International

Réunions FMI/Banque mondiale: Le protectionnisme de nouveau pointé du doigt

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5252 Le 16/04/2018 | Partager
Le gotha économique se réunit cette semaine à Washington
L’alerte maintenue sur la dette

Comment maintenir la reprise actuelle face à la multiplication des risques (tensions commerciales, hausse des risques financiers et budgétaires, instabilité géopolitique croissante…)? Autant de questions et de thèmes qui seront abordés lors des Réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe Banque mondiale qui se tiendront du 16 au 22 avril 2018, à Washington. Les participants devront discuter de grands dossiers mondiaux: conjoncture, lutte contre la pauvreté, développement économique...

■ Des prévisions optimistes, mais…: L’élan mondial est porté par la vigueur des investissements, le rebond du commerce international et les bonnes conditions financières. C’est pourquoi le FMI prévoyait en janvier une croissance mondiale de 3,9% pour 2018 et 2019. Et comme l’a annoncé récemment Christine Lagarde, directrice générale du FMI, les prévisions demeurent optimistes. Elle craint tout de même les tensions entre les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux qui menacent le libre-échange. Pour Euler Hermes, la croissance devrait accélérer de 3,2% en 2017 à 3,3% en 2018, puis légèrement ralentir à 3,1% en 2019. Le commerce mondial devrait continuer de croître de 4,4% cette année et 3,8% l’année prochaine.

■ Comment éviter le protectionnisme: Pour la patronne du FMI, la meilleure façon de régler les déséquilibres macroéconomiques ne consiste pas à imposer des droits de douane. Mais à utiliser des mesures qui affectent l’ensemble de l’économie, telles que des instruments de politique budgétaire ou des réformes structurelles. Il incombe à chaque pays d’améliorer le système commercial en examinant ses propres pratiques. Cela implique de mieux protéger la propriété intellectuelle et de réduire les distorsions induites par les mesures qui favorisent les entreprises d’Etat, ainsi que de respecter les règles commerciales (celles de l’OMC). Il est question aussi de redoubler d’efforts pour réduire les barrières commerciales et régler les désaccords sans recourir à des mesures exceptionnelles. Comme il est recommandé d’œuvrer à la conception d’initiatives commerciales ambitieuses, telles que le récent accord entre le Japon et l’Union européenne, la nouvelle zone de libre-échange continentale en Afrique et le partenariat transpacifique, qui compte désormais 11 pays.

■ Prévenir les risques budgétaires et financiers: Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les dernières analyses du FMI indiquent qu’après une décennie de conditions financières accommodantes, la dette mondiale, publique et privée, atteint 164 billions de dollars. Ce qui constitue un record absolu. Par rapport à 2007, la dette a augmenté de 40%. La Chine est à elle seule responsable d’un peu plus de 40% de cette hausse. A cause du niveau élevé de l’endettement, les Etats, les entreprises et les ménages sont plus exposés à un durcissement soudain des conditions financières. Un tel retournement pourrait entraîner une correction des marchés, remettre en question la viabilité de la dette et susciter une fuite des capitaux dans les pays émergents.

■ Assouplir les régimes de change: Il est urgent de constituer des marges de manœuvre. Pour de nombreux pays, cela revient à réduire les déficits publics, à renforcer les cadres budgétaires et à placer la dette publique sur une trajectoire baissière progressive. Ces mesures devraient favoriser la croissance en renforçant l’efficience des dépenses et en établissant une fiscalité progressive. Il est également nécessaire d’assouplir les régimes de change afin de pallier la volatilité des flux de capitaux, surtout dans les pays émergents et les pays en développement. Ces efforts contribuent à atténuer la gravité des récessions et à en limiter la durée.

Renforcer la stabilité financière

Dans son discours à l’université de Hong Kong (le 11 avril 2018), la DG du FMI Christine Lagarde, a incité les dirigeants à renforcer la stabilité financière. Et ce, en augmentant les marges de manœuvre dans le secteur des entreprises et des banques, en particulier dans les grands marchés émergents tels que la Chine et l’Inde. Cela implique de réduire la dette des entreprises et de renforcer les fonds propres et les liquidités des banques si nécessaire. Les enjeux de la transparence des finances publiques s’invitent aussi au débat. Vu l’intérêt du thème, une table ronde sur la transparence budgétaire dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) sera organisée par la Banque mondiale le 17 avril.

 

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