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Economie

Bac international: Pourquoi ça marche

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5073 Le 26/07/2017 | Partager
Un taux de réussite de 98,4% au bac, bien au-dessus des autres parcours
La sélection des élèves bons en langues et sciences y est pour beaucoup
Jusqu’à 30h de langues étrangères par semaine, contre 4h pour le parcours normal
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Les candidats des branches scientifiques ont depuis toujours été ceux qui réalisaient les meilleurs taux de réussite au bac. Cette année, ce sont ceux du bac international qui arrivent en haut du classement

Faudrait-il généraliser la recette du parcours international du baccalauréat marocain à tous les lycéens? Le rendement de cette filière, introduite en 2013-2014, a été visible dès la première promotion sortie l’an dernier. Les élèves de la branche internationale ont été 90,8% à réussir leur examen, contre 61,72% pour leurs camarades scolarisés dans le bac normal. Pour 2017, 98,4% ont pu décrocher leur bac (7.938 bacheliers), soit la quasi-totalité, contre 65,20% pour les autres. Pourtant, à en croire le ministère de l’Education nationale, il ne s’agit pas d’un réel parcours d’excellence. «Nous sélectionnons les élèves assez bons en français et en arabe, et dans les matières scientifiques. Ils sont acceptés à partir d’une note de 12/20», précise Fouad Chafiqi, directeur des curricula. Ce ne sont donc pas forcément les meilleurs, mais ceux à même de suivre un enseignement en langue étrangère. «Il est vrai, cependant, que la sélection en amont fait partie des éléments expliquant le succès de cette filière. Par ailleurs, elle représente un challenge pour les élèves, ainsi que pour leurs parents et leurs enseignants. Tout le monde est donc plus motivé», explique Chafiqi. 
En quoi le parcours international est-il si particulier? Toujours selon le ministère, les élèves ne sont pas scolarisés dans des classes réduites. Avec la généralisation progressive de la branche depuis 2013, il n’était plus possible de garder ce privilège. 
Après le tronc commun, les lycéens peuvent s’orienter vers les filières scientifiques ou littéraires. Ils étudient le même programme que les autres. La seule différence est celle de la langue d’enseignement (français, anglais et espagnol) et de l’enveloppe horaire qui lui est réservée. L’enseignement de langue et en langue étrangère dans le parcours international est de 20 à 30 heures par semaine, contre 3 à 4 heures pour les autres. L’écart est énorme. «Nous avons aussi introduit un module de communication et d’expression, où les élèves peuvent s’exprimer sur des sujets liés à la culture et à la philosophie dans la langue qu’ils ont choisie», rajoute le directeur des curricula. En étant confrontés à ces langues plus souvent que les autres, les lauréats en développent forcément une meilleure maîtrise. L’apprentissage du français, de l’anglais ou de l’espagnol (en fonction de l’option sélectionnée) est donc renforcé. L’enseignement des matières scientifiques est, également, effectué avec ces langues. La tutelle aurait souhaité couvrir d’autres matières, comme la philosophie et l’histoire-géographie. Cela dit, faute d’enseignants bilingues spécialisés dans ces disciplines (enseignées en arabe même à l’université), le projet n’a pas abouti. 
«Cependant, il ne faut pas réduire le succès du bac international à une question de langue d’enseignement. Le secret c’est d’abord la sélection des élèves», souligne un expert de l’éducation. 
A aujourd’hui, quelque 300 lycées publics dans toutes les régions offrent le parcours international, sur un total de 1.000. Soit un taux de couverture de 30%. Dans le privé, plus de 290 le proposent, sur environ 500, soit environ 60% de l’ensemble des lycées privés.  
Pratiquement tous les manuels ont été adaptés. Les examens, pour leur part, ont été traduits. D’ici trois ans, l’on prévoit d’accueillir 30% des élèves dans ce parcours. L’Education nationale travaille, en parallèle, sur un programme de formation d’enseignants bilingues. 
L’histoire nous dira si les lauréats du bac international s’en sortiront mieux dans le supérieur et sur le marché du travail. Mais nous avons là une recette qui a permis à 98,4% des élèves qui en ont profité de réussir leur examen.

Pas de traitement de faveur

Au lancement du bac international marocain, option français, en 2013-2014, en partenariat avec la France, l’on a laissé penser que ses lauréats pourraient bénéficier d’un avantage. Celui d’être dispensés du Test de Connaissance du français (TCF) au moment de candidater pour des établissements français. Aujourd’hui, l’on s’est rendu à l’évidence, cette possibilité est presque impossible. «Le nombre de lycées dispensés du TCF en France, et qui est publié au Bulletin officiel français, est de seulement une trentaine dans le monde», relève Fouad Chafiqi. Difficile donc de demander une exonération pour près de 600 lycées marocains.

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