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Dossier Spécial

Enfin une stratégie de l’agroalimentaire

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Un contrat-programme global et des conventions par filières
2 milliards de DH pour commencer
Recentrage des incitations et subventions sur l’intégration
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L’état sanitaire des abattoirs est la grosse tache noire dans la stratégie agricole lancée en 2009. Au point de dissuader des investisseurs de se lancer dans le secteur. Il va falloir trancher définitivement la question de la tutelle

Promouvoir et renforcer l’intégration amont-aval du secteur agricole, c’est le nouveau chantier ouvert par le ministère de l’Agriculture. «Un tournant décisif qui doit s’opérer sur les trois prochaines années», promet Aziz Akhannouch. A cet effet, son département a lancé, en concertation avec le ministère de l’Industrie, une étude stratégique pour le développement du secteur de l’agro-industrie. L’objectif est de mettre en place des leviers pour l’investissement, l’accès aux marchés (local et extérieurs), la recherche et l’innovation. Cette étude est désormais déclinée en un plan d’actions. Lequel est articulé autour d’un contrat-programme global  et des conventions de performance pour des filières agroalimentaires cibles. Le tout, selon un meilleur ciblage des incitations et subventions au profit de l’aval agricole. Le contrat a été signé hier en marge des assises de l’agriculture. Il est doté d’un budget prévisionnel de 2 milliards de DH.
Déjà en 2016, plusieurs chantiers ciblant le développement de l’aval étaient ouverts. Ils concernent l’amélioration des circuits de distribution, l’accroissement et la diversification des marchés extérieurs. Pour le ministère, «ces chantiers constituent une priorité dans le maintien du cap stratégique du PMV à l’horizon 2020». Il s’agit tout particulièrement des réformes des marchés de gros et des abattoirs. Le processus est certes enclenché par le lancement de projets pilotes mais il reste à compléter le dispositif par une réforme globale. Ce qui passe obligatoirement par la suppression du monopole des communes. Une mesure contenue dans le projet de loi relatif à la Charte communale. Le texte se trouve actuellement dans les circuits d’adoption.
Pour le moment, 182 abattoirs «tolérés» et plus de 500 tueries coexistent avec 3 unités modernes à Meknès, Beni Mellal et à Taroudant. (Voir également entretien avec le président de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges en page XIX). 

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Source: Ministère de l’Agriculture
Lancées depuis 2009, les 4 agropoles sont encore en première phase de leurs réalisations. Celles de Meknès et de Berkane, les premières à être aménagées, ne sont pas totalement occupées. Ceci malgré les réajustements qui ont été apportés aux prix de vente

Pour permettre à ces établissements de développer leurs activités et d’attirer d’autres investissements privés, des mesures d’accompagnement ont vu le jour comme  la fermeture des tueries tout autour, la limitation de  la certification des viandes foraines à celles préparées dans ces abattoirs et dans les unités autorisées. Quant aux marchés à bestiaux, après la prospection de plusieurs sites à aménager, deux plateformes sont en cours d’aménagement. 
Excepté cette intégration somme toute embryonnaire ainsi que celle concernant des secteurs orientés marché intérieur comme le sucre, le lait, le riz et les oléagineux, certaines filières ont même été frappées d’une désintégration. Le secteur traditionnel des conserves végétales a perdu plusieurs de ses produits phares à l’export. Cornichons, haricot vert, concentré de tomates ne sont plus exportés. En cause, l’amont agricole est plutôt orienté marché de bouche. Ce qui ne permet pas à l’industrie d’être approvisionnée dans des conditions de compétitivité et de qualité acceptables. Même l’activité des olives de table qui doit, en principe, tirer profit de la hausse fulgurante de la production (1,4 million de tonnes en 2014-2015) peine à dépasser son volume à l’export d’il y a une décennie. Pis encore, la valorisation a reculé dans cette activité. Aujourd’hui, 90% des expéditions d’olives de table se font dans des fûts et de gros  emballages destinés aux collectivités. 
La filière agrumicole, ce fleuron de l’agriculture d’exportation autrefois intégré autour de l’export et de la transformation, est aujourd’hui en déconfiture. Sa production a quasiment doublé depuis la conclusion de son contrat-programme mais l’export a plutôt reculé: 500.000 tonnes en moyenne sur les 5 dernières années. De même, la composante transformation qui produisait l’équivalent de   250.000 tonnes de concentré d’agrumes a tout simplement disparu. Et la fabrication des jus tourne aujourd’hui grâce à l’import des concentrés de divers fruits. Pourtant, la production ne fait pas défaut. Mais faute  d’organisation du marché intérieur, notamment à travers le développement du triage et de conditionnement, les prix s’avèrent non compétitifs pour l’industrie. Sans oublier la contrebande galo pante  à destination des marchés africains. Ceci, au grand mépris de la normalisation internationale. Car l’export se fait en vrac et porte sur le tout-venant.

 

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