Régions

Casablanca: La criminalité aurait baissé de 10%

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5099 Le 05/09/2017 | Partager
Mais le sentiment d’insécurité ne recule pas
Casablanca dans le top 100 des villes les moins sûres
Arrestation de 62.575 personnes en 7 mois

6.500 affaires de moins et un taux de criminalité en baisse de 10,7%. C’est ce qui ressort du dernier bilan de la criminalité à Casablanca, publié récemment par la DGSN. A fin juillet, le nombre des affaires enregistrées a atteint 52.867 contre 59.316 durant la même période en 2016.

Concernant les crimes violents, qui sont directement liés au sentiment d’insécurité, la DGSN relève qu'ils n'ont pas dépassé 12,51% de la criminalité globale, soit un recul significatif de 6,54% du nombre d'affaires d'agressions violentes, ajoutant que le taux d'élucidation de ce genre de crimes a atteint 81,59%, permettant ainsi l'arrestation de 4.487 suspects, dont 650 mineurs.

Les services de sûreté ont par ailleurs réussi à élucider 48.178 de ces affaires, soit un taux de résolution de 91,13%. Certes, ces statistiques de la DGSN ne peuvent être que rassurantes, mais le ressenti de la population est tout autre. Et la récente affaire de tentative de viol d’une jeune fille dans un bus à Casablanca est là pour renforcer ce sentiment d’insécurité ambiant.

La capitale économique n’est pas Caracas, Rio De Janeiro ou Johannesburg, mais des incidents récurrents et la délinquance des mineurs y prennent de plus en plus d’ampleur. Tout le monde remarque dans des artères comme Zerktouni, Massira ou 2 mars, des hordes de mineurs qui s’adonnent à la mendicité ou font mine de cirer les chaussures des passants.

La violence contre les femmes est également de plus en plus perceptible dans nos rues. Il ressort en effet des données de la dernière enquête du HCP sur la violence à l’égard des femmes (2011) que, sur une population de 9,5 millions de femmes âgées de 18 à 64 ans, près de 6 millions, soit 62,8%, ont subi un acte de violence sous une forme ou une autre durant les 12 mois précédant l'enquête, 3,8 millions en milieu urbain et 2,2 millions en milieu rural.

Les crimes déclarés ne reflètent pas forcément la réalité sociale et celle du terrain. Toutes les agressions ne donnent pas forcément lieu à une plainte et des poursuites. Le manque d’effectifs des forces de l’ordre et la sophistication des crimes et délits laissent perplexes. Avec un ratio d’à peine 182 policiers pour 100.000 habitants en 2013, la présence policière reste loin d’être dissuasive. Malgré les efforts, il existe encore un grand déficit et un déséquilibre dans le redéploiement et l’encadrement entre les villes.

Au niveau mondial, Casablanca figure parmi les 100 villes ayant un fort taux de criminalité (selon le Crime Index 2017 mid-year). En 2017, la capitale économique a été classée 94e dans l’indice de criminalité sur 334 villes, juste après Paris et avant Jakarta. Des villes comme Rome (81e) Washington DC (70e) ou encore Le Caire (79e) sont pires en terme d’insécurité. En revanche des villes comme Alger (110), Istanbul (105e) ou même Medelin (129e) sont mieux classées.

Anfa, le quartier le moins sûr!

Concernant la répartition géographique des affaires enregistrées et des arrestations, la DGSN précise qu'elles se répartissent entre les districts de police d'Anfa, (7.957 affaires et 8.775 arrestations), de Mers Sultan-Al Fida (3.717 affaires et 3.989 arrestations), Ain Sebaa-Hay Mohammadi (6.794 affaires, 6.416 arrestations), Hay Hassani (5.072 affaires, 3.010 arrestations), Ain Chok (3.801 affaires, 3.093 arrestations), Bernoussi-Zénata (6.771 affaires, 5.760 arrestations), Ben Msik (3.138 affaires, 3.301 arrestations), Moulay Rachid (7.170 affaires, 8.909 arrestations), Médiouna (990 affaires, 963 arrestations) et Mohammedia (5.632 affaires, 6.553 arrestations).

 

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