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Analyse

Le dirham un peu plus dans la mondialisation

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5022 Le 12/05/2017 | Partager
Le marché des changes traite 200 milliards de DH par an
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Les indices de la mise en œuvre imminente de la réforme de la cotation du dirham se multiplient. Bank Al-Maghrib qui tient en début de semaine prochaine une grosse rencontre à Marrakech sur le sujet, l'avait annoncée pour le second semestre.
L’élargissement des bandes de fluctuation du dirham va rapprocher un peu plus son régime de change du schéma du «Serpent monétaire européen».

Le marché a tendance à penser que les bandes de fluctuation seraient de 2,5% de part et d’autre. Pour autant, il n’y aura pas de big-bang. La cotation restera administrée mais avec un cours du dirham beaucoup plus connecté à la situation de l’offre et de la demande sur le marché.

Si les autorités monétaires ont choisi  une approche graduelle dans le processus de migration du dirham, il reste que plus rien ne sera plus comme avant pour les opérateurs. Aux entreprises exposées au risque de change, il y a quelques bonnes questions à se poser: à quelle phase du processus opérationnel sont-elles exposées? Quel est le niveau du risque afin de préserver sa marge commerciale?

Enfin, quelles sont les meilleures couvertures possibles? Dans ce dernier cas, un importateur marocain peut par exemple demander à son fournisseur de libeller la facture selon la composition du panier de cotation du dirham: 60% en euro et 40% en dollar. Encore faut-il disposer de marge de manœuvre dans la négociation. 

L’enjeu économique de cette réforme est crucial. Depuis l’institution du marché des changes en 2006, le dollar s’est apprécié de 41% par rapport au dirham, et l’euro de 8%. Pour les entreprises, celles qui sont exposées aux marchés internationaux, l’enjeu de la gestion du risque de change est à ce niveau. Pas seulement des gains, mais aussi une question de compétitivité.

Dans les banques, les équipes des salles des marchés sont sur le pied de guerre. Le secteur bancaire traite en moyenne 200 milliards de DH de transactions chaque année sur le marché des changes. Actuellement, le spread minimal appliqué aux clients dans les salles des marchés est de 2 pour 1000 du montant de la transaction, une rémunération destinée au financement de l’Office des changes. Il se dit que le gouvernement pourrait la supprimer afin de réduire le coût financier aux opérateurs.

 

 

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