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Economie

Le patronat défend un parlement plus inclusif

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5006 Le 19/04/2017 | Partager
Train de mesures pour renforcer la représentativité de l’institution
Objectif: améliorer le contrôle des politiques publiques
La CGEM à la Conférence parlementaire annuelle de la Banque mondiale à Washington
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Neila Tazi, vice-présidente de la deuxième Chambre du Parlement, Christine Lagarde, DG du FMI, et Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale

La Conférence parlementaire globale annuelle du groupe Banque mondiale et du FMI se tient cette année à Washington dans un contexte à tout le moins explosif. Il est marqué par le bombardement de la Syrie par les États-Unis, les menaces de frappe contre la Corée du Nord, la persistance de la crise syrienne, la multiplication des actes terroristes, la montée des nationalismes…

L’événement constitue une plateforme pour les législateurs et les institutions désireux de faire avancer les initiatives internationales de développement, de lutter contre la pauvreté, d’assurer la stabilité économique, de réaliser les objectifs du développement durable…

C’est Neila Tazi, vice-présidente de la CGEM, élue du patronat au Parlement et cinquième vice-présidente de la Chambre des conseillers, qui est intervenue au nom du Maroc au cours d’un panel sur «le renforcement des institutions et la création de parlements inclusifs». Elle a rappelé les différentes mesures prises par le Royaume pour une plus grande inclusion des citoyens. Parmi elles, figure le principe des listes nationales des femmes, garantissant 60 sièges aux femmes et 30 pour les jeunes de moins de 40 ans.

Il faut également rappeler le renforcement du rôle des ONG dans les consultations parlementaires, la démocratie participative, l’ouverture sur la société civile, les motions législatives et les pétitions, la représentativité assurée au patronat dans la deuxième Chambre du Parlement aux côtés des organisations syndicales. Ce qui a permis de porter les préoccupations des entreprises directement devant les élus. «Cette expérience permet une meilleure compréhension entre différents acteurs, à savoir les responsables gouvernementaux, les élus et les syndicats, pour rapprocher les points de vue», explique Neila Tazi.

Au moment où les pays du Nord sont tentés par le repli et l’exclusion, les pays du Sud doivent innover et adapter des solutions à leurs réalités sociales et culturelles en fonction de leurs objectifs et de leur environnement. L’élue de la CGEM a rappelé les réformes engagées par le Maroc au lendemain du printemps arabe, visant la mise en place d’instances constitutionnelles pour la défense des droits de l’homme, la lutte contre la corruption, la parité, la séparation des pouvoirs, le renforcement du contrôle du gouvernement par le Parlement. C’est d’ailleurs la CGEM qui préside la commission d’évaluation des politiques publiques à la Chambre des conseillers.

Autant de réformes sur lesquelles les élus pourront revenir à l’occasion de la tenue de la Réunion annuelle de la région Mena du Réseau parlementaire de la Banque mondiale et le FMI qui sera marquée par le lancement du Chapitre Maroc du Réseau les 19 et 20 juillet 2017.

La session a également été marquée par l’intervention de Christine Lagarde, DG du FMI, et Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale. Ces derniers affirment que malgré la tentation du protectionnisme, l’économie mondiale connaît en ce moment un élan annonciateur de croissance. Ils incitent les parlementaires à plus d’inclusion et de contrôle des politiques publiques pour renforcer la confiance des citoyens et l’efficacité des États.

La Conférence parlementaire globale annuelle du groupe Banque mondiale est intervenue à deux jours des Réunions annuelles du printemps de la Banque mondiale et du FMI, auxquelles devront participer Mohamed Boussaïd et Lahcen Daoudi, respectivement ministres des Finances et des Affaires économiques. Une rencontre à laquelle devrait participer également Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib.

Ce pacte social qui manque

La Conférence parlementaire globale annuelle du groupe Banque mondiale coïncide avec la publication du rapport d’avril de suivi de la situation économique au Maroc qui souligne que les principaux défis demeurent la poursuite d’une croissance plus forte sous l’impulsion du secteur privé, la création d’emplois et la promotion d’une prospérité partagée. «Malgré les investissements importants, le fort développement des infrastructures et les stratégies sectorielles, l’absence d’un pacte social solide freine le Maroc dans son potentiel de développement», déclare Neila Tazi, représentante de la CGEM au Parlement. Le capital humain et immatériel est au cœur du défi. «Il nous faut un solide pacte social pour renouer avec la confiance et que les résultats correspondent aux efforts engagés par le pays. Ceci étant, il est important de souligner que l’ensemble des parlementaires ici présents citent le Maroc en exemple pour son dynamisme et son audace», conclut-elle.

 

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