Entreprises

BTP & ingénierie: Le contrat-programme enfin signé!

Par Nadia DREF | Edition N°:5357 Le 25/09/2018 | Partager
10 contrats d’applications paraphés avec les ministères concernés
Objectif: réaliser 81 milliards de DH et créer 1,2 million d’emplois
Les premières mesures pour fin 2018 et début 2019
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L’Etat doit être un partenaire stratégique de l’entreprise pour son développement national, régional et international (Ph. Fadwa Al Nasser)

Après 5 ans de préparation, de négociations et d’allers/retours auprès du ministère de l’Equipement et du Transport, la délivrance? Après moult reports, le tant attendu contrat-programme du BTP et de l’ingénierie a enfin été signé hier lundi 24 septembre à Al Hoceïma, sous la présidence du Chef du gouvernement.

Au total, 10 contrats d’applications ont été conclus entre la Fédération nationale du bâtiment et travaux publics (FNBTP) et la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie (FMCI) avec 10 départements ministériels (Intérieur, Finances, Equipement, Habitat, Emploi, Enseignement, Energie…).

Couvrant la période 2018-2021, ce contrat-programme vise le développement de l’ingénierie et l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise BTP à l’horizon 2022. Cette feuille de route a pour objectif de permettre au secteur de contribuer au PIB à hauteur de 81 milliards de DH et de créer près de 1,2 million d’emplois, d’ici 2022.

Une évolution annuelle de 3% pour la productivité apparente par employé et par année est également prévue. Pour y arriver, plusieurs axes ont été retenus par cette feuille de route: mise à niveau technique, technologique et organisationnelle, appui pour l’émergence de champions nationaux, accompagnement à l’export, formation, développement de la compétitivité et des investissements… Sur le papier, c’est impressionnant.

Reste que c’est la mise en œuvre qui déterminera la réussite ou l’échec dudit contrat-programme. Les professionnels ont certes applaudi cette décision mais ils restent toutefois prudents. «La signature du contrat-programme sous la présidence du Chef du gouvernement est un pas important qui a reconnu la représentativité des deux fédérations. Il nous a fallu beaucoup de temps pour arracher ce contrat-programme. Nous pouvions avoir mieux», s’exprime un professionnel. Et d’ajouter: «Nous avions besoin d’un cadre de concertation permanent pour avancer et régler les différends».

Les opérateurs demandent un partenariat durable. «Nous avons pris notre temps pour que le contrat-programme soit applicable et durable. C’est un socle qu’il va falloir broder, affiner et implémenter moyennant des commissions mixtes», fait valoir Nabil Benazzouz.

Chaque ministère signataire devra travailler en concertation avec les représentants des deux fédérations pour développer ce partenariat et décliner les principaux objectifs en décisions concrètes. «Les premières mesures sont attendues entre fin 2018 et début 2019», annonce Benazzouz.

Ces contrats-cadres devraient s’articuler autour de la promotion d’une entreprise compétitive, créatrice de valeur, innovante, citoyenne, qui concrétise les besoins du pays. Par ailleurs, ces contrats devraient favoriser l’émergence d’un Etat qui priorise la pérennité des entreprises en donnant de la visibilité, en accompagnant et encourageant et surtout en développant les conditions d’un environnement favorable.

A terme, ce contrat-programme devra contribuer à relancer le secteur du BTP et asseoir une culture d’excellence de l’ingénierie ainsi qu’un rayonnement à l’international. Pour l’heure, l’activité est en berne. Depuis quatre mois, il y a un relâchement des projets et une lenteur dans la réalisation des chantiers. Nonobstant, les opérateurs restent optimistes et s’attendent à une reprise dans les mois à venir.

                                                                             

Climat des affaires

L’environnement dans lequel évoluent les entreprises de BTP et d’ingénierie ne favorise pas leur plein essor. Plusieurs entraves impactent directement le fonctionnement des entreprises et leurs performances:  
- Une commande publique en dents de scie et un manque de visibilité à moyen et long terme
- Un accès difficile au financement
- Le manque de transparence
- Des retards de paiement jusqu’à 364 jours! Surtout de la part des maîtres d’ouvrages publics. Ceci affecte la stabilité financière de l’entreprise et entraîne de grosses difficultés de trésorerie, voire une paralysie de l’activité
- Un cadre réglementaire parcellaire et des processus administratifs entravant le bon déroulement des projets
- La faible stimulation de l’innovation et de l’excellence dans un marché tiré surtout par le prix
- Le coût élevé des investissements en moyens de production
- La pratique, de plus en plus observée, des prix anormalement bas et de la fuite en avant…
- Un système de formation non optimal engendrant un handicap pour les entreprises
- L’absence d’instances de recours paritaires
- Le refus des maîtres d’ouvrage de permettre aux entreprises de recourir à l’arbitrage pour régler les différends entre les entreprises et les maîtres d’ouvrages
- Des relations déséquilibrées entre entreprises et maîtres d’ouvrage
- La lenteur des procédures au niveau du tribunal administratif
- L’absence de loi de non-double imposition pour les entreprises qui exportent
- L’absence d’accompagnement à l’export.

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