Habillage_leco
Dossier Spécial

Les gisements du secteur oléicole

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager

Le secteur de l’oléiculture est devenu l’un des maillons forts de l’économie agricole. Il génère d’importantes ressources en termes de valeur ajoutée et de l’emploi. A ce titre, une véritable chaîne de valeur est en phase d’être installée à divers niveaux, de l’exploitation de l’olivier à la production de produits dérivés. Décryptage.

■ Consommation locale

secteur_oleocole_005.jpg

Entre 85% et 95% de la production annuelle d’huile d’olive est écoulée sur le marché local. Avec toutefois, la prédominance du vrac. La consommation nationale d’huile d’olive reste encore faible (environ 3 kg/hab./an) en comparaison des autres pays producteurs. Le plan Maroc Vert prévoit une consommation de 4 kg/hab./an à l’horizon 2020. L’enjeu est de convertir une partie de la consommation de l’huile végétale en huile d’olive, ce qui reste tributaire de la baisse de l’écart de prix entre ces deux produits.

■ La vente en vrac

secteur_oleocole_2_005.jpg

Plus de 85% de l’huile d’olive est vendue en vrac, alors que 15% seulement de la production est conditionnée. C’est ce qu’indique Rachid Benali, président de l’Interprofession marocaine de l’olive. En fait, la filière oléicole est importante dans la sécurité alimentaire, la balance commerciale, l’adaptation aux changements climatiques et dans la contribution au développement économique et social des régions oléicoles. Le secteur connaît une dynamique, notamment depuis le lancement du contrat-programme signé avec le gouvernement en 2009. «L’interprofession considère que la qualité des produits joue un rôle primordial pour une valorisation forte et pérenne conformément aux ambitions fixées par la stratégie, notamment en termes de chiffre d’affaires», souligne Benali. Selon lui, les exportations d’huile d’olive conditionnée sont faibles et ne dépassent pas les 10% de la production.

                                                                                               

Valorisation des sous-produits aussi

 

■ Margines

secteur_oleocole_3_005.jpg

Le volume total des margines éliminées annuellement par les huileries avoisine les 400.000 m3/an. Le rejet de ces margines dans la nature, sans traitement préalable, cause de graves préjudices au milieu naturel avec une forte pollution des cours d’eau, nappes phréatiques, etc. L’épandage raisonné des margines sur des terres agricoles est utilisé comme une technique d’élimination simple, efficace et peu onéreuse. Outre cette méthode, les producteurs optent aussi pour des bassins d’évaporation.

■ Grignons

secteur_oleocole_4_005.jpg

La production de grignons d’olive au Maroc est estimée entre 600.000 à 700.000T/an, en fonction du tonnage d’olives destinées à la trituration et de la technologie d’extraction de l’huile d’olive. Dans beaucoup de régions enclavées, ce grignon continue à être utilisé comme combustible, sans extraction de l’huile résiduelle. Cependant, une nouvelle valorisation de ce produit, le bio-compost, a vu le jour depuis une dizaine d’années. Ce procédé consiste à séparer d’abord les noyaux (biocombustible), extraire l’huile résiduelle de la pulpe pré séchée (repassage ou par solvant-hexane). Le grignon pré-séché et séparé de l’huile peut être ensuite utilisé comme combustible dans des chaudières «biomasse» (cas des unités Lesieur Cristal, HTO,…) ou utilisé pour la production de bio-compost. Les prix moyens de bio-compost sur le marché local oscillent autour de 60 à 100DH/quintal.

■ Savon noir

secteur_oleocole_5_005.jpg

Ce produit fait partie de la tradition marocaine, plus particulièrement dans la région d’Essaouira, au sud-ouest du Maroc. La production est partagée entre une dizaine d’entreprises éparpillées à travers le pays. Le savon est exporté vers plusieurs pays, notamment l’Arabie Saoudite (41%) et la France (32%). Le tonnage exporté reste encore faible (260 tonnes en 2014), avec une valeur d’environ 1 million de DH. L’Asie, avec ses salons de beauté, ses spas et bains à vapeur, constitue pour l’heure le nouveau marché cible.
A base d’huile d’olive et de potasse, ce savon peut être aromatisé avec des huiles essentielles. Il est commercialisé en vrac (fûts de 25 kg), en pots de 250 grammes et en sachets de 30 grs destinés à une seule utilisation.

                                                                                               

 

■ Exportations

Malgré une production d’huile d’olive réduite d’environ 8% en 2014, le Maroc a réussi à exporter un tonnage total d’huile d’olive de 21.903 T. Près de 75% de ces exportations proviennent de la région de Meknès. Sur la période 2007-2012, les exportations marocaines d'huile d'olive sont concentrées sur trois principaux marchés, à savoir les Etats-Unis, l’Italie et l’Espagne, avec des parts respectives de 54%, 20% et 18% en moyenne. En revanche, les exportations sont absentes sur les marchés prometteurs tels que le Brésil, et la Russie. Ainsi, le Maroc gagnerait à pénétrer ces marchés, qui figurent parmi les premiers importateurs de ce produit au niveau mondial. Une contrainte majeure des exportations marocaines de l’huile d’olive réside dans le faible niveau technologique (maasras, en particulier) conjugué à la dépréciation de la qualité de la matière première, en raison des mauvaises conditions de sa manutention. Il en résulte une faible proportion des huiles exportées de bonne qualité, comme attesté par la proportion relativement élevée des huiles d’olive «raffinées coupées» (45,5%), et des huiles vierges «lampantes» (26,8%) exportées en 2015. À cela s’ajoute l’absence de campagnes de promotion du Label «Maroc» sur les marchés extérieurs. Une autre contrainte est représentée par la subvention relativement faible (2.000 DH/T), qui n’a pas contribué au renforcement de la compétitivité et à la promotion des exportations de l’huile d’olive.

■ Importations

En 2012, le Maroc a importé 3500 T d’huile d’olive, essentiellement d’Espagne, de France, d’Italie et de la Tunisie. Dès 2009, la présence dans les grandes surfaces de marques espagnoles et tunisiennes à des prix bas est devenue visible. Les prix de ces huiles, relativement bas, tiennent à l’importance des subventions. Pour l’origine espagnole, la subvention s’élève à 1 €/kg, et entre 5 et 6 DH/kg pour la Tunisie. Dans le cadre de l’accord de libre-échange, ces huiles sont exonérées des droits de douane.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc