les Ateliers de l’Atlas, qui sont conçus pour accompagner les réalisateurs émergents de la région dans la préparation de leur premier, second ou troisième long métrage (fiction ou documentaire). Le Festival se distingue également par le grand éclectisme de ses invités qui viennent du monde entier et qui représentent différents univers cinématographiques. De grands noms du cinéma mondial nous témoignent à l’occasion de chaque édition leur confiance et viennent partager, avec une grande générosité, leur savoir-faire et leur talent. Marrakech est réellement aujourd’hui l’une des plateformes de rencontres et d’échanges cinématographiques les plus importantes et les plus dynamiques de la région.

Propos recueillis par Amine BOUSHABA

 

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